- Crystal Fighters - Star of Love (2010): Un groupe electro qui commence par Crystal? Original... Va falloir être au niveau musicalement. Au début, le bât blesse sérieusement, cette auberge espagnole musicale laisse songeur. Sans ligne directrice artistique évidente, ce mélange bâtard electro-acoustique finit par nous interpeller par l'intermédiaire de quelques titres bien sentis et de bonnes idées. Léger, estival, et au final, bien sympathique. 13/20
- Le Prince Miiaou - Fill The Blank With Your Own Emptiness (2011): On pourrait situer Le Prince Miiaou dans la lignée des chanteuses rock françaises à la Mademoiselle K.. La différence se fait au niveau de la qualité, Maud-Elisa Mandeau ayant la bonne idée d'hausser le niveau de jeu. Le style est indé, les mélodies sont discrètes mais présentes, ce qui permet de partager au mieux sa sensibilité. Rien d'exceptionnel, ça manque de couleurs, notamment sur certains titres plus pauvres en arrangements, mais un album tout de même correct. 11/20
- Lady Vegas (2012) de Stephen Frears, avec Rebecca Hall et Bruce Willis: Rebecca Hall est parfaite dans son rôle de jeune fille niaise qui débarque à la ville. Elle apporte une énergie et une fraîcheur salutaire, et se met au niveau des cadors que sont Bruce Willis ou Catherine Zeta-Jones, impeccables. Quant au reste, pas grand chose à signaler, Frears fait le minimum, s'appuyant sur une histoire légère mais sympathique. 12/20 - Total Recall, Mémoires Programmées (2012) de Len Wiseman, avec Colin Farrell et Kate Beckinsale: Tout commence comme une vaste paraphrase du film d'origine, et on se dit que ce remake va être un dur moment à passer. Puis le sujet se met en place petit à petit. L'intérêt augmente car le thème, bien que connu, n'en reste pas moins convaincant. Mais la réalisation et les effets spéciaux sont beaucoup trop tape à l'oeil et fatigueront plus qu'ils n'impressionneront. Un remake de bonne facture, mais peu utile. 11/20 - Monstres & Cie (2001) de Pete Docter, David Silverman et Lee Unkrich: Il n'a pas fallu longtemps pour que Monstres & Cie devienne un classique de chez Pixar. Idéal pour les enfants et devenu culte pour les plus grands, voici un film d'animation ludique et sérieux à la fois, à la réalisation parfaitement maîtrisée. Les thématiques sont intelligentes et la fin est géniale. Un pur moment de bonheur, à voir et à revoir, seul, entre amis ou en famille. 16/20 - Magic Mike (2012) de Steven Soderbergh, avec Channing Tatum et Matthew McConaughey: Soderbergh aux commandes d'un film de chippendales? Il y avait de quoi se poser de grosses questions. Pourtant, ça passe. L'ensemble est réussi, on passe un bon moment. Dommage toutefois que le film ne soit ni sérieux ni loufoque. Ce manque de parti-pris rendra du coup le film oubliable. 13/20
- Deerhunter - Halcyon Digest (2010): Derrière ce nom, sûrement en hommage au film de Cimino, et cette fascinante pochette, se cache un groupe de rock indé ayant évolué vers un folk rock à tendance électronique et ambiante. Le mélange des genres est des plus réussis, tour à tour ambiant, intimiste, hypnotique. Toujours inspiré en tout cas, leur quatrième album envoûte et saura vous convaincre sans trop de problème. 15/20
- Of Montreal - Paralytic Stalks (2012): Kevin Barnes et sa bande continuent dans la lignée de "False Priest", et ce psychédélisme moderne leur va toujours à ravir. Encore plus cintré que son prédécesseur, ce "Paralytic Stalks" plaira à coup sûr aux initiés. Pour les autres, espérons qu'Of Montreal réussira tout de même à rallier quelques courageux à sa cause . Encore un très bon album en tout cas! 15/20
"Neaaar, Faaaar, Whereeeever you..." ... Pardon, mauvais réflexe... Ceci dit, il est tout de même intéressant de voir que, pour beaucoup, le mot Titanic est à ce point relié au film de James Cameron. Nos esprits ont fortement été marqué et en allant voir cette expo, on se demande si l'on va croiser Leo et Kate au détour d'un couloir, ou, cauchemar absolu, si la douce voix de Céline va nous accompagner durant toute la visite. Mais il n'en est rien, et l'exposition repose vraiment sur le drame de 1912, nous présentant notamment nombre d'objets remontés des abysses (James? Encore un mauvais réflexe, désolé...). L'authenticité validée, voyons maintenant si la qualité est également au rendez-vous.
Le prix de l'entrée met la pression en tout cas. En prévente, on est à plus de 18€ (un peu moins cher sur place, mais avec la file d'attente). Ce n'est pas donné, et l'événement a du coup encore plus intérêt à être à la hauteur. D'autant que j'avais en amont entendu parlé du photo-montage à l'entrée, sur fond vert, à 7,50€, la réputation du Paris Expo en matière d'exposition (la deuxième seulement après Toutankhâmon, si je ne me trompe pas) prendrait franchement du plomb dans l'aile si on en avait pas pour notre argent. Mais il n'en est rien, et si je parle de ces deux points noirs en premier, c'est que le reste de la visite ne souffre d'aucun défaut majeur.
Dès le début, l'audioguide inclus est une première bonne nouvelle et légitimise le prix. Il nous est distribué avec une carte d'embarquement (le boarding pass ci-dessus) qui constituera un excellent souvenir. Plus que cela, chaque carte porte le nom d'un des passagers du Titanic, avec une description de cette personne, ce qui permet de nous identifier une première fois aux victimes du naufrage. La visite se fait dans l'ordre des événements, présente le Paris de l'époque, le paquebot et ce qu'il représentait, quelques personnages importants, nous raconte l'embarquement et le fonctionnement général du bateau. Puis l'on monte à bord. La reconstitution des couloirs, impressionnante, convainc et met dans l'ambiance les derniers sceptiques. La vie à bord nous est contée, et on nous présente nombre d'objets remontés des profondeurs. Des valises, des assiettes et des couverts, des pièces techniques, ou encore des biens ayant appartenus aux passagers, on apprécie à sa juste valeur la conservation de ces objets, et de petites histoires commencent à trotter dans nos têtes. Plus de doute possible, nous sommes à bord du Titanic.
La visite change tout à coup d'ambiance. Les pièces s'assombrissent, une impression de froid nous envahit, et l'éclairage rouge de la salle des machines nous confronte à la suite des événements. Il y a du monde à impressionner, la vitesse est augmentée, et les menaces d'iceberg, bien que présentes, ne sont pas prises au sérieux. L'environnement sonore est particulièrement soigné, avec des effets et des bruitages en accord avec les faits, le tout avec une discrétion nécessaire. L'impact nous est raconté comme un compte à rebours, avec les horaires à la minute de ce qu'il s'est passé. Les communications de New York, les échanges avec les navires alentours, les signaux d'alarme ne manquaient pourtant pas. Facile à dire quand on sait ce qu'il s'est finalement passé.
Et c'est là toute la force de l'exposition, elle s'appuie, et tout le monde le sait, sur des faits réels. Pas étonnant que le film soit si réussi, le Titanic, c'est le drame "idéal" à raconter, à mettre en scène. Un paquebot insubmersible, une arrogance humaine que la Nature s'empresse de remettre à sa place, même l'histoire du Capitaine Smith, est digne des meilleurs scénarios puisqu'il devait prendre sa retraite, et s'accorde finalement un dernier voyage, pour finir sa carrière en grandes pompes. Et en tant que visiteur, tout cela a son importance. On revit un peu l'histoire, et chose intéressante, on la revit différemment qu'en regardant le film de James Cameron, pourtant fidèle aux événements. On est plus impliqué, et plus proche du réel que du scénarisé.
La collision est racontée de manière plus scientifique, avec des reconstitutions sur écran de la façon dont l'impact s'est produit, et dont le Titanic a coulé. Une salle entière est consacrée aux recherches en fonds marins, nous montre dans quel état est le navire cent ans après, notamment grâce à un mini documentaire de plongée, en 3D. Immersion réussie. L'organisation qui s'occupe de ces recherches nous informe également sur ce qu'il risque de se passer ces prochaines années, l'épave n'étant évidemment pas éternelle. Et on termine l'exposition comme on l'a commencé, avec une maquette du Titanic.
Quoiqu'il reste encore une salle, et non la moindre. On a affaire à un drame humain, avec un nombre de victimes impressionnant. Une dernière pièce leur est consacrée, avec des effets personnels présentés pour certains, une petite histoire pour d'autres, et enfin, la liste des passagers écrite solennellement sur un mur. Notre carte d'embarquement a bien fait son travail, et un réflexe d'empathie nous force à aller voir si l'on a survécu. Et c'est ainsi, sur ces nombreux arguments que moi, madame Edwin Nelson Kimball Jr, née Gertrude Parsons, survivante du RMS Titanic, ne peut que vous conseiller d'aller voir cette belle exposition, à mi-chemin entre le drame absolu et le grand spectacle qu'il a généré.
- Blanche-Neige et le Chasseur (2012) de Rupert Sanders, avec Kristen Stewart et Charlize Theron: Parfois, il arrive que le mieux soit l'ennemi du bien. A vouloir trop en faire, ça finit par se voir, notamment au niveau de la réalisation, qui tient à tout prix à nous en mettre plein les yeux, sans être franchement maîtrisée. Dommage, car tous les éléments étaient là pour se retrouver avec une très bonne adaptation du conte, avec ce qu'il faut de noirceur et de profondeur. Pas mal quand même. 13/20 - World War Z (2013) de Marc Forster, avec Brad Pitt et Mireille Enos: Un bon film d'action, un bon blockbuster, idéal à voir en ce début d'été, avec un Brad Pitt, qui, comme à son habitude, porte le projet sur ses épaules tout du long. Par contre, la déception sera de taille pour tout ceux qui s'attendaient à un film de zombie. Il n'en est rien et le Z dans le titre est quand même une sacrée tromperie sur la marchandise. 13/20 - Sunshine (2007) de Danny Boyle, avec Cillian Murphy et Chris Evans: "Sunshine" résume ce qu'il s'est fait de mieux en matière de film de l'espace. L'angoisse d'"Alien", l'épopée façon "Mission To Mars" et la réflexion (en moins métaphysique) de "2001, L'Odyssée de l'Espace". Le tout avec la patte de Danny Boyle à la réalisation, et une ambiance à couper au couteau. Un film référence, un de plus pour le metteur en scène anglais. 17/20 - War Games (1983) de John Badham, avec Matthew Broderick et Ally Sheedy: On est d'accord que ce film a 30 ans?! Le meilleur des 80's, avec des personnages plus qu'attachants, un scénario très bien foutu, à la fois malin et distrayant, et qui se paye en plus le luxe d'une réflexion finale intelligente. Une petite pépite des années 80, peu connue mais de qualité. A découvrir donc. 14/20
J'ai bien failli ne pas aller voir cette exposition. Je ne dis pas ça parce que j'y suis finalement allé à deux jours du terme, mais bien parce que j'ai vraiment hésité à la visiter. Vu le thème, avouez que c'est plus qu'étonnant, la musique et le cinéma étant mes deux plus grandes passions. Comment l'expliquer? La "faute" en revient au mystère qui entoure cette expo. Rien n'a filtré, très peu de photos, très peu d'informations, du coup, les deux thèmes étant finalement bien vastes, je ne pouvais pas vraiment me faire d'idée précise sur son contenu. Comme quoi, un minimum de médiatisation ne fait pas de mal parfois.
Pas de regrets pour moi en tout cas, je me suis rendu vendredi après-midi à la Cité de la Musique pour faire honneur à deux thèmes qui me sont donc très chers. Plus que la musique et le cinéma, il y a ce troisième élément qui me fascine, qui m'obsède même parfois, c'est le rapport entre le son et l'image. Ils sont, de mon point de vue, complètement indissociables, et alimente ma création. Tout le monde sera a priori d'accord avec moi sur ce lien étroit, mais il est aussi évident que sa concrétisation à l'écran peut avoir diverses origines. Et c'est ce que cette exposition montre le mieux. La musique peut être la source d'inspiration d'un film ou s'y adapter. Elle peut être préexistante ou être composée spécialement pour l'occasion. L'expo nous présente tous les cas de figures, avec à chaque fois de superbes photos, de beaux objets, et un système d'écoute, au casque, pour mettre les mélodies sur les mots. De "Yellow Submarine" aux "Parapluies de Cherbourg", en passant par "The Artist", le panorama est complet et l'on voit bien que les possibilités sont multiples.
Dans sa construction, l'exposition comporte trois parties, plus une quatrième à l'étage inférieur. Elle nous explique le rapport entre la musique et le cinéma, avant le tournage, pendant, puis après, ce que l'on appelle la post production. La scénographie est pour le moins impressionnante. C'est sûrement l'une des raisons de cette médiatisation plus que relative. Moquette rouge, caisses de matériel audiovisuel, l'ambiance des salles obscures se marie au classieux d'un festival de Cannes par exemple, le tout sublimé par un éclairage totalement maîtrisé. C'est sublime et totalement dans le thème. Au niveau -1, on trouve une salle de projection, avec des séquences de quelques minutes de grands moments de cinéma, littéralement portées par leur musique. "Amélie Poulain", "Le Dictateur", "Lawrence D'Arabie", "Apocalypse Now", tous les styles, toutes les époques sont représentés, pour ce qui sera sans aucun doute le meilleur moment de l'expo. Car finalement, après une grosse heure de visite, quoi de mieux pour apprécier le rapport entre l'image et le son que de s'asseoir, se taire et en prendre plein les yeux. Et plein les oreilles? Aussi, certes, mais s'il y a bien quelque chose que l'expo nous apprend, c'est que la musique, aussi belle soit-elle, sera toujours au service des images, du réalisateur, de l'histoire. Bref, au service du film.
Malgré tout, un gros point noir est quand même à constater. Le manque de place vient gâcher certaines parties de la visite, au point que certaines choses sont difficiles à voir, à moins de vraiment s'armer de patience. Par exemple, le reportage sur l'enregistrement de la musique est projeté dans un box contenant quelques personnes, et il faut attendre un turnover pour le visionner dans de bonnes conditions. Ainsi, à moins de fortement prolonger le temps de visite, il faut parfois faire une croix sur quelques documents. Dommage, même s'il en faut plus pour gâcher la qualité de l'ensemble. De toute façon, visiter un musée ou une grande expo à Paris sans personne à l'intérieur relève souvent de l'utopie!
Manquer ce "Mariage du Siècle" aurait donc été dommage. Même si les thématiques me sont plus que familières, j'y ai soit appris de jolies choses, soit conforté une vision, une approche du rapport image-son qui est vraiment très importante pour moi. Forte d'une scénographie géniale, et d'un final idéal, à défaut d'être original, la Cité de la Musique nous a encore une fois proposé un moment de qualité, confortant bon nombre d'entre nous dans notre amour de la musique et du cinéma.
- Le Prénom (2012) d'Alexandre de la Patellière et Matthieu Delaporte, avec Patrick Bruel et Charles Berling: Souvent très drôle, "Le Prénom", adapté de la pièce qui avait cartonnée à Edouard VII, souffre malheureusement de son origine théâtrale. L'histoire tombe dans une surenchère dramatique qui gâche beaucoup, et les comédiens sont apparemment restés sur les planches, ce qui peut être par moments très pénible. Bonne pièce, mais on n'a pas l'impression de passer du côté du 7ème art. 10/20 - 21 Jump Street (2012) de Phil Lord et Chris Miller, avec Jonah Hill et Channing Tatum: Quelques minutes après le début du film, le problème de la légitimité est balayé en une blague bien sentie, on rentre du coup très rapidement dans ce délire vraiment bien foutu. Très drôle, le scénario est suffisamment bien écrit pour ne pas être un simple prétexte à l'enchaînement de blagues. Et un cameo de luxe finira de nous convaincre. Une bien bonne comédie! 14/20 - Die Hard: Belle Journée Pour Mourir (2012) de John Moore, avec Bruce Willis et Jai Courtney: Autant le quatrième volet pouvait encore être considéré comme un semi-échec, donc comme une semi-réussite, autant celui-ci ne laisse aucun doute. Raté de bout en bout, que ce soit dans les scènes d'action, complètement tape-à-l'oeil, les dialogues, les personnages. Certains studios devraient faire le point avec leurs orteils avant de proposer des suites à tout prix. 05/20 - Madagascar 3, Bons Baisers d'Europe (2012) d'Eric Darnell, Tom McGrath et Conrad Vernon: A force de vouloir nous en mettre plein la vue, on perd l'essence même de la franchise, tant tout est surjoué. Après deux bons épisodes, on assiste donc à un premier faux pas. Certains studios devraient faire le point avec leurs ort... Euh... Enfin, vous avez compris... 09/20
- Kendrick Lamar - Good Kid, M.A.A.D. City (2012): Quand on aime le hip-hop sans en être fan, il est dur de trouver un album sortant du lot et des clichés du genre. Dans le top 10 de beaucoup de rédactions musicales en 2012, et supervisé par Dre, l'album de Kendrick Lamar fait figure de bol d'air dans le monde du rap. Un flow intéressant, des instrus de qualité, variées, et une production au sommet. Du très bon hip-hop. 14/20
- The Smashing Pumpkins - Oceania (2012): Les Smashing montent quand même d'un cran par rapport à "Zeitgeist", album de la reformation, plus que discutable, notamment dans sa production. Ceci étant dit, Corgan reste Corgan, et les Smashing restent les Smashing. Finies l'identité et la classe d'antan, "Oceania" n'atteint jamais la qualité de composition des premiers albums. A réserver aux nostalgiques. 11/20
- Microcosmos: Le Peuple de l'Herbe (1996) de Claude Nuridsany et Marie Pérennou: Un magnifique voyage dans l'infiniment petit, qui nous montre à quel point la faune ne se résume pas aux chiens et aux chats. Le reportage est superbe, les images impressionnantes. Cinématographiquement, on ne peut que reprocher à Microcosmos de ne pas dépasser la barrière du documentaire. Mais cela n'enlève en rien son intérêt. 13/20 - Blanche Neige (2012) de Tarsem Singh, avec Julia Roberts et Lily Collins: Ce "Blanche Neige" souffre de la contradiction entre la vision artistique très personnelle de Singh et le traitement global fortement commercial. Résultat, malgré certaines scènes intéressantes, cela ne fonctionne pas. Il reste du coup 2 énigmes à résoudre dans ce film: le numéro de Bolywood en scène de fin, et les sourcils outrageux de Lily Collins!! 10/20 - Perfect Sense (2012) de David MacKenzie, avec Ewan McGregor et Eva Green: Comme cela arrive souvent, le savoureux pitch de départ (un virus nous fait perdre nos cinq sens les uns après les autres) se retrouve maltraité. Ici, c'est l'histoire d'amour qui vient parasiter l'épidémie, au point que ni l'un ni l'autre des sujets ne tiennent leur promesse. Pas si mauvais, mais quand même, un grand gâchis. 10/20 - My Week With Marilyn (2012) de Simon Curtis, avec Michelle Williams et Eddie Redmayne: Une très belle performance de Michelle Williams, mais aussi des acteurs qui l'entourent, notamment le jeune Redmayne. Mais l'on n'assiste cependant à rien d'exceptionnel, la faute à une histoire un peu trop pépère (une semaine de la vie de Marilyn et pas toute sa vie) et une réalisation sans aucun parti-pris. 12/20
Très important de faire un article sur une exposition qui est terminée! Du vrai travail d'actualité! Je me suis demandé s'il y avait un intérêt et finalement, oui, vous entendrez parler d'Eugène Boudin, c'est toujours ça. J'ai donc vu cette exposition dans ses derniers jours, puis je suis parti en vacances, ce qui ne m'a pas permis de la chroniquer avant. Je décide de vous en faire un petit topo quand même, car ces paysages impressionnistes risquent de vous embarquer bien loin, de vous dépayser et de vous changer les idées. Idéal en ces périodes de congés d'été, qui ne sont pas finies pour tout le monde. L'expo Boudin est terminée, vive Eugène Boudin!
Nous sommes dans de l'impressionnisme pur et dur. Dans le style bien sûr, dans la localisation des paysages peints également. Eugène Boudin est né à Honfleur, et c'est ici qu'il fit ses premiers pas, en complet autodidacte. Ses débuts sont plus esquissés que finis, il gagnera en précision au fil des années. Deauville et Trouville l'inspirèrent beaucoup, l'artiste leur consacrant nombre de tableaux. Il y peint autant ses plages et que la population bourgeoise qui y passe ses journées. Ses "Scènes de Plage" font d'ailleurs partie de ses oeuvres les plus célèbres, de même que le "Concert au Casino de Deauville", présent sur l'affiche de l'exposition. Seul la fin de sa carrière le fera voyager un peu, vers le Sud de la France ou Venise.
La spécialité de Boudin, c'est la mer. Ses rivages, ses plages, ses nombreuses déclinaisons selon la hauteur des marées, il est définitivement un peintre marin. Que ce soit sur la côte normande ou en Bretagne, ou plus au Nord, ce fils de pêcheur devient vite maître en la matière. Mais il ne faut pas oublier son autre qualité. Camille Corot surnomma Boudin le "Roi des Ciels", grâce à l'importance de ses textures atmosphériques, dont le contraste avec les eaux marquèrent bon nombre d'amateurs d'art. Parmi eux, non moins que Claude Monet, qui revendiqua fortement l'influence du peintre d'Honfleur. "Je dois tout à Boudin", disait-il.
On a donc affaire à un des artistes les moins connus de la scène impressionniste. Pourtant, Boudin s'avère être un précurseur, il est de ces peintres ayant beaucoup impressionné et influencé. Est-ce que cela suffit pour faire une bonne expo? La réponse est malheureusement non. Celle-ci n'est pas mauvaise, loin de là, mais ce genre artistique a le défaut d'être parfois redondant. Et c'est le cas pour Boudin, dont les paysages se ressemblent assez souvent. Un tableau nous envoie directement sur la côte normande, nous dépayse en un instant. Mais une centaine de tableaux nous donne juste l'impression que l'artiste n'a pas su se renouveler. Et l'exposition semble parfois longue, alors que la visite se fait en moins d'une heure, ce qui est son autre défaut, paradoxalement.
Ceci étant dit, les amateurs de peinture impressionniste y trouveront leur compte, avec l'agréable surprise de découvrir un précurseur du genre. Il est important de connaître Monet, mais savoir d'où vient Monet l'est tout autant. Juste pour ça, l'expo se doit d'être respectée. Et encore une fois, n'oublions pas le principal attrait de ces quelques chefs-d'oeuvres, cette capacité à nous changer les idées, à nous envoyer loin en une fraction de seconde. C'est ce que je préfère dans l'impressionnisme, et je n'ai pas été déçu à ce niveau là en découvrant l'oeuvre d'Eugène Boudin.
- 360 (2012) de Fernando Meirelles, avec Anthony Hopkins et Jude Law: Un film chorale bien foutu, qui se laisse regarder sans aucun problème. On y trouve même quelques moments de bravoure, apportés par de très grands acteurs. Mais la fin donne l'impression que tout ceci n'est finalement qu'un prétexte, que l'imbroglio est plus important que l'histoire. L'émotion ne l'emporte pas et "360" ne sera rapidement qu'un lointain souvenir. 11/20 - Gatsby le Magnifique (2013) de Baz Luhrmann, avec Leonardo DiCaprio et Tobey Maguire: Après un "Australia" plus posé, le réalisateur est aux commandes d'un des films événements de 2013. Si l'ensemble est également plus calme qu'un "Moulin Rouge" par exemple, on retrouve régulièrement les excentricités qui font son univers. Sauf qu'ici, on évite le too much habituel pour tomber dans le grand n'importe quoi, tant les choix artistiques vont à contre-sens de l'histoire. Les acteurs sont géniaux et évitent quelque peu le naufrage. Je n'ai jamais été fan du cinéma de Luhrmann, mais là, c'est le film de trop. 09/20 - Martha Marcy May Marlene (2012) de Sean Durkin, avec Elisabeth Olsen et John Hawkes: Le thème des sectes est finalement tellement rare dans les films qu'il en devient la surprise de ce scénario étonnamment bien ficelé. Malgré un format indé US balisé, tout est intelligemment traîté, bien filmé, bien joué, notamment par la troisième soeur Olsen, qui efface en un film tout le passif des jumelles. Subtil et fortement conseillé! 15/20 - Tree of Life (2011) de Terence Malick, avec Brad Pitt et Jessica Chastain: Comme d'habitude, Malick ne laisse pas indifférent. Cette fresque sur la vie est difficile à avaler, par sa longueur et par son traitement. C'est long, c'est pompeux à souhait, et pourtant c'est beau. Beau à couper le souffle parfois. Mais pour les amateurs d'un cinéma classique, "Tree of Life" restera une douloureuse épreuve. Si les mots contemplation métaphysique ne vous effraie pas, tentez votre chance. 13/20
- School of Seven Bells - Alpinisms (2009): Quelle claque! Dire qu'il s'agit d'un premier album rend encore plus incroyable la performance du trio, devenu duo depuis. Un mélange de pop aérienne et d'electro complètement maîtrisé, même s'il manque encore de précision dans la production. La vraie réussite, ce sont surtout les arrangements de voix des deux soeurs jumelles, d'une beauté transperçante. A découvrir, et vite! 16/20
-Foals - Holy Fire (2013): Je ne suis pas le seul à penser que Foals est un groupe, pour le moment du moins, un poil surcoté. Leur 3ème album, que voici, est une perle du rock selon les médias, un bon album pour moi, rien de plus. Rien de moins non plus, puisque le groupe a enfin réussi à trouver l'essence de sa musique, pour nous livrer un album cohérent et enfin mature. Foals a grandi, et est dorénavant un bon groupe. Rien de plus. Mais rien de moins non plus. 14/20
"Dynamo". Un siècle et de lumière et de mouvement dans l'art. Voici un titre d'expo qui m'avait bien laissé perplexe lors de sa programmation il y a quelques mois. Difficile de prévoir son contenu, difficile de se projeter et de s'imaginer la visiter. Puis les images circulant sur le web commencent à allécher, et on finit par faire confiance aux programmateurs du Grand Palais. La thématique de l'art cinétique est originale et plus qu'intéressante, elle a également l'avantage de ne pas s'adresser qu'aux amateurs de peinture, mais à tous les artistes. Autant de bonnes raisons de finalement se laisser tenter, par cette étude, à mi-chemin entre l'exposition et l'expérience sensorielle.
"Dynamo", c'est donc de l'art contemporain, même s'il s'étale de 1913 à nos jours. Même les précurseurs qu'étaient Calder ou Duchamp pouvaient être considérés comme des modernistes à leur époque, dans leur façon d'aborder l'oeuvre d'art, autrement, presque de manière physique, dans le sens scientifique du terme. Car réduire cette exposition a une simple convention contemporaine serait une erreur. On a ici tout un questionnement sur l'utilisation de la lumière et du mouvement dans l'art, que ce soit dans le trompe-l'oeil, la déformation de la perception, ou encore dans la mise en situation sensorielle. Des néons aux jeux de miroirs, des ambiances de couleurs aux agressions stroboscopiques, on se retrouve véritablement dans une expérience corporelle, où tous nos sens sont mis à contribution. Cela peut être agressif ou complètement dépaysant, mais peu d'oeuvres nous laissent indifférents.
L'exposition est du coup assez longue, comptez entre 2 et 3 heures de visite. Il est très facile de se laisser happer par l'ambiance. A se perdre dans ces notions d'espaces, on en oublie le temps. Par exemple, on pourrait rester très longtemps dans cette pièce créée par Ann Veronica Janssens, qui reconstitue un brouillard artificiel aux couleurs changeantes. Cette artiste est d'ailleurs pour ma part la grande découverte de "Dynamo". Chacune de ces contributions m'a laissé bouche bée, et son travail sur la couleur et la réflexion m'ont totalement convaincu. Parmi les valeurs sûres, je pouvais compter sur les travaux de Xavier Veilhan ou d'Anish Kapoor pour m'émerveiller. Résultat accompli sans problème avec un merveilleux mobile dans l'escalier pour le premier, et par des miroirs incroyables (entre autres) pour le second. La fontaine enfumée de Nakaya est une merveille, et l'oeuvre finale, signée Felice Varini finit de nous convaincre, grâce à un merveilleux trompe-l'oeil sur la terrasse extérieure.
Les sensations s'enchaînent, on tombe amoureux des formes simples, des couleurs vives, et des mouvements mécaniques, cinétiques, proches de l'obsession et de la fascination scientifique. "Dynamo" est, comme je le disais au départ, à mi-chemin entre l'exposition et l'expérience. De ce fait, il m'est assez difficile de vous la raconter, la vivre sera pour vous bien plus parlant. Je ne peux en tout cas que vous la recommander vivement, que vous soyez amateurs d'art ou pas, que vous soyez seul ou en famille (les enfants, à partir d'un certain âge, adoreront). Il vous reste une quinzaine de jours, jusqu'au 22 juillet précisément, pour vous abandonner dans les fabuleux méandres de la dynamique artistique. http://www.youtube.com/watch?v=IoCfKD0JlAw
- Holy Motors (2012) de Leos Carax, avec Denis Lavant et Edith Scob: Il serait très facile de dire que ce film est ultra prétentieux (comme il serait facile de dire qu'il est génial, pour se la raconter un peu). Certains passages tendent en tout cas vers le grand n'importe quoi. D'autres montrent heureusement que Carax n'est pas un réalisateur lambda et que son travail, pas facile d'accès, mérite persévérance et réflexion. Mais dans l'ensemble, cette sur-intellectualisation aura davantage tendance à desservir qu'à servir, et lassera bon nombre de spectateurs. 10/20 - Le Lorax (2012) de Chris Renaud: Bizarre que ce film porte le nom d'un personnage qui y apparaisse si peu... Cette fable écolo emprunte pas mal de formules déjà vues et manque considérablement de personnalité. On a du mal à savoir à quel public il s'adresse vraiment. Il est heureusement sauvé par un savoir-faire et quelques excès de mignonneries. Et par son message, qui lui s'adresse à tout le monde. 12/20 - Kill List (2012) de Ben Wheatley, avec Neil Maskell et Michael Smiley: On a frôlé la claque! Une réalisation de haut vol et une bande son complètement ahurissante nous embarque dans cette histoire aux apparences classiques, mais qui se révèle pleine de surprises. L'immersion est totale, le plaisir aussi mais il est fortement gâché par une fin complètement wtf. Dommage, car tout le reste met à l'amende bon nombre de films actuels, indépendants ou pas. On suivra la carrière de Ben Wheatley avec attention en tout cas! 13/20 - Rock Forever (2012) d'Adam Shankman, avec Tom Cruise et Alec Baldwin: Parfois présenté comme un hommage au rock FM des années 80, on ressent en fait plus le côté comédie musicale de Broadway, dont le film est adapté. Du coup, "Rock Forever" sera aussi jugé par rapport à sa bande son, tantôt mignonette, tantôt insupportable, surtout si l'on attend beaucoup du mot Rock présent dans le titre. On retiendra juste les numéros d'acteur de Tom Cruise, excellent, comme souvent, et d'Alec Baldwin. 10/20
- Deftones - Koi No Yokan (2012): Le précédent album des californiens les avait remis en selle de la plus belle des manières. Son descendant direct que voici continue dans la lignée, en étant un poil plus énergique. "Koi No Yokan" garde cette relative simplicité, synonyme d'efficacité, et confirme le regain de forme de la bande à Chino. Il manque peut-être un poil de surprise par rapport à "Diamond Eyes", mais bon, on ne peut pas tout avoir. 15/20
- Rodrigo y Gabriela, C.U.B.A. - Area 52 (2012): Attention, ceci n'est (malheureusement) pas à proprement parler un nouvel album du duo mexicain. Il s'agit de réorchestrations de certains de leurs titres, avec un orchestre cubain. Prometteuse, la recette corrige, sur la plupart des morceaux, le petit défaut de Rod y Gab, à savoir la redondance de leur style. Certains arrangements ne seront pas forcément accessibles pour ceux qui n'ont pas l'habitude du genre, mais l'ensemble est de très bonne facture. Dommage quand même qu'il ne s'agisse pas d'inédits... 14/20
Quelle bonne idée de faire un drive-in, un vrai, à Paris! Tout le monde connaît le cinéma en plein air de la Villette, qui réunit chaque été, gratuitement, des centaines de personnes, plus ou moins fans de ciné d'ailleurs. Mais le confort n'est pas idéal, et sur le papier, ce Cinema Paradiso s'apprête à lui mettre une belle fessée! Pour le cadre d'abord, puisque c'est la magnifique Nef du Grand Palais qui accueillera les cinéphiles. Puis pour tout ce qu'il y a autour aussi, car un environnement à l'améwicaine yeah nous est proposé. Piste de roller, stand de véritables burgers, concours en tout genre... Un événement donc, confirmé a priori par la vente de billets pour les différents films proposés, qui se sont vendus comme des bouchées de pain. Mais comme je le disais, ça, c'est sur le papier...
Commençons par les bonnes choses. Je ne reviendrai pas sur le cadre, superbe, surtout quand la nuit commence à tomber. Parlons ciné, 26 séances, que des classiques, de "Taxi Driver" à "Pulp Fiction", en passant par "Retour Vers le Futur". Pour une première édition, c'est la classe. Le confort des séances ne laisse pas trop de doute, installés que vous serez dans des vrais sièges de ciné, des transats, ou carrément dans des Fiat 500, avec champagne à volonté, pour un prix VIP. Le pass film vous permet de venir en journée pour profiter des attractions et de l'environnement recréé. Mieux, le pass ciné, mais aussi le pass journée, vous permettent de rester aux soirées electro qui ont lieu dans le SuperClub! Au choix, soirées Colette, O'Five, Kitsuné ou la journée Wandertlust, ses séances de yoga et son ambiance flower power. Des concours de baby-foot, de milkshakes, deux expositions, une sur les jeux vidéos et une d'art contemporain, intitulée "L'Echappée Belle", regroupant une cinquantaine d'oeuvres. Un programme très varié, et très riche. Mais où est le problème alors?
Comme je vous le disais. Tout ça, c'est sur le papier. Car en pratique, on a fait le tour des activités en à peine une heure. Pour peu qu'on ne soit pas joueur de baby, qu'on ne passe pas des heures sur la succession de jeux vidéos, qui n'est d'ailleurs pas une exposition (il ne s'agit pas de regrouper de nombreuses, certes, machines ou bornes d'arcade, pour en faire une expo...), le tour est vite fait. De même, à la fin de la journée, on n'aura pas forcément l'énergie de chausser les rollers pour aller sur la piste. Ce qui prend le plus de temps, c'est finalement de faire le tour des différents stands de marque. Et c'est là que le bât blesse. On ne rentre pas du tout dans une ambiance drive-in, mais dans un gigantesque placement produit, même pas dissimulé! C'est flagrant et plus qu'agaçant, car on finit par ne plus voir que ça. Du coup, peut-être qu'un bon repas nous changerait les idées. C'est les canadiens d'Omnivore qui viennent exprès nous préparer leurs spécialités. Mais là encore, 16€ le minuscule menu, avec des chips de base pour remplacer les frites, parce que le stand n'aurait pas les normes de sécurités nécessaires? 8€ la tiny portion de maccaroni and cheese, en ce qui me concerne... Reste à attendre la soirée Colette, pour effacer tout ça.
Heureusement, la soirée est prévue assez tôt, et commence vers 21h. Attendez, en même temps que la séance de ciné, qui a lieu à quelques mètres? Ne vous inquiétez pas, car la séance se fait grâce aux nouveaux casques sans fil anti-bruits de la marque Silence Events... Non, je ne plaisante pas... Bref, la soirée Colette, avec là par contre, Digitalism en live, un tribute à Ed Banger avec Busy P entre autres... Le son raisonne un peu mais l'ambiance est là, la qualité aussi. Le tout, encore une fois, dans un cadre grandiose. Un très bon moment qui fait relativiser un début de soirée, sous forme de pilule à avaler.
Finalement, c'est le prix d'entrée qui déterminera votre niveau de déception. C'est un peu naze de parler d'argent mais c'est vraiment ce que j'ai ressenti. J'ai relativisé facilement avec mon pass journée à 6,50€ en tarif adhérent, au lieu de 11,50€ à la base, qui m'aurait déjà plus embêté. Mais le plaisir d'être dans la Nef, profiter de ce cadre la nuit, et la soirée Colette valaient le déplacement. 20,50€ pour voir un film, je trouvais ça trop cher à la base, mais avec une écoute au casque en plus, qui enlève quand même toute chance de convivialité... Quant au forfait pour deux personnes à 80,50€ pour l'accès à la Fiat Uno, j'espère que le champagne était vraiment bon. Pour cette première édition, ce Cinema Paradiso bénéficie donc de l'aspect événementiel qui l'entoure, et la hype qui l'accompagne. Mais tout ça reste de la théorie, et en pratique, seules les soirées electro et, à la rigueur, l'exposition "L'Echappée Belle", pourtant mal mise en valeur, valent le prix d'entrée. Finalement, Cinema Paradiso, c'est malheureusement le collectif H5, dont une oeuvre est présente, qui en parle le mieux. "In Brand We Trust".
- Woody Allen: A Documentary (2012) de Robert B. Weide, avec Woody Allen: Que l'on aime ou pas Woody Allen, force est de reconnaître qu'il est un personnage plus qu'intéressant, et lui accorder un tel documentaire est des plus logiques. Son rythme de tournage, ses névroses, ses hauts et ses bas, ou tout simplement sa longévité, autant de sujets abordés, et de belle manière, dans ce reportage passionnant, qui se regarde facilement. Conseillé aux fans de Allen, et pourquoi pas aux autres! 14/20 - Cosmopolis (2012) de David Cronenberg, avec Robert Pattinson et Paul Giamatti: Un Cronenberg, comme à son habitude, ne laisse pas indifférent. Et vous serez nombreux à vous ennuyer devant le rythme lent, mais pourtant pas immobile, de Cosmopolis. Les autres apprécieront cette critique acerbe du capitalisme, du point de vue de cette infime frange de la population qui dirige le monde, et le décalage qui peut se créer dans leur tête. Pattinson est au top, le début de sa carrière est définitivement pardonné. 13/20 - En Direct sur Ed TV (1999) de Ron Howard, avec Matthew McConaughey et Jenna Elfman: A l'époque, Ed TV avait souffert de sa concurrence avec le "Truman Show" de Peter Weir. Moins réfléchi, mais pas forcément idiot, le film est en tout cas un bon divertissement, relevé d'un casting plus que sympathique, mais qui, à l'image de certains films du réalisateur, gagnerait à aller plus au fond des choses. On passe tout de même un bon moment. 13/20 - L'Age de Glace 4, La Dérive des Continents (2012) de Steve Martino et Mike Thurmeier: Un 4ème épisode? Le 2 était déjà moins bon, et le 3 m'avait considérablement gonflé, j'ai presque dû me forcer pour regarder ce 4ème volet. Pourtant, la surprise est bonne. Bien réalisé, l'action et l'humour font mouche à nouveau et redonnent des couleurs à la franchise. Mais que ce ne soit pas une raison pour nous pondre 3 ou 4 films supplémentaires hein! 13/20
Cet "Ange du Bizarre" était sans contestation possible l'une des expositions les plus attendues de cette année 2013. Empruntant son titre à un conte fantastique d'Edgar Allan Poe, traduit par Baudelaire, elle se présente de manière thématique et retrace ce courant noir, commun à de nombreuses périodes de l'histoire de l'art, que ce soit en peinture ou en sculpture, qui a attiré bon nombre d'artistes. Cette fascination des ténèbres, des sorcières, des villes mortes et autres paysages inquiétants, a toujours été une réponse aux inquiétudes du quotidien, par la force de l'imaginaire. Ce romantisme noir est ici retracée sous trois périodes, de sa naissance, à la fin du 18ème siècle, aux mutations symbolistes du 19ème, et pour finir, la redécouverte surréaliste du début du 20ème. Un sombre voyage des plus envoûtants!
C'est paradoxalement au siècle des Lumières que remonte les premiers signes de noirceur. La cassure engendrée par la Révolution Française s'est ressentie dans l'Europe entière et ouvre l'esprit des penseurs. Elle ébranle la Raison, et éveille la curiosité de certains artistes, élargissant ainsi leurs modèles de représentation. Delacroix, Blake ou encore Bouguereau, pourtant connu pour un plus grand classicisme, s'inspire de Dante ou de Milton, Füssli peint "Le Cauchemar", et Goya reconsidère tout son art. Le satanisme, la torture, mais aussi des sous-entendus plus érotiques, imprègnent une certaine frange artistique de l'époque jusqu'à devenir un courant majeur. Même la représentation des paysages est touchée, et les romantiques allemands que sont Caspar David Friedrich ou Carl Friedrich Lessing dépeignent des paysages lugubres ou des endroits isolés, inquiétants.
La deuxième partie de l'expo montre les mutations symbolistes lors de la deuxième moitié de 19ème siècle. L'origine est encore sociétale, les troubles engendrés entre autres par la guerre de 1870 influencent à nouveau les courants artistiques. Le monde s'est modernisé, les références littéraires et philosophiques sont encore plus poussées, engendrant un pessimisme inquiétant. Artistiquement, on assiste à de forts partis pris, a l'instar de Munch par exemple, tout en étrangeté. Les paysages sont souvent nocturnes, comme Jozsef Rippl-Ronai ou le superbe "Digue, la Nuit" de Spilliaert, à l'ambiance proche des Noirs d'Odilon Redon (que l'on retrouvera d'ailleurs également).
Un personnage mythologique est fortement présent dans cette partie, il s'agit de la Méduse. De l'hypnotisant bouclier d'Arnold Bocklin à la "Victime" de Gustave Moreau, comme une introduction à l'un des thèmes récurrents de cette période. La Mère-Nature et la femme sont deux symboles déchus, perçues par certains comme des forces destructrices, dont il faut se méfier plus que tout. Les mythes de la sorcière ou du vampire reviennent au premier plan, chez Munch et ses baisers par exemple, qui invitent à différentes interprétations, ou encore chez Moreau, avec cette impressionnante "Apparition".
Enfin, la dernière partie de cette rétrospective nous enverra au 20ème siècle avec la redécouverte du romantisme noir par les surréalistes, et de l'anticonformisme et du contraste de ce courant. Des éléments qui correspondent parfaitement à l'état d'esprit moderniste de Dali, Ernst ou Masson. C'est peut-être la partie de l'expo que j'ai le moins aimé, non qu'elle ne soit pas intéressante, bien au contraire. L'évolution de la noirceur, en lien avec l'absurdité de certains aspects du quotidien (guerre de 14-18), est parfaitement représentée. Mais c'est le nombre d'oeuvres qui pêche, bien moindre que les autres périodes. Plus personnellement, je n'ai pas été touché par les tableaux de Max Ernst, ce qui a un tantinet réduit l'intérêt de cette salle unique. Heureusement compensé par deux très belles peintures de Paul Klee, un "Sans Titre" et "Les Fleurs de Grotte" pour terminer l'exposition.
Entre chaque période de l'histoire, le cinéma est mis à l'honneur avec des extraits vidéos des débuts du cinéma d'horreur. Les premiers grands classiques du cinéma d'horreur que sont "Dracula" ou "Frankenstein", font écho à la thématique cultivée par ces peintres et ces auteurs qui ont osé une autre représentation, plus libertaire, mais aussi plus sombre. Outre ces classiques horrifiques, "Rebecca" d'Alfred Hitchcock, "Les Trois Lumières" de Fritz Lang, ou un extrait du "Chien Andalou" de Dali, venant introduire le surréalisme.
En conclusion, je ne peux que vous conseiller cette superbe exposition du Musée d'Orsay. Et je ne suis pas le seul, car le bouche à oreille est excellent. En atteste la prolongation de deux semaines dont elle bénéficie. Initialement prévue jusqu'au 9 juin, vous avez désormais jusqu'au 23 juin pour lui rendre visite. Mais peut-être vous demandez-vous s'il faut être attiré par certains côtés sombres pour l'apprécier à sa juste valeur? Et bien pas du tout. Comme le précise les explications sur le premier mur de l'exposition, "L'incroyance n'empêche pas de céder aux séductions de l'art satanique".
Sir Ridley Scott revient à la science-fiction, 33 ans après "Alien" et 30 ans après "Blade Runner". Ce fût incontestablement l'un des événements ciné de cette année 2012, vu le nombre de rumeurs ayant accompagné la production de ce projet, dès le départ. Puis chaque news fît l'effet d'une bombe à partir du moment où les mots préquelle et Alien ont été utilisés dans la même phrase. Mais qu'en est-il vraiment? Prometheus est-il vraiment un nouvel épisode de la saga ou n'est-ce qu'un coup promotionnel? Ou un amalgame facile, provoqué par le retour de Scott au style qui l'a fait roi? Ce dernier s'en défend en tout cas, et présente son dernier film comme le début d'une nouvelle mythologie. Mais n'est-ce pas trop tard? Prometheus peut-il quand même exister par lui-même? La première chose qui frappe dans Prometheus, c'est sa relative clarté. Chaque épisode d'Alien est différent l'un de l'autre, dans son style et dans la marque imprégnée par son réalisateur. Mais tous ont en commun une noirceur étouffante, que l'on ne retrouve pas ici. Il y a l'eau, la Terre, la lumière du soleil, y compris sur LV223, lune sur laquelle notre équipage va effectuer ses recherches. Rien à voir avec les planètes inquiétantes de la saga. L'histoire non plus ne partage pas la même humeur. Plus mâture, plus ouverte vers le monde, on parle ici des origines de l'Homme, et même si l'Homme en question va se heurter au même genre de pépins que sur LV426, la ligne directrice est clairement plus optimiste. Tout est construit de manière très scientifique en tout cas, comme pour refléter le côté méticuleux apporté au scénario, plus complet qu'il n'en a l'air. La réalisation de Ridley Scott colle à ses éléments et n'a pas grand chose en commun avec le huit-clos irrespirable de 1979. Au contraire, on pourrait limite lui reprocher cette sagesse. Si bien sûr il s'agissait d'un épisode de la saga. Mais plus on visionne Prometheus, plus cette idée ne semble pas évidente. Les clins d'oeil sont légion, l'ambiguïté est fortement entretenue, mais la différence est là, techniquement, avec sa réalisation classieuse, presque trop propre, sa photographie claire et précise, mais aussi du point de vue des ambiances. Le casting est bon, Noomi Rapace et Charlize Theron assurent, sans jamais faire penser à Ripley, pareil pour Michael Fassbender, parfait en droïde forcément équivoque. Tout va bien donc à première vue, Prometheus semble voler de ses propres ailes. Un premier volet d'une nouvelle mythologie à la thématique principale intéressante (les origines de l'Humanité), qui dépendra quand même beaucoup des épisodes qui suivront. Les choses ne sont évidemment pas si simples...
Le thème premier est donc limpide, mais n'empêche pas les énigmes secondaires. Et parmi elles, les origines ... d'"Alien". On retrouve l'expédition dans l'espace, financée par la célèbre Weyland Company, bien connue des fans de la saga. Un fidèle droïde, évidemment ambivalent, accompagne l'équipage, même si pour le coup, l'effet de surprise est passé, et l'ambiguïté semble parfois un poil forcée. Heureusement, Fassbender fait passer la pilule sans trop de souci grâce à une très bonne interprétation. Dans l'ensemble, le rythme des références est bien maîtrisé. Mieux, on assiste même à quelques scènes de plaisir absolu, comme le décollage du Space Jockey, ou encore l'excellente évolution physique du xénomorphe, avec la dernière scène du film en point d'orgue. Sir Ridley maîtrise son univers et l'effet est plus que réussi. Certains passages m'ont fait pensé à la transformation d'Anakin Skywalker en Dark Vador, dans le troisième Star Wars, ces liens qui se tissent et ces choses qui prennent sens. Et cette délicieuse impression d'être quand même un peu dans la saga originale. Là encore, on parle ici d'un premier volet d'une série d'épisodes, et le ressenti dépendra également de la suite des aventures. En outre, là où certaines choses s'expliquent quelque peu, de nouvelles questions se posent. La filiation est en tout cas bien maîtrisée, et apporte plus qu'elle ne dessert. Prometheus n'est donc pas, à mon avis, un nouvel épisode d'"Alien", mais on pourrait le décrire comme un cousin. Comme l'a dit Ridley Scott lui-même, il partage le même ADN, mais il n'est pas un parent ou un descendant direct. Il doit donc être jugé à part, et heureusement pour lui dans un sens, car il ne ferait quand même pas le poids, au vu de la qualité de chacun des films de la quadrilogie. En lui-même, Prometheus assure avec sa qualité technique, ses problématiques intéressantes et des personnages bien interprétés. Tout n'est pas parfait, certaines lignes du scénario paraissent un peu forcées, maladroites ou manquent d'intérêt. Mais ces relatives faiblesses sont compensées par quelques scènes jouissives pour les amateurs du genre, et les fans d'"Alien" en particulier. Ne boudons donc pas notre plaisir et croisons les doigts pour que la suite des aventures d'Elisabeth Shaw se passe bien, et prenne de l'ampleur au fil du temps. 15/20