mardi 7 août 2012

Maison et Jardins de Claude Monet, Giverny



Pas très loin de chez moi se situe un endroit que je n'avais jamais visité. C'est souvent comme ça, vous allez me dire. C'est au fin fond de l'Île de France (mais à seulement une heure de Paris), à Giverny précisément, que le peintre Claude Monet s'était installé, et s'était construit un univers fleuri, propice à la fois à sa création et à sa vie de famille. Je ne suis pas un fana des Impressionnistes mais j'aime bien Monet, j'ai donc profité de ce dimanche éclairci pour visiter sa maison et ses jardins.




La visite commence par le jardin principal, et l'on se retrouve d'emblée au milieu d'un nombre incalculable d'espèces florales. Niveau forme, rien de spécial, de grandes allées, des plus petites, rien d'extravagant, mais en même temps, Monet était un peintre, pas un roi. On se fraie un chemin au milieu des innombrables touristes en espérant se relaxer parmi toutes ces belles fleurs, que le peintre faisait venir de tous les endroits du monde. Dommage qu'elles ne soient pas plus indiquées par de petits panneaux, cela aurait pu être intéressant de connaître leur nom ou leur origine. Mais cela ne nous empêche pas d'en prendre plein les yeux, les couleurs sont belles et vives et le jardin est bien entretenu, à la fois propre et un peu sauvage.


On entre un peu plus dans l'intimité du peintre en visitant sa maison. La décoration a été conservée, elle donne une idée des goûts de l'artiste, notamment pour les couleurs vives ou les estampes japonaises. Le salon bleu est la première pièce visitée et est, avec la salle à manger (jaune vif), le point d'orgue de la visite. On appréciera aussi l'atelier, parfaitement située avec ses grandes vitres, même si certains regretteront que les peintures exposées ne soient que des répliques. Les originaux ne peuvent bien sûr pas être partout. Après la superbe salle à manger jaune, la cuisine et ses éléments cuivrés terminent la visite, et la sortie sur la mini-terrasse et les jardins fait son petit effet, on imagine le bien-être du peintre à profiter de ce paysage au quotidien. 




On traverse le jardin (et la nationale...) pour visiter le jardin d'eau et le pont japonais, passage obligé et attendu des fans de Monet, puisque c'est ici qu'a été peinte la série de tableaux "Les Nymphéas". Le dépaysement est ici un peu plus prononcé! Le petit ruisseau, les petits ponts, les bambous, et bien sûr le célèbre étang et ses nombreux nénuphars. Un endroit magnifique où l'on pourrait rester des heures, et l'on comprend tout à fait la source d'inspiration qu'a pu être ce coin de nature. Le circuit est bien fait, et on ne perd pas une miette des différents coins du jardin d'eau. On s'attarde forcément sur le célèbre pont japonais, à contempler l'étang et sa flore. Un très joli moment!




Si vous aimez Monet, la visite de Giverny est fortement conseillée. Le musée des Impressionnistes, à quelques pas, ainsi que de nombreux restaurants vous permettront de compléter votre journée. Mon seul regret fût de ne pas voir plus d'espèces animales au milieu de ce paradis floral. Deux ou trois poules d'eau, quelques bourdons, quelques carpes, c'est peu dans un tel paradis. Où sont passées les oiseaux et les abeilles? L'amoureux des animaux que je suis chipote sûrement et ne pourra tout de même que vous conseiller la visite de cet endroit, que vous aimiez l'art, la nature, ou les deux, comme le propriétaire.






vendredi 3 août 2012

Quicktest Musique!





- M83 - Hurry Up, We're Dreaming (2011):
Qu'il m'est difficile de juger M83... Le groupe reprend tellement tous les gimmicks des années 80 que l'on se demande s'il n'y a pas un peu d'opportunisme dans tout ça. Musicalement, pas grand chose à dire, c'est du bon, et même si le double album n'était à mon goût pas obligatoire, on ne peut pas reprocher grand chose à cet album, qui possède même quelques perles. Les nostalgiques des 80's adoreront!


13/20



- Stuck In The Sound - Pursuit (2012):
Petits chouchous de la (pauvre) scène rock française, les Stuck reviennent avec un 3ème album plus ambitieux, plus mâture, plus accessible aussi. Le single "Brother" est d'une classe absolue, "Pursuit" et son excellent clip en hommage au ciné des années 80 envoie sévère et le reste de l'album est de très bonne facture. Un groupe à part en France. A écouter absolument!


15/20





mercredi 1 août 2012

Les Maîtres du Désordre - Musée du Quai Branly (Paris)





Depuis ses débuts en avril, cette exposition n'a cessé d'attiser ma curiosité, de par sa thématique et son originalité. Complètement inclassable dans sa forme, "Les Maîtres du Désordre" est une exposition de fond sur le thème des forces positives et négatives qui maintiennent l'univers en place. Cette tension, ainsi que sa (tentative de) résolution, est ici représentée par des costumes, des statues, des peintures, des sculptures, des oeuvres modernes, et même des courts-métrages ou des reportages. Structurée en trois parties, et très bien mise en scène par les architectes Jakob+MacFarlane, l'expo nous emmène dans les tréfonds de l'âme, évoque le bien et le mal et nous réfléchir sur les forces qui nous entourent.




C'est le désordre du monde qui nous est d'abord logiquement présenté. Les représentations des puissances maléfiques se succèdent, qu'elles viennent de la mythologie grecque ou de croyances plus locales, plus obscures. On voit que même l'existence éventuelle de dieux est une preuve d'ambivalence, il n'y a pas d'ordre sans désordre, pas de perfection sans chaos. 
On observe ensuite de nombreux costumes de chamanes, souvent magnifiques, parfois inquiétants, pour nous introduire à la famille des intercesseurs, c'est-à-dire ces êtres qui font le lien entre le divin et le profane. Ces esprits intermédiaires essaient de réguler les forces en présence grâce à leurs rites , leurs voyages cosmiques et autres métamorphoses. Cette maîtrise du désordre, la deuxième partie de l'expo est la plus importante et nous présente des oeuvres mémorables, comme le "Jardin d'Addiction" de Christophe Berdaguer et Marie Péjus.








Après un détour par l'épicerie des forces, et des parenthèses sur la maladie ou l'exorcisme, on rentre dans la troisième partie de l'exposition, la Catharsis. Elle nous parle du musiqué, des fêtes de désordre et autres cérémonies qui permettent de mettre en suspens le chaos. Ces exutoires sont représentés par des photos de transe, des costumes extrêmes et, enfin, par des oeuvres modernes montrant que l'art profane et l'expression des pulsions permettent l'expulsion du désordre.  Mais aussi la preuve de son existence.








Voir une exposition sur un thème précis est une expérience différente, surtout sur un thème aussi fort que celui-ci. Certains trouveront ces "Maîtres du Désordre" un peu dérangeants, et certaines oeuvres sont choquantes ou terrifiantes. Mais on ne peut nier les profondeurs de ressenti et de réflexion qui leur sont liées, ce qui en fît, à mes yeux en tout cas, une exposition majeure dans le paysage artistique. Une très belle expérience!