mercredi 27 juillet 2011

Foo Fighters - Wasting Light (2011)





Croyez-moi, ce n'est pas évident de chroniquer un groupe comme les Foo Fighters! 20 ans déjà que l'on connaît Dave Grohl, et vu le talent, la gentillesse et l'intégrité du bonhomme, on s'attache, et du coup, c'est un peu comme parler de l'album d'un pote. L'impression d'être en famille est d'autant plus forte sur cet album, vu que Pat Smear est de retour, Krist Novoselic de Nirvana vient faire un featuring et que Butch Vig est à la console. Rajoutez à cela le fait que j'ai vu l'excellent documentaire "Back & Forth" il y a peu, et voici pas mal de bonnes raisons pour qu'il soit assez difficile d'être objectif. Essayons quand même!


Les rumeurs autour de ce disque annonçaient un retour aux sources. Dès "Bridge Burning", celles ci sont confirmées. Le refrain fait très QOTSA, mais le reste des riffs et la gouache vocale renvoient aux 2 premiers albums. Après une impression moyenne lors de sa sortie, le single "Rope" finit par convaincre. Que dire du fantastique "White Limo", dont je vous conseille le clip, qui sonne comme un mix de "Weenie Beenie" et de l'inédit "The Colour & The Shape". Dans leurs passages électriques, nos chers amis reviennent à des couleurs indy-grungy bien agréables et s'éloignent enfin du sillage de la bande à Josh Homme.  Quant aux parties mélodiques, Dave a toujours montré ses compétences en la matière, quelque soit l'album ou la tendance de celui-ci.


Des bons riffs, quelques refrains extraordinaires, malheureusement, tout l'album n'est pas de cette trempe. Aucun morceau n'est mauvais mais certaines parties sont quand même un peu faciles, voire moyennes ("Miss The Misery"). Certaines mélodies également ("I Should Have Known"). Qu'on le veuille ou non, les Foo sont devenus une machine énorme, et leur côté classic rock US ressort par moments. Rien de foncièrement désagréable, mais un minuscule arrière-goût mainstream empêchera de hisser ce "Wasting Light" au niveau des meilleurs albums du groupe.


N'oublions pas que cet album est leur 7ème!! La longévité est ce qu'il y a de plus difficile à gérer en musique, que ce soit au niveau de la gestion des personnes à l'intérieur du groupe, ou de l'évolution musicale. Alors non, ce disque n'est pas au niveau des 2 premiers albums, mais il est au moins un cran au dessus de "In Your Honor" par exemple. Il possède suffisamment d'atouts pour nous faire passer un bon moment, avec en bonus la petite pointe de nostalgie liée à nos chères années 90. Et la meilleure nouvelle, c'est que cet album ne m'a presque pas fait penser au mariage de ma cousine! :)


13/20



vendredi 8 juillet 2011

"127 Heures" de Danny Boyle (2011)






Après le succès quelque peu inattendu de son précédent film, "Slumdog Millionnaire", Danny Boyle nous revient avec ce "127 Heures", adapté d'un fait divers. Il raconte l'histoire d'Aron Ralston, un jeune alpiniste resté coincé dans un canyon pendant presque 5 jours. Etant un grand amateur du réalisateur anglais, j'étais impatient de voir son dernier travail, surtout après la relative déception multi-oscarisée (ce n'est que mon avis...).


Dès le générique, on sent la réflexion d'un metteur en scène qui aime les sujets a priori compliqués à traiter. Des images de foule contraste avec l'isolement dont sera victime le héros. Aron fuit le rythme trépidant de la ville pour une solitude tout de même menée à 100 à l'heure. Pour l'accompagner, A.R. Rahman, déjà copilote musical de Boyle dans "Slumdog Millionnaire", nous a à nouveau concocté une excellente bande-son, collant parfaitement aux images que l'on a sous les yeux, tout en respectant les diverses ambiances du film.


La vraie claque du film nous vient de la réalisation. On ne va pas être surpris de la qualité du travail de Danny Boyle, qui nous a déjà bien botté les fesses dès "Trainspotting", il y a bien longtemps de ça. Après un "Slumdog Millionnaire" que certains ont trouvé un peu too much (j'en fais partie), l'aspect clipesque, un peu moins prononcé ici, colle parfaitement avec le thème, et renforce même l'impression de solitude, procurant rapidement une empathie forte pour Aron. Une empathie indispensable pour l'intensité émotionnelle de la dernière partie du long-métrage. On assiste ainsi à une succession d'effets ou de petites trouvailles assez impressionnantes, comme le plan de l'intérieur de la caméra ou le bruitage qui fait rimer nerf avec larsen.


Autre aspect important de la réalisation, la mise en avant de Dame Nature, si belle et si puissante, et à côté de laquelle Aron n'est que peu de choses. Des images d'une beauté magique, des décors de rêve que l'on ne doit cependant jamais sous-estimer. La scène de la "piscine" dans le canyon donnera à tout le monde l'envie d'être à la place du héros, qui sera bien vite rattrapé par sa petitesse par rapport au Monde. En tout cas, je ne peux que vous conseiller de voir ce film en HD, pour profiter pleinement du spectacle.


Enfin, on ne peut parler de ce film sans parler de la grande performance de James Franco, vu notamment dans Spider-Man, qui réussit à nous faire ressentir toutes les étapes émotionnelles traversées par son personnage. Colère, réflexion, délire, hallucinations, désespoir, renoncement, et finalement, cet instinct de survie, plus fort que tout, nourri qu'il est par ses souvenirs du passé et ses espérances pour le futur. La scène de la remise en question, tournée façon show télé, est juste exceptionnelle, pleine de dérision. Et la scène finale est émotionnellement réussie.


Danny Boyle n'est pas forcément un réalisateur qui rassemble, l'aspect parfois démonstratif de sa mise en scène pouvant agacer par moments. Mais force est de reconnaître que celle-ci colle parfaitement au thème de ce film et que ce "127 Heures" est parfaitement maîtrisé. A la fois drame et divertissement, un excellent moment de cinéma, à passer seul ou à plusieurs.


16/20


mercredi 6 juillet 2011

Live Report: Crystal Castles, Casino de Paris, 05-07-2011






Crystal Castles donne, pour ceux qui ne connaissent pas, dans une sorte d'electro à tendance punk, parfois mélangée à des sons de jeux vidéos. Leur son est assez sale sur la moitié de leurs compositions, ce qui, même si j'étais content d'aller les voir pour la première fois hier, m'inspirait quand même une petite appréhension pour le live. Cette appréhension s'est avérée tout à fait fondée!


En première partie, Dam Mantle, originaire de Glasgow, a essayé de chauffer la salle mais il a semblé un peu seul dans son délire. Il faut dire que son volume sonore fût bien limité par la salle, la différence avec Crystal Castles étant plus que flagrante. Quelques bonnes sonorités par moments, une dernière très bonne chanson, mais son electro était dans l'ensemble trop répétitif pour me convaincre.


Avec un quart d'heure de retard, "Fainting Spells" retentit et nous met direct dans l'ambiance. Noir total sur les parties electro posées, grands coups de stromboscope blanc sur les refrains hurlés, je m'attendais à l'apocalypse, je l'ai eu! Que ce soit dans la fosse (insupportables djeun's qui ne savent pas sauter droit sur place...) ou sur scène, tout cela était plus qu' intense. Le problème, c'est que le concert était ... au Casino de Paris. Salle de spectacle parisienne renommée, elle n'en reste pas moins ... une salle de spectacle, et pas de concert. Elle a la réputation de beaucoup résonner, ça n'a pas loupé hier soir. Le son était ingras pendant tout le set, avec ou sans bouchons. Sous prétexte de puissance, les canadiens, bien aidés par la salle, ont ruiné la plupart des titres, notamment les plus puissants. En atteste ce rappel, où j'ai reconnu un titre et demi sur trois, et encore, grâce au passage calme de "I Am Made of Chalk"... Autre exemple, "Empathy", où comment passer 4 minutes sans chant, vu que personne ne semble s'être rendu compte du problème technique. Finalement, seuls des morceaux tels "Celestica" passaient bien, car moins bruitistes, plus mélodiques.


Autre critique, moins acerbe tout de même, Alice Glass est censée être la nouvelle papesse de l'electro. Elle est une très bonne show-woman, certes, mais elle devrait apporter plus de nuances à son chant et ses cris en live. Au vu de la richesse du travail des voix effectué sur disque, une bonne adaptation s'impose en concert, sous peine de déception. Légère. Parce que la demoiselle compense avec une énergie folle et une furie beaucoup trop rare.


Grosse déception donc, mais je ne dirai pas que c'était mon premier et dernier concert de Crystal Castles, je leur laisse le bénéfice du doute et espère les revoir dans de meilleures conditions. Par contre, c'était sûrement mon dernier concert au Casino de Paris. 
Sur disque, notamment le dernier, Crystal Castles est une envoûtante messe noire. Hier soir, cela ressemblait plus à un exorcisme bruitiste. Quitte à partir dans le délire, j'attendais au moins le sacrifice de quelques vierges en fin de concert, il y aurait eu de quoi faire. Mais même pas. J'espère vraiment revoir les Canadiens dans une meilleure salle en tout cas.



vendredi 1 juillet 2011

Metronomy - The English Riviera (2011)





"The English Riviera", 3ème album des anglais de Metronomy, tire son nom d'une région du sud de l'Angleterre, d'où le groupe est originaire. Après deux albums electro, Joseph Mount et sa (nouvelle) bande nous ont concocté une sorte d'hommage en musique à la région de leur coeur. Pour être en accord avec l'ambiance particulière de ces doux bords de mer, le tout frais quatuor pose une ambiance beaucoup plus acoustique que dans les deux premiers opus, où s'impose tout naturellement la nouvelle section rythmique, composée de la belle Anna Prior à la batterie et de Gbenga Adelakar à la basse. En live du moins, car en studio, Mount reste l'homme à tout faire, la tête pensante des chansons de Metronomy.


D'entrée, l'ambiance de cette riviera est posée. Un sentiment de détente, de sérénité, de vacances en fait, nous envahit et nous accompagnera pendant 45 minutes. Avec des nuances tout de même. "We Broke Free" nous présente la nouvelle parure acoustique du quatuor, avec une vraie batterie, et plus de guitares que de claviers. La production aussi nous frappe tout de suite, le groupe voulait un son très 70's et le résultat est plus que probant. Tout en restant moderne, le son nous insuffle une sorte de nostalgie qui pourrait bien se transformer en intemporalité. Même le mastering n'est pas trop poussé, ce qui est plutôt agréable en ces temps de course au gros son. Et le visuel du disque confirme la cohérence de l'ensemble.


L'album fait montre d'une belle palette de nuances différentes. La petite ritournelle pop "Everything Goes My Way" donne dans la naïveté, alors que l'imparable premier single, "The Look", n'oublie pas de rajouter un peu de profondeur. On ressent même de la nostalgie, de la gravité avec le presque triste "Trouble", très French Touch dans l'esprit (il aurait pu figurer sur une BO d'un film de Sofia Coppola), comme pour nous rappeler que ces moments paisibles ne sont qu'éphémères, si éloignés qu'ils sont de notre univers quotidien.


Ceux qui connaissent les deux premières livraisons de l'ami Mount et de ces complices seront peut-être décontenancés par ce quasi concept album. Heureusement, ceux ci n'oublient pas non plus d'où ils viennent. L'excellent "The Bay" nous entraînera dans son univers disco, là où le titre de clôture, "Love Underlined", sonnera bien electro. Les sons Wurli-Moog-Juno sont toujours là, notamment sur "Loving Arm" et "Some Written", pour nous rappeler le goût du groupe pour les années 80, la new wave ("Corinne") et autres très agréables kitcheries.


Bien que sur un thème précis, ce "English Riviera" sait donc se faire suffisamment varié. La qualité d'écriture est là, peut-être même plus qu'avant. A moins  que ce ne soit qu'une question de forme, influencés que nous sommes par le côté acoustique.


Avant, il y avait le tube de l'été, Metronomy nous sort le disque de l'été, non pas par sa qualité, même si celle ci est indéniable, mais par son atmosphère. Il manque un petit quelquechose, un peu de profondeur peut-être pour en faire un album référence. Mais la nouvelle configuration du quatuor nous laisse présager de belles choses pour l'avenir. En attendant, avec ce 3ème album, on est déjà en vacances. Et vous savez ce qui est bien? C'est qu'il pourra resservir l'année prochaine, et les suivantes si affinités!


15/20