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jeudi 5 septembre 2013

Quicktest Musique!





- Deerhunter - Halcyon Digest (2010):
Derrière ce nom, sûrement en hommage au film de Cimino, et cette fascinante pochette, se cache un groupe de rock indé ayant évolué vers un folk rock à tendance électronique et ambiante. Le mélange des genres est des plus réussis, tour à tour ambiant, intimiste, hypnotique. Toujours inspiré en tout cas, leur quatrième album envoûte et saura vous convaincre sans trop de problème.

15/20





- Of Montreal - Paralytic Stalks (2012):
Kevin Barnes et sa bande continuent dans la lignée de "False Priest", et ce psychédélisme moderne leur va toujours à ravir. Encore plus cintré que son prédécesseur, ce "Paralytic Stalks" plaira à coup sûr aux initiés. Pour les autres, espérons qu'Of Montreal réussira tout de même à rallier quelques courageux à sa cause . Encore un très bon album en tout cas!

15/20





dimanche 9 septembre 2012

Quicktest Musique!





- We Have Band - Ternion (2012):
Deuxième album du trio anglais electro-pop, "Ternion" se veut ambitieux mais oublie parfois que la simplicité peut faire des miracles. Certains morceaux traînent en longueur ou sont parasités par une volonté d'en faire trop. Dommage car les idées sont souvent là. Un album tout de même qualitatif, bien qu'inégal.

13/20



- Of Montreal - Hissing Fauna,Are You The Destroyer? (2007):
Kaléidoscope. J'ai enfin trouvé comment résumer la musique d'Of Montreal ! En 2007, ce "Hissing Fauna" avait encore une couleur un peu lo-fi des débuts, accentuant le côté 70's des compositions de Kevin Barnes. Relativement accessible, cet album est peut-être celui à écouter en premier pour rentrer en douceur dans l'univers du groupe américain.

14/20






samedi 5 mai 2012

Live Report: Of Montreal, Yip Deceiver, NZCA/Lines, Trianon, Paris, 27-04-2012





Of Montreal en live. Voici un concert qui s'annonce excitant! Quand on voit l'univers barré et bariolé du groupe sur disque, on ne peut que s'attendre à un show déjanté. Avec 2 premières parties, le tout pour 21€, c'était une soirée à ne pas louper pour tout amateur de concert de ce genre.


D'ailleurs, c'est quoi un amateur de musique de ce genre? C'est une question que je me suis posé plusieurs fois. Qui va voir Of Montreal en concert? Je dirai même: qui écoute Of Montreal? A la fois rock, pop, très 70's mais totalement moderne, bien psyché, un poil electro, follement disco, pas vraiment accessible en tout cas... Il y a à boire et à manger dans la musique de Kevin Barnes. Et c'est sans surprise que je me suis retrouvé dans un Trianon à peine à moitié plein. Certains diront que c'est dommage, qu'un groupe aussi exceptionnel devrait au moins remplir une salle de 1200 places, mais ma question me paraît pertinente. Tout le monde ne peut pas écouter Of Montreal. Est-ce élitiste de dire cela? Non, car la musique des américains ne l'est pas. Kevin Barnes est juste un artiste particulier, avec son univers trop psychédélique pour le commun des mélomanes, et qui ne saura convaincre tout le monde. La preuve, c'est que même parmi les fans du groupe, j'ai entendu certains dire qu'ils n'aimaient pas le dernier album. L'essentiel, c'est qu'il y ait suffisamment de monde pour que les musiciens se sentent bien et que tout le monde passe un bon moment. Et ce fût le cas.


Quelques mots sur les deux premières parties, NZCA/Lines a ouvert le bal, avec sa pop electro de qualité correcte. On a parfois penser assez fort à Metronomy sur certains titres, mais leur prestation était plutôt convaincante et se laisser écouter, à défaut de nous embarquer. Il manque quelque chose aux londoniens pour se démarquer des nombreux groupes du même genre musical.
Cela dit, leur prestation n'était pas mal du tout si on la compare à celle de Yip Deceiver. Projet musical de deux musiciens de Of Montreal, on a là aussi affaire à de l'electro pop, mais pas dans le même genre. On a plutôt l'impression d'entendre des rejetons de Mika. Beaucoup trop pop, trop mainstream, les mélodies sont efficaces mais l'ensemble est beaucoup trop sucré pour me convaincre.


Quand la tête d'affiche débarque, c'est forcément autre chose. Of Montreal sur scène, ce sont 7 musiciens en plus de Kevin Barnes, des écrans à foison, des couleurs vives, pour coller avec l'univers psyché du groupe. Dans le genre, il m'a toujours fait penser à Sly & The Family Stone, qui, dans les années 70, mélangeait déjà énormément de styles, et surprenait par leurs tenues, leur excentricité et leur ouverture d'esprit. Voici peut-être la réponse à ma fameuse question. Pour voir un concert de Of Montreal, il faut ouvrir son esprit. Barnes vous y aide petit à petit, avec un début de show relativement pépère. Assis à son clavier, des chansons posées ouvrent le bal. Puis il commence à grandement taper dans l'album le plus connu, "Hissing Fauna, Are You The Destroyer?" et l'ambiance commence à monter. Personnellement, il m'a manqué quelques titres de "False Priest", mon préféré, mais il est vrai qu'avec 11 albums au compteur, le groupe peut se permettre de faire tourner les set-lists. Le show commence à s'agiter et ne cessera de monter en puissance, avant de terminer avec le très long mais monstrueux "The Past Is A Grotesque Animal". En rappel, on a carrément droit à un medley, reprenant quelques titres de différents albums. Excellent! 
Le gros plus du show sera l'animation vidéo tout au long du concert, et les différentes surprises qui le jalonneront. Du lâcher de ballons dès le premier titre, aux projections sur des écrans et des draps mobiles, en passant par des catcheurs mexicains décalés, on est complètement happé par le show. La preuve avec la vidéo ci-dessous, qui n'est malheureusement ni de Paris ni de Nantes, où le groupe était le lendemain, mais qui reste de la même tournée. La qualité n'est pas impériale mais cela vous donnera une petite idée de l'ambiance générale!


En définitive, on pourra toujours regretter qu'un si bon groupe ne remplisse pas davantage. Mais l'essentiel est que nous et le groupe ayons passé un très bon moment, différent, psyché à souhait. On m'y reprendra sûrement!




vendredi 24 février 2012

Of Montreal - False Priest (2010)




Of Montreal est un groupe américain formé en 1996, originaire d'Athens en Géorgie. Derrière le groupe se cache surtout Kevin Barnes, créateur, compositeur en chef et véritable leader du projet. "False Priest" est son 10ème album et autant vous prévenir tout de suite, il n'est pas facile d'accès. Il faudra vous armer de patience (ou de substances illicites) si vous voulez entrer dans l'univers coloré, dirons-nous, du combo. Mais cela en vaudra la peine, promis!


Les premières écoutes sont donc assez déstabilisantes. Un morceau d'ouverture 70's à tendance prise de produits de l'époque qui fait voir la vie de toutes les couleurs, une voix de tête plutôt agaçante, des changements de tonalité incessants... On ne voit ni queue ni tête dans tout ça, et l'on se demande où l'on a mis les pieds. Ca part dans tous les sens, tous les styles et la singularité et la richesse des arrangements en rebuteront plus d'un. Puis, quelques mélodies commencent à nous interpeller , comme celles de "Enemy Gene" ou "Like A Tourist", des titres qui nous donneront l'envie de persévérer. Et comme souvent dans ce genre de disques, les parties s'assemblent, telles les pièces d'un puzzle musical. Et tout finit par devenir évident. Le talent de ce mec nous éclabousse et on se demande comment tant d'idées peuvent sortir d'un même cerveau. Surtout dans des styles aussi différents.


Dans l'absolu, "False Priest" pourra être classé dans la pop psychédélique, assez années 70 dans l'esprit donc. Un peu de rock, un peu de funk, du disco. Et pourtant, le tout est produit de façon très actuelle, pas du tout rétro. L'ambiance générale bien que typée est souvent habillée d'electro. De ce fait, on peut vraiment être admiratif de la production de cet album, car tous les styles s'entremêlent sans se dénaturer et ce 10ème effort est tout à fait cohérent artistiquement. L'ensemble est en tout cas beaucoup trop bigarré pour être classé et le terme de pop psyché finira par aller comme un gant à "False Priest".


Il faudra donc pas mal d'écoutes pour entrer dans ce monde haut en couleurs. Mais cela vaut-il la peine de persévérer? La réponse est oui. 100 fois oui. Au vu du EP  sorti fin 2011, Of Montreal ne semble pas du genre à proposer  la même chose à chaque sortie. Je ne m'engagerai donc que pour ce "False Priest", car je ne connais pour l'instant pas le reste de leur discographie. Mais il y a tellement d'idées, tellement de bonnes choses dans ce disque, qu'il est difficile de ne pas considérer Kevin Barnes comme un génie de la musique. Barré, lunaire, sûrement dans un monde différent du nôtre, mais génial quand même. La réponse est donc vraiment oui, d'autant plus que, bien que difficile d'accès, cet album est un album positif de prime abord, et on pourra s'appuyer sur des titres dansants comme "Sex Karma", ou moins complexes comme "Famine Affair" ou "Coquet Coquette" pour pénétrer cet univers.


En résumé, voici un album compliqué d'un groupe pas forcément accessible, emmené par un leader bien barré. Tout un programme. Mais un programme que l'on ne voit pas fréquemment, heureusement dans un sens, et qui mérite le détour. Cet album saura plaire aux plus blasés, aux plus drogués (j'y reviens encore, désolé, mais je ne peux m'empêcher de voir des effets visuels à la "70's Show" à l'écoute de certains titres!), et il plaira surtout aux plus ouverts d'esprit. Car un tel patchwork musical ne peut être qualifié de digeste dans l'absolu. Comme une exception dans le monde musical, Of Montreal ne saurait quand même être considéré autrement qu'à sa juste valeur.


16/20