jeudi 29 décembre 2011

Un Jour à Pompidou: Munch, L'Oeil Moderne, Yayoi Kusama - Centre Georges Pompidou (Paris)




C'était une première, je n'étais jamais allé au Centre Pompidou. Fleuron de l'art moderne, construit en 1977, cet énorme bâtiment de 7 niveaux est une référence en matière de contemporain. Les expositions temporaires lui étant rattachées actuellement m'ont donné envie de lui rendre visite.


Je passerai rapidement sur la première exposition temporaire, celle de Cyprien Gaillard. Ce jeune artiste, à la fois archéologue et archiviste, s'appuie sur la récupération d'objets dans des lieux à l'abandon. Il photographie également des locations en ruines ou sur le point d'être transformées. Principalement constitué de ces photographies, je n'ai pas vraiment été séduit par la forme de son exposition. Le format polaroïd, trop réduit, ne nous donne vraiment pas envie de se plonger dans le sujet, pourtant pas dénué d'intérêt dans l'absolu, si l'on connaît le propos de l'artiste a priori. Cela ne me dérange pas de réfléchir mais une expo doit aussi nous absorber un minimum, nous envoyer ne serait-ce que le début d'un message. Et personnellement, les trop nombreux pola et les quelques enjoliveurs présents n'ont pas su me parler.


Par contre, quelle claque que cette rétrospective Kusama! Cette artiste japonaise née en 1929 est une précurseur dans bien des domaines. Elle en a influencé plus d'un, en commençant par Andy Warhol, qui s'est fortement inspiré de ses réseaux d'infinis. L'expo commence par ses premières oeuvres, quand elle était encore au Japon. Son univers souvent abstrait est déjà riche et profond, mais dans les années 50, c'est sans grande surprise qu'elle s'est heurtée à une forte incompréhension. Juste après avoir inventé son motif de pois ou de points (dots), elle s'en va pour New York, lieu de ses grandes expérimentations.


Pendant 15 ans, elle passera des monochromes aux infinis, puis à son principe de self-obliteration. "Ma vie est un point au milieu de ces millions de particules qui sont les pois", disait-elle. L'artiste se jette dans l'exploration de l'immensité avec sa petitesse comme point de départ. Elle prône l'autodestruction comme seule issue. Elle s'oblitère et oblitère le monde qui l'entoure. 


Le point fort de l'exposition est sans aucun doute ses environnements. Elle crée des pièces faites de miroir où ses points pourront véritablement se refléter à l'infini. En totale immersion, nous sommes à la fois émerveillés et oppressés dans ces cubes de verre, d'eau et de matière. Une sensation sans pareille, comme être dans une dimension parallèle ou un autre univers. En l'occurence, celui de Yayoi Kusama.


Dans un hôpital psychiatrique depuis 1976, l'artiste continue de produire de nouvelles oeuvres. Mais si les plus récentes m'ont paru moins marquantes, j'ai plus qu'été conquis par cet artiste visionnaire et torturée. La révélation du jour!




La visite se poursuit avec la permanence de Beaubourg. 2 niveaux, l'un regroupant les collections modernes, de 1905 à 1960, l'autre les contemporaines, de 1960 à nos jours. De la peinture surtout, de la sculpture, un peu d'art déco, de la photographie, on explore le 20ème siècle de manière chronologique. On passe d'un style à l'autre et l'on constate l'évolution des esprits et des oeuvres. Parmi les artistes, certains n'ont plus à être présenté (Picasso, Matisse, Miro, ...), d'autres seront redécouverts ou découverts tout court, comme Dado, peintre un peu fou originaire du Monténégro, ou Yves Tanguy et son "Jour de Lenteur" très Dali dans l'esprit.



Un voyage dans l'ensemble passionnant, même si, forcément, le contemporain a par moments le don de nous déboussoler. Soit on se reboussole et on apprécie (Jackson Pollock et son jeté de peinture), soit on passe à autre chose en se demandant en quoi ceci peut bien être de l'art, comme certains monochromes. C'est à mon avis l'un des principes du contemporain d'être en réflexion et moins dans le ressenti. Bien que certaines oeuvres prouvent que les 2 ne sont pas incompatibles. Ce que je retiens surtout de cette grande visite, c'est ce très intéressant voyage dans le siècle précédent, la découverte de Dado, ma reconsidération de Kandinsky et le plaisir d'avoir vu un Dali, un Pollock ou un Zao Wou-Ki.



Puis ce fût l'heure de passer à l'exposition temporaire principale du moment à Pompidou, "Munch, L'Oeil Moderne". Une vision de son travail différente, autre que par son chef-d'oeuvre bien connu, "Die Schrei" ("Le Cri"). Pourtant constitué de 140 peintures et photographies, le moins que l'on puisse dire, c'est que l'expo est passée très vite. Peut-être la fatigue et la volonté d'éviter le monde présent, je n'ai pas vraiment eu l'impression de rentrer dans le monde du peintre norvégien. Ou peut-être n'ai-je pas été séduit outre-mesure par son travail, tout simplement. Certains tableaux sont exceptionnels, comme "Le Baiser" ou "La Nuit Etoilée", d'autres le sont moins. Je ne dirai pas que j'ai été déçu, parce que je ne m'attendais pas à quoi que ce soit, vu qu'il ne fait pas partie de mes peintres favoris. Munch est un grand peintre du 19ème siècle, cet expo prouve qu'il est également un grand artiste du 20ème siècle, bien en lien avec son époque et pas aussi introspectif qu'on pourrait le penser.



Pour finir, l'exposition "Danser sa Vie" a été victime de la fatigue dûe à 4h30 de visite intensive. Je ne suis pas un expert mais le sujet m'intéressait fortement. Cependant, je suis tout de même plus sensible à l'aspect classique de la danse qu'à  son côté moderne qui peut être très irritant. Une bonne partie de l'expo se rapportant au moderne justement, je n'ai pas été conquis. Quelques oeuvres valaient tout de même le détour, comme certains tableaux de Nolde et ce très beau "Construction sur Fond Blanc" de Rodtchenko. Mais je suis sûr que l'exposition pourrait s'avérer fascinante pour les amateurs de danse contemporaine.



Un longue journée donc, vous l'aurez compris juste à la longueur de ce post. Mais un beau voyage dans le monde des arts modernes!

dimanche 25 décembre 2011

Top 5: "Les meilleurs Pères Noël"!







Ca faisait longtemps que je n'avais pas fait un Top 5 tiens! En ce jour de Noël, l'occasion se présente de rendre hommage à ce grand bonhomme barbu qui nous amène nos cadeaux chaque année (pour les plus sages d'entre nous bien sûr...). Sauf qu'en vrai, difficile de croiser ce monsieur. Y'en a même qui disent qu'il n'existerait pas. Carrément! Quoi qu'il en soit, au cinéma, il faut bien le représenter d'une manière ou d'une autre. Voici les 5 que j'ai retenu, il y'en a sûrement plein d'autres, n'hésitez pas à commenter pour m'en citer quelques-uns!




- 5: "Bad Santa" de Terry Zwigoff: là, on a l'exemple de ce que le Père Noël ne doit pas être. Arriver bourré au boulot, défoncer l'âne de la crèche à coups de poing devant des enfants terrorisés, ... Le tout devant un nain ultra-vulgaire... Ca va demander quelques années de thérapie pour ces petits bouts. Dans ce cas là, je vous l'accorde, autant ne pas croire au Père Noël!


- 4: "La Cité des Enfants Perdus" de Caro & Jeunet: aah le Père Krank! On ne peut pas lui reprocher sa bonne volonté, même si elle est intéressée. Mais malgré tous les efforts du monde, Krank, même déguisé, fout vraiment la frousse!! Et c'est là que l'on voit que le Père Noël, c'est aussi un physique. Loin de moi toute discrimination, mais nous voyons que cela ne fonctionne pas du tout. Sauf pour nous faire rire!


- 3: "Gremlins" de Joe Dante: Et là niveau physique? On est dans l'autre extrême. Gizmo est beaucoup trop trognon. Il n'a pas intérêt de se faire chopper par un enfant, sinon il ne repart pas. Kidnappé! Au-delà du personnage, "Gremlins", avec ses multiples casquettes, est aussi un film qui a bien compris l'esprit de Noël. A revoir tous les ans, ou presque!




- 2: "Die Hard" 1 & 2 de John McTiernan et Renny Harlin: c'est bien beau l'esprit de Noël, mais parfois, les circonstances font qu'il est difficile de l'apprécier ou de le recréer. Prenez John McClane par exemple, il ne demande qu'à passer des fêtes tranquilles. Et quand ce n'est pas possible, il faut savoir prendre les choses en main pour faire le bonheur des gens qui nous entourent. Et si l'on regarde bien, dans ce sens, nous sommes tous des Pères Noël en puissance. Yippee Kai-Yai tout le monde!


-1: "L'Etrange Noël de M. Jack" de Henry Selick: vous connaissez tous ce merveilleux conte, vous ne serez pas surpris de le retrouver à la première place. La magie est là, le personnage de Jack sait se remettre en question et partager sa passion pour Noël avec son village. Et il nous la transmet à nous aussi. Bravo Jack, tu es le Père Noël ultime!



Je vous souhaite à tous un joyeux Noël. Prenez soin de vos proches et de vous-même!



mardi 20 décembre 2011

Another Quicktest!




- The Green Hornet (2011) de Michel Gondry, avec Seth Rogen  et Cameron Diaz:
La réalisation de Michel Gondry se veut moins personnelle mais plus efficace que d'habitude. Le versaillais joue la carte de l'humour mais sait se faire sérieux et envoyer du bois aux bons moments, évitant ainsi l'ultra-parodie à la Kick Ass. Maintenant, l'humour n'est pas forcément compatible avec la mythologie et il en faut davantage pour rester dans les annales des films de super-héros. Bien fun quand même!


14/20


- True Grit (2011) des frères Cohen, avec Jeff Bridges et Matt Damon:
Enfin! Enfin un Cohen qualitatif de bout en bout! Jeff Bridges et Matt Damon sont énormes et sont pourtant éclipsés par la jeune Hailee Steinfeld, exceptionnelle. Une bonne histoire, des rebondissements, une réalisation à la hauteur, des acteurs au top. Un très bon cru!


15/20


- Dragonball Evolution (2009) de James Wong, avec Justin Chatwin et Chow Yun-Fat:
Comment dénaturer un manga pourtant riche en aventures et en profondeur, juste pour l'occidentaliser et toucher plus de monde. La mythique quête des 7 boules de cristal devient un simple prétexte qui cache un film sans histoire, au rythme bancal et des personnages sans profondeur. A éviter, surtout si vous avez regardé Dragonball quand vous étiez petit.


04/20


- Au-Delà (2011) de Clint Eastwood, avec Matt Damon et Cécile De France:
Clint se frotte au fantastique, sous la forme d'un film chorale. Mais si le thème change, la formule reste la même. C'est peut-être la lassitude, ou les comédiens qui, à part Matt Damon, ne transmettent pas grand chose, mais malgré quelques scènes choc, ce Eastwood 2011 est loin d'avoir la puissance émotionnelle de ces précédentes réalisations.


11/20

mardi 13 décembre 2011

Quicktest Cinéma!




- Diary of the Dead (2008) de George A. Romero, avec Shawn Roberts et Megan Park:
Comme à son habitude, Romero se sert de ses films de zombies pour critiquer un aspect de notre société. Ici, ce sont les médias et les accrocs à l'image et au voyeurisme qui en prennent pour leur grade. Le thème est bon, le message bien traîté, mais l'on ne retrouve pas cette crispation que l'on a connu avec "Zombie", son classique. Et un film d'horreur suscite un minimum d'attente à ce niveau là. Un bon film de zombie, sans plus.


11/20


- Somewhere (2011) de Sofia Coppola, avec Stephen Dorff et Elle Fanning:
La réalisatrice de toute une génération revient avec un film sur la solitude. Le traitement est légèrement différent, même si l'on retrouve ses bonnes habitudes (images douces, BO excellente), puisque l'on tend un petit peu vers le côté film d'auteur. C'est beau, c'est touchant, mais c'est terriblement ennuyeux. Coppola gagne en profondeur et en maturité mais perd une bonne partie de la magie qui caractérisait ses précédentes réalisations.


11/20


- The Thing (1982) de John Carpenter avec Kurt Russel:
Finalement assez proche d'"Alien" dans ses thèmes de base, Carpenter insiste davantage sur les rapports humains et la suspicion engendrée par ce huit-clos. 30 ans après, la formule fonctionne toujours et même si "The Thing" n'atteint pas le niveau du chef-d'oeuvre de Ridley Scott, on peut le considérer comme un classique du cinéma d'horreur.


16/20


- Mange, Prie, Aime (2010) de Ryan Murphy avec Julia Roberts et Javier Bardem:
Fortement critiqué à sa sortie, l'adaptation du best-seller d'Elizabeth Gilbert est un voyage, sur terre comme dans l'esprit, qui nous fait nous poser les bonnes questions. Avec un peu de naïveté et sûrement quelques clichés, le film n'est en aucun cas moralisateur et chacun devra y trouver des liens avec sa vie pour l'apprécier. Quant à Julia Roberts... Qui d'autre??


14/20

mercredi 7 décembre 2011

Battles - Gloss Drop (2011)





Après un premier album très remarqué par les afficionados de musique barrée, Battles revient avec leur deuxième album, "Gloss Drop". De quoi se réjouir si l'on ne savait pas que Tyondaï Braxton, principal compositeur du combo s'en est allé vers d'autres aventures musicales, en solo. N'ayant pas été remplacé, Battles est donc maintenant un trio. Va-t-on ressentir cette absence sur disque? Voici ce que je pense de ce "Gloss Drop", fortement critiqué par les puristes...


C'est évident que le départ de Braxton a enlevé de la folie dans la musique des new-yorkais. Là où le premier album partait dans tous les sens, celui-ci ne nous surprend plus tant que ça. Et ceci n'est pas juste dû au fait que ce soit une deuxième livraison. L'album est plus répétitif, plus electro dans l'esprit aussi, vu que certains morceaux s'appuient sur des riffs qui tournent en boucle, et s'enrichissent au fur et à mesure. Parfois, c'est un peu gênant, un peu dommage, comme avec le premier single "Ice Cream" et son intro exceptionnelle que le trio n'arrivera jamais à faire évoluer correctement. La chanson reste bonne mais ne s'envole jamais vraiment. A contrario, la formule fonctionne complètement sur des titres comme "Futura" ou "Inchworm". Dans l'ensemble, même si on sent l'ensemble un cran en dessous, l'ennui ne s'installe jamais vraiment au final. Et ce grâce au principal attrait de ce disque, la rythmique.


John Stanier, ancien batteur d'Helmet, impose donc sa présence, sublime certains titres et sauve les meubles quand ils doivent l'être. Son jeu est à la fois puissant et terriblement entraînant. L'album hérite même du coup d'un côté tribal, parfois renforcé par des sons typés steel drum ("Dominican Fade") ou par le chant très orienté chant africain de Yamantaka Eye sur "Sundome".
L'un des changements par rapport au premier album, ce sont ces quelques titres chantés, où le trio en profite pour inviter du beau monde. De Gary Numan, grand nom de la new wave, à Kazu Makino, la chanteuse de Blonde Redhead, le groupe se donne du relief sans bafouer sa personnalité. Et c'est justement la deuxième force de ce "Gloss Drop". Battles perd en folie mais gagne en cohérence. On a l'impression que le groupe s'est trouvé un style, et même si l'on déplorera que ce style soit en deça  de ce qu'il avait montré sur "Mirrored", c'est tout même une grosse bonne nouvelle. Les trois ont maintenant une base solide sur laquelle s'appuyer. Pour nous pondre un troisième disque encore meilleur? L'avenir nous le dira.


Cet album est bien un cran en dessous du premier, certes, mais la rythmique complètement addictive nous fait revenir vers ce disque d'une qualité tout de même évidente. L'absence de Braxton semble digérée, si l'on en juge sa cohérence. Reste à prouver que le trio aura la possibilité de se sublimer pour nous livrer un troisième disque à la hauteur de nos espérances.


15/20



mardi 6 décembre 2011

Et un nouveau Quicktest Cinéma!





- Cars 2 (2011) de Brad Lewis et John Lasseter:
Encore une véritable démonstration technique, qui risquera néanmoins de moins parler aux tout petits. Un bon film quand même, mais qui manque d'un peu de charme et d'humanité par rapport au premier épisode. Un Pixar un peu en dessous des autres...


12/20


- Devil (2011) de John Erick Dowdle, avec Chris Messina et Logan Marshall-Green:
Sûrement déçu de l'accueil donné à ses dernières réalisations, M. Night Shyamalan se contente d'écrire et confie la réalisation à de jeunes réalisateurs, dans le cadre de ses "Night Chronicles". Le scénario de "Devil" est très efficace mais pêche, comme souvent chez l'auteur du "Sixième Sens", par une certaine naïveté et par une morale un peu trop colorée. Sympathique quand même.


11/20


- Les Schtroumpfs (2011) de Raja Gosnell, avec Hank Azaria et Neil Patrick Harris:
Schtroumpfement bien foutu, ce film alterne des moments vraiment excellents et d'autres un peu trop enfantins. En moyenne, les petites créatures bleues de Peyo nous abreuveront de bons sentiments, dans le sens noble du terme et nous offre un divertissement familial de bonne facture. Une bonne surprise!


12/20


- Dreamgirls (2007) de Bill Condon, avec Jamie Foxx et Beyoncé Knowles:
Cette adaptation de la comédie musicale de Broadway s'inspire de l'histoire des Supremes. Nous sommes à Detroit dans les 60's-70's, plongés dans une ambiance Motown des plus agréables, malgré quelques fausses notes.


13/20

dimanche 27 novembre 2011

Nouvelle rubrique, le Quicktest!



Le Quicktest, comme son nom l'indique, est une mini-chronique de quelques lignes qui me permet de vous renseigner sur des films ou des disques que je ne vais pas forcément chroniquer pleinement, ou du moins pas tout de suite (il ne faut jamais dire jamais!), ou sur lesquels je n'ai pas forcément des tonnes de choses à dire.


Sachez que pour les Quicktests ciné, la note sera mise après un seul visionnage du film, contre minimum deux d'habitude, et cela pourra avoir une influence. Pour la musique, l'écoute est toujours multiple et attentive, donc pas de souci.


N'hésitez pas à commenter si ces films vous donnent envie (ou pas) ou si vous les avez vu!


C'est parti!




- Blue Valentine (2011) de Derek Cianfrance, avec Ryan Gosling et Michelle Williams:
ambiance très Sundance pour cette peinture d'un couple qui se déchire au fil du temps. Le film a toutes les qualités d'un film indépendant mais aussi quelques-uns de ces défauts. Il vaut le détour quand même, surtout pour la prestation exceptionnelle de ses deux somptueux acteurs.


12/20


- Cowboys & Envahisseurs (2011) de Jon Favreau, avec Daniel Craig et Harrison Ford:
mélange de western et de SF, Cowboys et Envahisseurs ne se débine pas et a le mérite d'aller au bout du délire et de respecter les genres. N'étant pas un fan de western, j'ai trouvé qu'il manquait un petit quelque chose dans le rythme, l'intrigue et certains personnages. Une curiosité, quand même à honorer!


12/20


- World Invasion: Battle Los Angeles (2011) de Jonathan Liebesman, avec Aaron Eckhart et Michelle Rodriguez:
Ca sentait le nanar et pourtant! Sans fioritures, sans demi-mesure, ce Battle Los Angeles choisit de traîter l'invasion alien sous la forme d'un film de guerre. Et ça fonctionne! L'immersion est totale et le déluge d'action se transforme en plaisir coupable!


13/20


- M. Popper et ses Pingouins (2011) de Mark Waters, avec Jim Carrey et des pingouins!
Un film formaté pour la famille qui s'appuie sur la présence de Jim Carrey et des alcidés qui l'entourent. Sauf que Carrey n'a vraiment rien pour se transcender. Quant aux bestiaux, ils sont mignons, surtout quand ils sont vrais. Ce qui n'est pas souvent le cas. Pas de quoi casser trois pattes à un ... pingouin...


7/20

dimanche 20 novembre 2011

The Joy Formidable - The Big Roar (2011)





Quand on pense au rock, le Pays de Galles n'est pas le premier pays que l'on va citer. Pourtant, de Stereophonics à Lostprophets, en passant par Manic Street Preachers, ce petit coin à gauche de l'Angleterre nous rappelle à l'ordre de temps en temps. The Joy Formidable est donc gallois, vous l'aurez compris. Deux garçons à la rythmique et une petite blondinette à la guitare et au chant. Le tout dans un esprit sans retenue, doux et agressif à la fois. De quoi me séduire a priori. J'ai donc été plus que ravi de pouvoir emprunter ce cd.


Chaque fois que je vois débarquer un groupe de gros rock avec chanteuse, je me mets à espérer. Je me dis que je vais enfin trouver quelque chose qui pourrait ressembler à ce que je fais. Mais la déception est souvent au rendez-vous. Autant vous le dire d'entrée, The Joy Formidable est sundryesque. Chant féminin donc, grosse rythmique, nappes de guitares, passages instrumentaux... Et puis commencer un album par un morceau de 8 minutes, personnellement, ça me parle. Contraste, ambiances travaillées, ici, on ne choisit pas entre la puissance et la mélodie, on combine les deux pour en faire un cocktail finalement bien trop rare, d'autant plus dans la musique "féminine".


La forme, c'est une chose. Mais les gallois nous offrent un fond tout à fait à la hauteur. L'un des points forts de "The Big Roar", c'est la variété de ses morceaux. Du tube court tout en puissance qu'est "Cradle" à l'aérien "Buoy", en passant par le stellaire et merveilleux "The Greatest Light Is The Greatest Shade", la cohérence de l'ensemble force le respect et on ne peut s'ennuyer une seconde. A condition de se retrouver dans l'univers du trio bien entendu. Car le problème avec ce genre d'album, vraiment abouti artistiquement, c'est qu'il faut parfois savoir rentrer dans ce monde qui nous est proposé. Comme dirait Bertrand, c'est de la musique qui s'écoute. Cela va plus loin que d'écouter un disque dans sa voiture ou d'assister à un concert. C'est un véritable univers, loin de toute considération commerciale ou autre. En atteste ce "Whirring", hit en puissance pendant 3 minutes et qui monte en puissance durant 4 minutes supplémentaires, pour devenir un morceau d'une rare intensité.


Le premier album du trio me parle donc complètement. Cette chronique pourra peut-être ne pas être entièrement objective, mais vous pouvez quand même me faire confiance quant à sa qualité intrinsèque. Ce qui est sûr, c'est qu'après la douche écossaise Biffy Clyro, la bombe irlandaise And So I Watch You From Afar et les habituelles facultés anglaises, une petite claque galloise nous rappelle que le rock a élu domicile au Royaume-Uni depuis bien des années. The Joy Is Formidable.


17/20

jeudi 17 novembre 2011

Live Report: Battles, Machine du Moulin Rouge, Paris, 15-11-2011




Battles fait débat depuis quelques temps. Le départ de Tyondai Braxton a eu une grosse influence sur la compositon du groupe, et le 2ème album, "Gloss Drop", dont je vous ferai la chronique dans quelques jours, qui a un peu tendance à décevoir. Quid de tout ça en live? Ne les ayant jamais vu, et malgré une petite hésitation, j'étais quand même de la partie en ce glacial mardi de novembre, ne serait-ce que pour rendre hommage à l'excellent 1er album des new-yorkais.

La Machine du Moulin Rouge, anciennement appelée Locomotive, est une salle tardive. Concert à 20h30 signifie ouverture des portes à 20h30. Et Battles ne jouera qu'à 22h30... Walls, la première partie investit la Chaufferie, la salle du bas, vers 21h15. Un set electro, qui nous fait nous demander quel est le rapport avec Battles. Invités par le groupe lui-même, on assiste à un dj set planant, avec un bout de guitare par ci, des delays par là, et quelques rythmiques intéressantes. Dans l'ensemble, le duo se révèle agréable à écouter, même si certains moments paraissent longs, voire pénibles (le morceau d'introduction, 6 ou 7 minutes de nappes...). Bien sympa quand même. Surtout que leur timidité et leur gentillesse étaient plutôt touchantes.

Battles arrive sur la scène principale, devant un public connaisseur et conquis d'avance. C'est sûr que les voir sans connaître les morceaux avant n'a aucun intérêt. Le son est trèèès fort, je plains les personnes qui n'avaient pas de bouchons d'oreilles. Surtout quand rentre en scène sans nul doute l'un des meilleurs batteurs du monde, John Stanier. L'ancien batteur d'Helmet a une frappe d'une puissance incroyable, qui ferait passer le batteur de Deftones pour une crevette. A chaque coup de baguette, les fûts reculent de 5 centimètres, et je crois même que j'en ai vu un saigner. Mais attention, un très bon batteur ne se contente pas d'être puissant, John a une technique incroyable et un groove hallucinant. Et à l'instar du 2ème album, c'est lui qui tient la barraque en live. En atteste ce rappel, avec le seul morceau "Sundome", dont la 1ère moitié (10 minutes...) n'a pas de batterie. Bah c'était long...

Le trio a joué majoritairement des chansons de "Gloss Drop". Avec un petit travail de vidéo pour faire apparaître les chanteurs invités sur l'album, bien sûr absents sur les tournées. Certains passent très bien, comme "Futura", et d'autres sont un peu longuets. On pourra aussi regretter l'utilisation trop importante des boucles, rendant l'ensemble moins vivant. Mais dans l'ensemble, le groove finit par l'emporter et la machine Battles convainc. Maintenant, le meilleur moment du concert restera le génial "Atlas", qui démontre quand même la différence de qualité entre les deux albums. Battles est un très bon groupe. Mais il fût un temps où il était encore plus que ça.

Cette dernière phrase résume assez bien le concert. J'ai passé un bon moment. Mais je sais très bien au fond de moi que le groupe n'est déjà plus ce qu'il était, à l'image de leur 2ème album. Une petite déception quand même, même si un Battles moyen reste meilleur que beaucoup de formations actuelles.





dimanche 13 novembre 2011

Le Parc des Félins, Nesles (77)





Oui, vous êtes bien sur mon blog. Y'a pas que la musique et le cinéma dans la vie! Ceux qui me connaissent savent que je suis aussi un passionné de nature et d'animaux. Après tout, je voulais déjà faire vétérinaire alors que le cd était à peine inventé, et que je n'avais jamais entendu parlé d'Uma Thurman! C'est donc plutôt logique que je vous parle de ce super Parc des Félins, que j'ai visité il y a de cela quelques jours.


Situé à Nesles, en Seine-et-Marne, le Parc des Félins regroupe 140 espèces dans un cadre exceptionnel, d'une superficie de 60 hectares. Vous y retrouverez les grands classiques (tigres, lions, pumas, ...) mais aussi des petits matous (chat des sables, ci-dessous) et des espèces moins connues, comme les jaguarondis ou les chats de Gordoni (bleus à bande blanche... :) ). Plus qu'un parc animalier, nous sommes dans un centre d'élevage et de reproduction, un endroit engagé dans la sauvegarde de ces espèces, dont certaines, comme les tigres de Sumatra ou de Sibérie sont proches de l'extinction. Et rien de tel que de voir ces quelques bestiaux de près pour sensibiliser ceux qui en avaient besoin.




Le grand tour se fait par régions du monde. L'Europe, l'Afrique, l'Amérique puis l'Asie. Il faut bien 3h pour tout visiter, et il est même conseillé de refaire le parcours à l'envers une fois arrivé. Car les tranches de vie se succèdent et les visites peuvent être différentes selon le moment de la journée (ou la période de l'année). Il est d'ailleurs conseillé de visiter le parc au printemps ou en automne, les conditions de température rendant les animaux plus visibles.


Parmi les plus belles espèces, il y a le lion blanc (ci-dessous) et le tigre blanc. Forcément différents, ils sont d'une présence et d'une beauté toute particulière. De manière générale, les grands félins sont impressionnants. Leur regard, la taille de leurs pattes, la perfection de leur pelage sont autant d'éléments qui nous fascinent. Mais il ne faut en aucun cas bouder les petits félidés. Il est par exemple très intéressant d'observer la ressemblance entre le chat sauvage et le chat domestique, ou le lien que l'on peut tisser entre le comportement de ces derniers parfois, et celui de ces compères de grande taille.




Autre élément du parc, et non le moindre, le circuit malgache. Une petite île où évoluent en toute liberté une cinquantaine de lémuriens, de 5 espèces différentes. Pas du tout peureuses et aussi timbrées que dans les films "Madagascar", ces petites peluches nous accueillent chez elles et nous remplissent le coeur de joie. On évolue à quelques centimètres d'elles, on les regardent manger et jouer dans leur environnement. Comme si nous n'étions pas là. Même si on se retrouve avec "I'd Like to Move it, Move it" dans la tête tout l'après-midi, c'est un grand moment de bonheur pour les petits et les grands!




C'est donc un très bel endroit dont je vous parle en ce moment. Les animaux sont magnifiques, on sent qu'ils sont très bien traités, on les voit de près en général, même si la taille des enclos, point plus que positif du parc, peut desservir la visibilité de certaines espèces (je n'ai même pas entraperçu le tigre de Malaisie par exemple). Mais c'est une bonne chose. Le parc réussit à nous faire sentir que nous sommes chez les félins, c'est nous qui sommes invités ici, et pas l'inverse. 
Je terminerai en rappelant que le cadre est magnifique. Dans l'écrin de cette petite forêt, il n'y a pas que les félins et les lémuriens. Ouvrez les yeux et observez les oiseaux (mésanges, rouge-gorges, ...) ou les petites souris en bord de chemin. Comme pour nous rappeler que la Nature s'y sent vraiment chez elle. 


Vous l'avez compris, si vous aimez les animaux, je pense que vous aimerez le Parc des Félins. Il fera le bonheur des passionnés et des petites familles et saura tous nous sensibiliser à cette noble cause qu'est la protection des espèces en voie d'extinction. Comme le dit leur slogan, "Pas de planète sans félins"!





lundi 7 novembre 2011

Live Report: Festival des Inrocks: Friendly Fires, Miles Kane, ..., Cigale, Paris, 05-11-2011





Comme quoi, je peux encore m'étonner moi-même. Me voici un samedi soir au festival des Inrocks! Vous l'aurez compris, les Inrocks d'habitude, c'est pas ma tasse de thé. Ni magazinement parlant, ni musicalement, ni au niveau de l'état d'esprit. Il ne faut jamais généraliser en tout cas, surtout que là, Friendly Fires est en tête d'affiche. Un groupe que je ne connais que peu finalement, mais le peu que je connais m'a bien interpellé. De là à aller au concert? La décision a été prise il y a bien longtemps en tout cas (billet acheté au mois de mai) car la date fût rapidement complète. Alors déception ou confirmation?


Le festival des Inrocks, en tout cas, a le grand mérite de présenter pendant une semaine des soirées regroupant 4 ou 5 concerts pour moins de 30 euros. Axé sur la découverte de nouvelles sensations dirons-nous, on a donc de quoi généralement passer une bonne soirée. Le concert de samedi ne déroge pas à la règle, 5 groupes, début des hostilités à 17h30. Dommage pour moi, qui finit le travail à 20h15... Je n'ai pas vu la couleur de la 1ère partie, ni de Morning Parade. J'ai dû entendre facilement 30 secondes de Foster The People, la nouvelle "révélation" pop du moment. Les ayant vu au Live de la Semaine sur Canal + il y a quelques semaines, leurs mélodies ont la bonne idée de prendre un peu d'ampleur en concert. Les quelques instants aperçus de "Pumped Up Kicks", leur maxi tube, confirmaient cette impression, mais difficile bien sûr de se faire une idée.


Le but de ma soirée était de toute façon de voir au moins Miles Kane et Friendly Fires. Parlons donc du nouveau prodige anglais, ancien leader des Rascals et compagnon d'Alex Turner des Arctic Monkeys dans The Last Shadow Puppets. Vu également dans le Live de la Semaine il y a peu, le jeune homme sait haranguer la foule, propose des compos efficaces, dans un esprit post Oasis très prolétariat anglais. Rien d'extraordinaire. Sauf qu'en général, un concert qui n'a rien d'extraordinaire peut vite ennuyer. Bah pas là. L'ami Miles a peut-être joué 45-50 minutes et pas d'ennui à l'horizon. La preuve donc que ses chansons sont un peu au dessus de la moyenne, surtout en live, aidées qu'elles sont par la (relative) patate du quatuor. Quelques titres sortent du lot, "Inhaler" ou encore "Come Closer" finissant par mettre tout le public d'accord. Et vu que le jeune briton semble en plus fort sympathique, j'en ressors du coup avec un avis positif, même s'il m'en faudra un peu plus pour être conquis sur disque.


Et puis vint Friendly Fires. Efficace, entraînant, dansant, pop dans le sens noble du terme. Rapidement, les qualités rythmiques du combo nous envoûtent. Certains riffs funk se mélangent à l'electro pour donner une sorte de disco ultime. Le côté aérien nous rappelle que nous sommes dans une sorte de rêve, et le chanteur se paie en plus le luxe de bien chanter en live. Ca tourne, ça danse, ça envoie, le tout dans une atmosphère onirique propre au combo anglais. Petit coup de chapeau au batteur, vraiment très bon, et avec un joli maillot de l'équipe de France. Oui, la marinière. Par contre, attention au chanteur, dont les déhanchés, plus que communicatifs je l'admets, n'étaient pas des plus virils. Je n'avais pas vu ça depuis The Mars Volta en fait! Je plaisante évidemment, Ed MacFarlane a été excellent, et comme je l'ai dit, a insufflé à tout le monde l'envie de bouger son corps. Un très bon concert des Friendly Fires donc! Concluant de la meilleure des manières une soirée des plus agréables, même si le début fût fortement tronquée en ce qui me concerne. Merci les Inrocks, et qui sait, peut-être à l'année prochaine!

mercredi 19 octobre 2011

Hot Chip - The Warning (2006)





Je continue ma découverte de l'univers musical du groupe anglais Hot Chip, avec ce deuxième album, "The Warning", sorti en 2006. Un premier disque, sorti en 2004, m'avait fait bien bonne impression. Avec des couleurs pop, soul et electro, on avait à faire à un album subtil et bourré de belles mélodies, mais peut-être un peu plat. Voyons si le quintet londonien a su négocier le virage compliqué du second album.


Ce qui est sûr, c'est que les mélodies sont toujours là. Leur côté soul a disparu, elles sonnent plus pop, parfois mélancoliques mais sont toujours la grande force du combo. On garde par moments le côté bricolo-bancal, faussement maladroit, comme dans "Look After Me", avec sa guitare jouée avec les pieds et sa rengaine de lover triste. Ces maladresses rajoutent du charme à l'ensemble, même si on se doute qu'elles sont entièrement réfléchies. La mélancolie, elle, apparaît par exemple dans le somptueux "So Glad To See You", d'une beauté et d'une humanité rare, un terme assez étonnant pour un titre porté par des voix robotiques. La grande classe!


La grande évolution du disque, c'est la facette electro du combo, beaucoup plus poussée. Les deux premiers singles, "And I Was A Boy From School" et "Over & Over", parfaitement taillés pour le dancefloor, en attestent, Hot Chip peut désormais toucher un nouveau public. Moins dance mais tout aussi rythmé, l'excellent titre éponyme tape dans le minimaliste, bien présent sur "Coming On Strong", et le très efficace "Arrest Yourself" confirme la tendance. Les beats s'imposent davantage et rendent ce deuxième essai plus rythmé, moins plat. Exactement ce qu'il fallait!


"The Warning" permet en tout cas un constat important. Peu importe le style, personne ne sonne comme Hot Chip! Le travail des sons est juste impressionnant. Que ce soit au niveau des beats et des percussions, des bruitages et des ambiances, de la finesse des basses, la qualité est plus qu'au rendez-vous, pour vraiment définir un son et une personnalité de groupe. Tout ceci est complété par un soupçon d'acoustique, avec des des touches de guitares, et surtout par des mélodies vocales qui font de ces titres de véritables chansons. L'autre aspect de ce travail des sonorités, c'est que les 5 savent nous transporter facilement dans un univers personnel, comme le morceau "Colours", ou le sus-nommé "So Glad To See You". Inimitable.


Meilleur que le précédent, plus accessible aussi, Hot Chip nous présente ici un véritable deuxième album. L'évolution est là, la maturité aussi, on sent que le style s'est affiné et que le groupe s'est trouvé. En conservant ses qualités d'origine, il a su y ajouter du relief et des couleurs, éléments qui manquaient peut-être au premier opus. En tout cas, la dance mélancolique de "The Warning" marque les esprits. Un disque référence d'electro pop!


17/20

jeudi 6 octobre 2011

"Insidious" de James Wan (2010)





J'ai eu cette affiche devant les yeux au boulot pendant quelques semaines l'année dernière, et tout naturellement, j'étais assez curieux de voir ce que le film valait. "Insidious" est la dernière production de James Wan, réalisateur d'origine malaisienne, déjà récupéré par l'industrie américaine. Un gage de qualité en général. Loi des séries oblige, en même temps qu'"Insidious", je suis tombé par hasard sur deux autres de ses métrages, "Dead Silence" et "Death Sentence" (oui, j'en suis au D...). Et force est de constater que le jeune homme a un sacré talent. On l'avait déjà vu à l'oeuvre avec le premier "Saw", qui avait plus marqué par son thème que par le style de son réalisateur. Voyons si "Insidious" marque une progression par rapport à ces dernières sorties.


Le générique est d'entrée bien foutu. Le titre qui apparaît au début avec son bruit et ses violons fait son effet, et renvoie à des classiques du cinéma du genre. S'en suit le véritable générique, esthétiquement très soigné avec ses couleurs rouge et gris.
Dans un film d'horreur, l'étape essentielle, c'est la mise en place. C'est la gestion du rythme au début qui conditionnera la tension ultérieure. On suit le quotidien d'une famille américaine lambda. Doucement, les premiers phénomènes paranormaux pointent le bout de leur nez. Doucement. Tout doucement. Trop, diront certains. Pas moi. Un premier frisson est rapidement rationalisé par la maladie de l'enfant. La maison commence à être malsaine? Les héros déménagent. Résultat? C'est la frustration qui prend le dessus et cette frustration est pour beaucoup dans la peur qui s'emparera de nous quand les choses vont se gâter. Et c'est elle encore qui nous donnera plus tard l'impression que le cauchemar ne se finira jamais.


Oui, la peur est là, à tous les étages. Une peur primaire d'abord, on est au 21ème siècle, on sait y faire maintenant. L'environnement sonore, si important, est maîtrisé (alarme volontairement stridente, parfaite gestion des silences, et ces satanés violons...), tout comme les éléments visuels et la direction de James Wan. Les plans nous donnent vraiment l'impression d'être dans cette maison, et la maîtrise du rythme est idéale. Ainsi, après le déménagement, on enchaîne les moments de terreur. Pas de sursaut, mais des frissons qui parcourt le corps. Tout le temps, même quand il ne se passe rien de particulier. On se fige à l'apparition du terrifiant cousin de Darth Maul, et l'image de la sorcière, digne d'une Dame Blanche, est difficile à effacer. Les thèmes d'"Insidious" renvoient à des peurs plus profondes. La maison hantée, la possession, le surnaturel... Si on rentre dans cet univers, on sera forcément glacés d'effroi dans la 2ème partie du film.


Quant à la dernière partie, c'est un peu quitte ou double. Wan nous entraîne dans un monde délirant, une représentation cauchemardesque de l'inconscient, qui n'avait pas été aussi bien mis en images depuis l'excellent "The Cell". Cela ne plaira pas à tout le monde, mais c'est pourtant cette folie qui fera toute la différence entre un Paranormal Activity-like et un film qui a quelque chose en plus. Quand les deux geeks hérités de "Ghostbusters" entrent en scène, on se demandera si ce n'est pas une blague. Et tout est là, ce n'en est pas une. Même pour eux! A force, ni eux ni nous n'avons plus du tout envie de rire. Et plus le délire part en surenchère (le masque pendant la séance de spiritisme), moins ça nous fait marrer! Et c'est là qu'intervient le quitte ou double. Les rebondissements s'enchaînent, et si on se laisse embarquer dans ce cauchemar sans fin, il sera difficile de s'en réveiller.


"Insidious" est donc un excellent film, dans la forme, mais aussi dans le fond. Le récit tient carrément la route, aucune faille dans le scénario, les dialogues et les réactions des personnages sont tout à fait censées. Le gros point fort, c'est qu'à aucun moment on ne se demandera si l'on croit ou pas à ces évènements surnaturels. On est dedans et on a rien à dire. Restent donc ces rebondissements finaux, à vous de voir si vous êtes embarqués dans ce voyage ou pas.


Il sort régulièrement des bons films d'horreur, qui entretiennent le genre, voire qui lui redonnent un petit coup de fouet. Mais combien d'entre eux sont vraiment excellents, savent allier la forme et le fond et nous marquent à jamais? Personnellement, il y eût "Deux Soeurs" de Kim Jee-woon en 2003, et, ô surprise, il y a "Insidious". Le meilleur film sur les esprits depuis "Poltergeist". Rien que ça!


17/20

mercredi 21 septembre 2011

Funeral Party - The Golden Age of Knowhere (2011)



Gros plan aujourd'hui sur un tout jeune groupe de Los Angeles, qui tire son nom, Funeral Party, d'une chanson des Cure. Leur premier album, "The Golden Age of Knowhere", et leurs prestations scéniques survoltées leur profèrent une réputation de groupe à ne louper sous aucun prétexte. Repéré et produit par l'ingé son de The Mars Volta, mixé par Dave Sardy, voici un disque plus que prometteur sur le papier. Et à l'écoute, ça donne quoi?


Comme son titre l'indique, "New York City Moves To the Sound of L.A." tend fortement vers les Strokes et le rock new-yorkais, mais avec la fougue et l'insouciance qui caractérise la côte ouest. Rien d'exceptionnel mais d'une énergie suffisante pour débuter un disque de très bonne manière. Après un "Car Wars" plus dansant, sympathique mais toujours pas impérissable malgré un solo du gratteux de The Mars Volta, les choses sérieuses commencent avec l'excellent "Finale", très bon titre rock qui sonne comme un hymne avec son final (justement) en choeurs. Un peu plus tard déboule "Just Because" et sa rythmique atomique qui nous en met plein les oreilles. Un titre qui montre une autre facette du combo avec sa gouache proche du post-hardcore. S'en suit quelques morceaux corrects, avant une fin d'album de haute volée. Le génial "Youth & Poverty" se démarque avec sa pointe d'emo et son refrain imparable. "Relics To Ruin" sonne comme une pause bienvenue, où les mélodies prennent le dessus sur l'énergie. Enfin, une dernière claque bien travaillée qui donnera son nom à l'album finit de nous rappeler le potentiel des californiens.


On a donc une impression d'un disque à 2 vitesses, avec des morceaux vraiment excellents et d'autres seulement... bons. Ce qui est déjà pas mal pour un premier disque! Funeral Party nous offre donc en guise de premier album un trait d'union idéal entre le rock de la Big Apple et la fougue et l'énergie du post-hardcore californien. En plus de ça, le groupe sait déjà soigner ses ambiances grâce à une utilisation savamment dosée des claviers, et ses couleurs avec des chansons plutôt variées. il ne restera plus qu'à confirmer avec un 2ème album que l'on n'espèrera plus constant. A suivre!


14/20

jeudi 15 septembre 2011

"Black Swan" de Darren Aronofsky (2011)




L'attente autour du nouveau film d'Aronofsky était assez impressionnante. Sorti quelques mois plus tôt aux Etats-Unis, multi-nominé (puis récompensé) aux Oscars et aux Golden Globes, ce "Black Swan" était attendu de pied ferme sur notre territoire. Déjà qu'en soi, toute sortie du réalisateur américain est une bombe potentielle, "The Wrestler" avait avant cela signé son retour en grâce après "The Fountain", son plus grand échec auprès des critiques. Sur le papier, ce "Black Swan" semblait avoir toutes les qualités requises pour devenir une des oeuvres cinématographiques les plus fortes de ces dernières années.


La scène d'ouverture nous apporte déjà les réponses. La puissance de la musique, le blanc, le noir, la pureté de l'univers de la danse classique, tout de suite contrebalancée par le cadre sombre et l'aspect fantastique du cygne noir. Ce sentiment d'étrangeté ne quittera jamais le film. Le réalisateur enchaîne les effets de miroirs, de reflets, nous renseignant sur l'un des thèmes principaux du long-métrage. Certains plans sont même dignes de films d'épouvante, comme ce passage ultra furtif d'un portrait aux yeux qui bougent qui nous fait froid dans le dos...


Darren Aronofsky a choisi le cadre de la danse classique pour nous raconter son histoire. A l'instar de son précédent film, qui nous entraînait dans l'univers du catch, on est ici entièrement plongé dans le quotidien de ces danseuses. Filmé de manière assez réaliste, on les voit s'échauffer, préparer leurs chaussons, mais on comprend aussi les valeurs de cet art. Et c'est là que le film prend toute sa grandeur. L'exigence du milieu, cette recherche obsessive de la perfection, et bien sûr l'histoire du "Lac des Cygnes" en elle-même, donne au propos une profondeur incroyable, et une porte d'entrée idéale dans la folie et la cassure psychologique. Du coup, l'une des questions que l'on pouvait se poser avant de voir le film était de savoir si on avait besoin d'aimer la danse classique pour aimer le film. Bien sûr que c'est un plus, mais le cadre est totalement en accord avec l'histoire et les thèmes abordés et les nourrit complètement.


"Black Swan" s'appuie beaucoup sur le rapport au corps. Cela va de simples gros plans sur les pieds des danseuses jusqu'aux scènes de blessures. La peau, les ongles, autant de moments assez difficiles à supporter en tant que spectateur. L'un des thèmes du film étant la quête de la perfection, qui passe par l'abandon de soi, la sensualité et la sexualité sont forcément présentes. Et Aronofsky en parle très justement en montrant tout le mal que Nina peut avoir pour assumer certaines choses de la vie.


Bien que ce soit évident, je vais quand même parler un peu du casting. Comme pour Nina dans l'histoire, il fût sûrement assez compliqué de trouver l'actrice capable d'interpréter le cygne blanc et le cygne noir. Que dire de Natalie Portman... Tout ou presque a déjà été dit, elle est parfaite dans les 3 quarts du film avant d'être juste époustouflante dans le dernier quart. A côté d'elle, il faut saluer la performance de Mila Kunis, tout à fait à la hauteur, ce qui n'est quand même pas rien. Cassel fait le boulot, et on a beaucoup de plaisir à retrouver Winona Ryder. Et malgré tout ça, ce qui ressort de cette heure 50, c'est l'oeuvre. Le film en lui-même. Car Darren Aronofsky surpasse chaque élément du film et se surpasse lui-même pour créer ce qui est sans doute son plus grand accomplissement à ce jour. Le réalisateur est au service de l'histoire, au point qu'on ne finit par ne voir plus qu'elle.


Vous l'aurez donc compris, "Black Swan" se révèle à la hauteur de nos attentes. Que ce soit dans le fond ou dans la forme, il est une oeuvre d'une incroyable intensité et d'une forte cohérence artistique. Bien sûr, le thème du dédoublement (ou plus...) de personnalité est toujours attendu au tournant. Tout le monde va avoir tendance à chercher la faille, au détour de chaque ligne du récit. Pour ceux qui chercheraient à trop vouloir comprendre, je citerai le film lui-même, dans une phrase qui pourrait le résumer. "La perfection n'est pas que dans le contrôle, elle est aussi dans le laisser-aller."


18/20

dimanche 11 septembre 2011

Naïve New Beaters - Wallace (2009)





Vous avez sûrement entendu leur "Live Good" dans la pub Nokia. Les Naïve New Beaters, trio parisien bien déjanté, nous ont servi en 2009 leur 1er album, "Wallace", un cocktail de fusion fun et légère. Les  trois compères David Boring, Eurobelix et Martin Luther BB King, la tête tournée vers la côte est américaine, avaient emballé les foules avec leur premier méfait.


Dans quoi va-t-on classer les NNBS? Les guitares rock sont bien présentes, les beats sont electro et le chant est hip-hop. Une sorte de fusion bien dans son époque, dans un écran pop. Les dosages sont parfaits et il est du coup bien difficile de rapprocher le trio d'un style ou d'un autre. Le titre d'ouverture, "L.A. Trumpets" nous l'indique, l'esprit californien est très présent, il fait partie intégrante de leur musique. On pense notamment à Sugar Ray ou à 311. Tout est dans la positive attitude, loin du flow des banlieues. Quitte à tomber dans une certaine naïveté. Mais après tout, ça aussi c'était dans le titre.


Je ne suis pas du genre à parler d'abord des points négatifs, mais c'est malheureusement l'une des choses que je retiens de ce disque. Je n'ai rien contre la naïveté en soi, elle n'est pas forcément gênante, mais je pense quand même qu'elle ne doit pas être omniprésente. Il manque un peu de folie dans cet album. Les guitares, pleines de bonnes idées, sont beaucoup trop polies, trop en retrait. Cette production lisse, politiquement correcte, nous donne un arrière-goût de produit marketé, alors qu'il n'en est peut-être rien!


Suis-je du coup en train de vous dire que l'album est mauvais? Point du tout! Même si des chansons plus légères comme "Just Another Day" font limite penser à une parodie, aucun titre n'est vraiment à jeter. "L.A. Trumpets" nous met les idées en place d'entrée, même topo pour la chanson cachée en clôture de disque. "Live Good" donne dans la très bonne fusion pop, et "Can't Choose" ou "Boring David" sont juste d'excellents morceaux. Les bonnes idées se succèdent dans un style pourtant connu pour ses clichés, et l'ennui n'est pas de mise.


Cet album est en tout cas un concentré de plaisir, de légèreté et de détente. Mais le côté plus que pop et trop produit nous fera nous demander si tout ça est du lard ou du cochon. Où est le fond? Y'en a-t-il seulement, ou NNBS n'est en fait qu'une grosse bonne blague? On attendra la suite pour se faire une idée.


Maintenant, on a ici un album bien déconneur, bien fun, et de qualité qui plus est. Donc si vous pensez que je réfléchis trop, ça m'arrive des fois, trouvez cet album, écoutez-le et ... have fun! Débrancher son cerveau peut faire du bien parfois...


12/20

dimanche 28 août 2011

Joan As Police Woman - The Deep Field (2011)





Derrière ce nom de groupe mystérieux se cache Joan Wasser. Artiste américaine, ex-petite amie de Jeff Buckley notamment, cette songwriter a par le passé travaillé avec Lou Reed, Nick Cave, Dave Gahan ou plus récemment, Rufus Wainwright. "The Deep Field", troisième album de son groupe, se veut plus calme que les précédents. Un peu trop?


Joan Wasser est donc le pilote de cette entreprise. Guitariste, claviériste, compositeur, ses mélodies guident ses chansons malgré la douceur de sa voix. Musicalement, on pense à Elysian Fields, en moins sombre, et à ce genre de groupes de pop subtile, qui se mélange avec d'autres styles. Ici, les arrangements tendent vers le jazz et la soul. Les morceaux qui sortent du lot sont ceux où ces arrangements ne sont pas trop colorés, qui savent se faire discrets ou se mettre au service des chansons. "The Action Man" ou "Forever And A Year" apparaissent comme de petites merveilles, douce et optimiste pour la première, beaucoup plus triste pour la seconde. De son côté, l'excellent "Run For Love" nous entraîne avec son refrain aux mesures composées et l'évidence de ses couleurs jazzy.


"The Deep Field" est en tout cas un album calme, posé. Les morceaux sont en général assez longs, faussement accessibles, et il sera facile d'y trouver quelques longueurs, voire de le trouver un peu plat. Un peu de temps permettra aux plus patients d'être séduit par la beauté et la subtilité de ces mélodies. "Flash", par exemple, est un morceau assez lent, calme, long (presque 8 minutes), que l'on finit par trouver magnifique, mais qui pourrait très bien en ennuyer certains.


Voici donc un disque à écouter au calme, seul, les yeux fermés. Finalement très mélancolique, il ne sera pas l'album idéal pour vous mettre la pêche. Il aurait peut-être nécessité d'un poil de relief supplémentaire, notamment au niveau de la production, pour relever ses jolies mélodies. En revanche, si vous cherchez un album posé, doux comme une caresse, mais subtil, ce "Deep Field" est à découvrir.


13/20



mercredi 24 août 2011

Top 5: "L'avion est le moyen de transport le plus sûr, statistiquement..."



Ah les vacances... Partir loin, aller chercher le soleil... Et pour cela, il faut parfois parcourir de grandes distances. Et qui dit grandes distances dit... avion. Gad Elmaleh en parle très bien: "J'arrêterai d'avoir peur en avion le jour où on arrêtera d'applaudir les pilotes parce qu'ils ont réussi l'atterrissage.". Je n'ai pas plus peur que ça en avion, mais j'avoue qu'il y a toujours une appréhension avant de décoller.
Au cinéma, les scénaristes savent jouer sur la claustrophobie liée à ce moyen de transport. Voici mon Top 5 des films que je ne regarderai pas avant d'aller à l'aéroport:




- 5: "Des Serpents Dans l'Avion" de David R. Ellis: l'histoire est à la hauteur du titre: improbable! Et pourtant, le côté parodique du métrage nous apporte un plaisir coupable. Bien sûr, ce n'est pas ce film qui va nous empêcher de monter à bord!


- 4: "Madagascar 2" d'Eric Darnell: oui bon, celui là non plus ne va pas vous rendre phobique de l'avion. Reconnaissez quand même qu'un coucou qui décolle du haut d'un arbre, projeté par un lance-pierres, ça méritait une 4ème place! Commencez à vous inquiéter si votre compagnie s'appelle "Air Pingouins"!


- 3: "Red Eye" de Wes Craven: l'avion, c'est aussi d'autres passagers. Rachel McAdams était loin de se douter que le beau jeune homme à côté d'elle était un grand psychopathe. Mais que voulez-vous faire, coincée que vous êtes en plein ciel? Un bon petit film sans prétention, emmené par 2 excellents jeunes acteurs (Rachel McAdams donc, et Cillian Murphy).


- 2: "58 Minutes Pour Vivre" de Renny Harlin: quand les méchants contrôlent l'aéroport, c'est le drame assuré. Dire à un pilote d'atterrir et éteindre la piste au dernier moment, c'est moyen dans l'esprit. Manque de chance pour eux, la femme de John McClane est dans un de ces avions...


- 1: "Destination Finale" de James Wong: la meilleure scène de "crash" d'avion à mon avis, à cause de son double effet (rêve prémonitoire puis réalité). James Wong réalise à merveille le premier épisode de la saga et nous offre une intro de très haute qualité. Celui là, c'est sûr, je ne le regarderai pas avant de prendre un vol!




mercredi 27 juillet 2011

Foo Fighters - Wasting Light (2011)





Croyez-moi, ce n'est pas évident de chroniquer un groupe comme les Foo Fighters! 20 ans déjà que l'on connaît Dave Grohl, et vu le talent, la gentillesse et l'intégrité du bonhomme, on s'attache, et du coup, c'est un peu comme parler de l'album d'un pote. L'impression d'être en famille est d'autant plus forte sur cet album, vu que Pat Smear est de retour, Krist Novoselic de Nirvana vient faire un featuring et que Butch Vig est à la console. Rajoutez à cela le fait que j'ai vu l'excellent documentaire "Back & Forth" il y a peu, et voici pas mal de bonnes raisons pour qu'il soit assez difficile d'être objectif. Essayons quand même!


Les rumeurs autour de ce disque annonçaient un retour aux sources. Dès "Bridge Burning", celles ci sont confirmées. Le refrain fait très QOTSA, mais le reste des riffs et la gouache vocale renvoient aux 2 premiers albums. Après une impression moyenne lors de sa sortie, le single "Rope" finit par convaincre. Que dire du fantastique "White Limo", dont je vous conseille le clip, qui sonne comme un mix de "Weenie Beenie" et de l'inédit "The Colour & The Shape". Dans leurs passages électriques, nos chers amis reviennent à des couleurs indy-grungy bien agréables et s'éloignent enfin du sillage de la bande à Josh Homme.  Quant aux parties mélodiques, Dave a toujours montré ses compétences en la matière, quelque soit l'album ou la tendance de celui-ci.


Des bons riffs, quelques refrains extraordinaires, malheureusement, tout l'album n'est pas de cette trempe. Aucun morceau n'est mauvais mais certaines parties sont quand même un peu faciles, voire moyennes ("Miss The Misery"). Certaines mélodies également ("I Should Have Known"). Qu'on le veuille ou non, les Foo sont devenus une machine énorme, et leur côté classic rock US ressort par moments. Rien de foncièrement désagréable, mais un minuscule arrière-goût mainstream empêchera de hisser ce "Wasting Light" au niveau des meilleurs albums du groupe.


N'oublions pas que cet album est leur 7ème!! La longévité est ce qu'il y a de plus difficile à gérer en musique, que ce soit au niveau de la gestion des personnes à l'intérieur du groupe, ou de l'évolution musicale. Alors non, ce disque n'est pas au niveau des 2 premiers albums, mais il est au moins un cran au dessus de "In Your Honor" par exemple. Il possède suffisamment d'atouts pour nous faire passer un bon moment, avec en bonus la petite pointe de nostalgie liée à nos chères années 90. Et la meilleure nouvelle, c'est que cet album ne m'a presque pas fait penser au mariage de ma cousine! :)


13/20



vendredi 8 juillet 2011

"127 Heures" de Danny Boyle (2011)






Après le succès quelque peu inattendu de son précédent film, "Slumdog Millionnaire", Danny Boyle nous revient avec ce "127 Heures", adapté d'un fait divers. Il raconte l'histoire d'Aron Ralston, un jeune alpiniste resté coincé dans un canyon pendant presque 5 jours. Etant un grand amateur du réalisateur anglais, j'étais impatient de voir son dernier travail, surtout après la relative déception multi-oscarisée (ce n'est que mon avis...).


Dès le générique, on sent la réflexion d'un metteur en scène qui aime les sujets a priori compliqués à traiter. Des images de foule contraste avec l'isolement dont sera victime le héros. Aron fuit le rythme trépidant de la ville pour une solitude tout de même menée à 100 à l'heure. Pour l'accompagner, A.R. Rahman, déjà copilote musical de Boyle dans "Slumdog Millionnaire", nous a à nouveau concocté une excellente bande-son, collant parfaitement aux images que l'on a sous les yeux, tout en respectant les diverses ambiances du film.


La vraie claque du film nous vient de la réalisation. On ne va pas être surpris de la qualité du travail de Danny Boyle, qui nous a déjà bien botté les fesses dès "Trainspotting", il y a bien longtemps de ça. Après un "Slumdog Millionnaire" que certains ont trouvé un peu too much (j'en fais partie), l'aspect clipesque, un peu moins prononcé ici, colle parfaitement avec le thème, et renforce même l'impression de solitude, procurant rapidement une empathie forte pour Aron. Une empathie indispensable pour l'intensité émotionnelle de la dernière partie du long-métrage. On assiste ainsi à une succession d'effets ou de petites trouvailles assez impressionnantes, comme le plan de l'intérieur de la caméra ou le bruitage qui fait rimer nerf avec larsen.


Autre aspect important de la réalisation, la mise en avant de Dame Nature, si belle et si puissante, et à côté de laquelle Aron n'est que peu de choses. Des images d'une beauté magique, des décors de rêve que l'on ne doit cependant jamais sous-estimer. La scène de la "piscine" dans le canyon donnera à tout le monde l'envie d'être à la place du héros, qui sera bien vite rattrapé par sa petitesse par rapport au Monde. En tout cas, je ne peux que vous conseiller de voir ce film en HD, pour profiter pleinement du spectacle.


Enfin, on ne peut parler de ce film sans parler de la grande performance de James Franco, vu notamment dans Spider-Man, qui réussit à nous faire ressentir toutes les étapes émotionnelles traversées par son personnage. Colère, réflexion, délire, hallucinations, désespoir, renoncement, et finalement, cet instinct de survie, plus fort que tout, nourri qu'il est par ses souvenirs du passé et ses espérances pour le futur. La scène de la remise en question, tournée façon show télé, est juste exceptionnelle, pleine de dérision. Et la scène finale est émotionnellement réussie.


Danny Boyle n'est pas forcément un réalisateur qui rassemble, l'aspect parfois démonstratif de sa mise en scène pouvant agacer par moments. Mais force est de reconnaître que celle-ci colle parfaitement au thème de ce film et que ce "127 Heures" est parfaitement maîtrisé. A la fois drame et divertissement, un excellent moment de cinéma, à passer seul ou à plusieurs.


16/20


mercredi 6 juillet 2011

Live Report: Crystal Castles, Casino de Paris, 05-07-2011






Crystal Castles donne, pour ceux qui ne connaissent pas, dans une sorte d'electro à tendance punk, parfois mélangée à des sons de jeux vidéos. Leur son est assez sale sur la moitié de leurs compositions, ce qui, même si j'étais content d'aller les voir pour la première fois hier, m'inspirait quand même une petite appréhension pour le live. Cette appréhension s'est avérée tout à fait fondée!


En première partie, Dam Mantle, originaire de Glasgow, a essayé de chauffer la salle mais il a semblé un peu seul dans son délire. Il faut dire que son volume sonore fût bien limité par la salle, la différence avec Crystal Castles étant plus que flagrante. Quelques bonnes sonorités par moments, une dernière très bonne chanson, mais son electro était dans l'ensemble trop répétitif pour me convaincre.


Avec un quart d'heure de retard, "Fainting Spells" retentit et nous met direct dans l'ambiance. Noir total sur les parties electro posées, grands coups de stromboscope blanc sur les refrains hurlés, je m'attendais à l'apocalypse, je l'ai eu! Que ce soit dans la fosse (insupportables djeun's qui ne savent pas sauter droit sur place...) ou sur scène, tout cela était plus qu' intense. Le problème, c'est que le concert était ... au Casino de Paris. Salle de spectacle parisienne renommée, elle n'en reste pas moins ... une salle de spectacle, et pas de concert. Elle a la réputation de beaucoup résonner, ça n'a pas loupé hier soir. Le son était ingras pendant tout le set, avec ou sans bouchons. Sous prétexte de puissance, les canadiens, bien aidés par la salle, ont ruiné la plupart des titres, notamment les plus puissants. En atteste ce rappel, où j'ai reconnu un titre et demi sur trois, et encore, grâce au passage calme de "I Am Made of Chalk"... Autre exemple, "Empathy", où comment passer 4 minutes sans chant, vu que personne ne semble s'être rendu compte du problème technique. Finalement, seuls des morceaux tels "Celestica" passaient bien, car moins bruitistes, plus mélodiques.


Autre critique, moins acerbe tout de même, Alice Glass est censée être la nouvelle papesse de l'electro. Elle est une très bonne show-woman, certes, mais elle devrait apporter plus de nuances à son chant et ses cris en live. Au vu de la richesse du travail des voix effectué sur disque, une bonne adaptation s'impose en concert, sous peine de déception. Légère. Parce que la demoiselle compense avec une énergie folle et une furie beaucoup trop rare.


Grosse déception donc, mais je ne dirai pas que c'était mon premier et dernier concert de Crystal Castles, je leur laisse le bénéfice du doute et espère les revoir dans de meilleures conditions. Par contre, c'était sûrement mon dernier concert au Casino de Paris. 
Sur disque, notamment le dernier, Crystal Castles est une envoûtante messe noire. Hier soir, cela ressemblait plus à un exorcisme bruitiste. Quitte à partir dans le délire, j'attendais au moins le sacrifice de quelques vierges en fin de concert, il y aurait eu de quoi faire. Mais même pas. J'espère vraiment revoir les Canadiens dans une meilleure salle en tout cas.



vendredi 1 juillet 2011

Metronomy - The English Riviera (2011)





"The English Riviera", 3ème album des anglais de Metronomy, tire son nom d'une région du sud de l'Angleterre, d'où le groupe est originaire. Après deux albums electro, Joseph Mount et sa (nouvelle) bande nous ont concocté une sorte d'hommage en musique à la région de leur coeur. Pour être en accord avec l'ambiance particulière de ces doux bords de mer, le tout frais quatuor pose une ambiance beaucoup plus acoustique que dans les deux premiers opus, où s'impose tout naturellement la nouvelle section rythmique, composée de la belle Anna Prior à la batterie et de Gbenga Adelakar à la basse. En live du moins, car en studio, Mount reste l'homme à tout faire, la tête pensante des chansons de Metronomy.


D'entrée, l'ambiance de cette riviera est posée. Un sentiment de détente, de sérénité, de vacances en fait, nous envahit et nous accompagnera pendant 45 minutes. Avec des nuances tout de même. "We Broke Free" nous présente la nouvelle parure acoustique du quatuor, avec une vraie batterie, et plus de guitares que de claviers. La production aussi nous frappe tout de suite, le groupe voulait un son très 70's et le résultat est plus que probant. Tout en restant moderne, le son nous insuffle une sorte de nostalgie qui pourrait bien se transformer en intemporalité. Même le mastering n'est pas trop poussé, ce qui est plutôt agréable en ces temps de course au gros son. Et le visuel du disque confirme la cohérence de l'ensemble.


L'album fait montre d'une belle palette de nuances différentes. La petite ritournelle pop "Everything Goes My Way" donne dans la naïveté, alors que l'imparable premier single, "The Look", n'oublie pas de rajouter un peu de profondeur. On ressent même de la nostalgie, de la gravité avec le presque triste "Trouble", très French Touch dans l'esprit (il aurait pu figurer sur une BO d'un film de Sofia Coppola), comme pour nous rappeler que ces moments paisibles ne sont qu'éphémères, si éloignés qu'ils sont de notre univers quotidien.


Ceux qui connaissent les deux premières livraisons de l'ami Mount et de ces complices seront peut-être décontenancés par ce quasi concept album. Heureusement, ceux ci n'oublient pas non plus d'où ils viennent. L'excellent "The Bay" nous entraînera dans son univers disco, là où le titre de clôture, "Love Underlined", sonnera bien electro. Les sons Wurli-Moog-Juno sont toujours là, notamment sur "Loving Arm" et "Some Written", pour nous rappeler le goût du groupe pour les années 80, la new wave ("Corinne") et autres très agréables kitcheries.


Bien que sur un thème précis, ce "English Riviera" sait donc se faire suffisamment varié. La qualité d'écriture est là, peut-être même plus qu'avant. A moins  que ce ne soit qu'une question de forme, influencés que nous sommes par le côté acoustique.


Avant, il y avait le tube de l'été, Metronomy nous sort le disque de l'été, non pas par sa qualité, même si celle ci est indéniable, mais par son atmosphère. Il manque un petit quelquechose, un peu de profondeur peut-être pour en faire un album référence. Mais la nouvelle configuration du quatuor nous laisse présager de belles choses pour l'avenir. En attendant, avec ce 3ème album, on est déjà en vacances. Et vous savez ce qui est bien? C'est qu'il pourra resservir l'année prochaine, et les suivantes si affinités!


15/20