vendredi 20 juin 2014
Le Parc de Thoiry, Thoiry (78)
A l'approche de l'été, notamment pour les familles avec enfants, les parc animaliers sont de grands classiques. Des classiques remis au goût du jour cette année avec l'ouverture en avril du zoo de Vincennes, entièrement repensé et rénové. Il est vrai que pour une capitale, Paris en manquait clairement. En attendant, il existe évidemment de beaux et grands parcs en France, le plus réputé étant Beauval, qui m'avait pourtant laissé un avis mitigé lors de ma visite il y a quelques années. Du coup, je ne m'attendais pas à être subjugué par Thoiry, réputé inférieur. J'y ai pourtant passé un excellent moment, en ce premier dimanche de juin. Voici ma critique.
Un parc animalier, c'est censé être davantage qu'un parc avec des animaux dedans. Si on aime la Nature, on s'attend à un endroit qui la respecte, qui lui donne l'opportunité de s'exprimer. Cela passe bien sûr par l'espace et Thoiry est impressionnant à ce niveau là. Je ne vais pas vous bassiner avec les chiffres, mais c'est grand. Le zoo est en effet situé sur le magnifique domaine du château, situé au fin fond des Yvelines. Paradoxalement, le nombre d'espèces ne paraît pas immense. Et ce n'est peut-être pas plus mal, les animaux auront davantage de place. Beauval m'avait un peu déçu à ce niveau là. La taille de certains enclos ou de certaines cages laissait franchement à désirer, donnant une impression de démonstration d'une course absurde à la quantité, plus qu'à la qualité. Ici, on est au milieu des champs, la vie est partout, pas seulement dans les enclos, et si le nombre de bêtes semble moindre, c'est sans compter les espèces végétales, les fleurs, les abeilles, bourdons, écureuils, etc... qui sont ici chez eux. Sans y être forcés. Cela paraît évident, mais l'on ne retrouve pas cela partout (cela m'avait choqué à Beauval par exemple, mais peut-être était-ce une question de saison) et Thoiry nous donne cette impression de rentrer dans un écosystème sain, protégé, où la Nature est clairement reine.
La visite commence par le parcours en voiture dans la réserve africaine. Eléphants, phacochères, dromadaires, antilopes, zèbres, ... Tous les grands animaux sont là, à quelques mètres seulement. On reste toujours admiratifs devant la taille des girafes par exemple. Ou devant celle, toute relative, d'une autruche. Sauf que l'autruche est à 50 centimètres de la voiture, ce qui fait relativiser ce qui est relatif... Enfin, vous me comprenez. Les zèbres se rapprochent beaucoup aussi. Ceux qui ne se rapprochent pas vivent leur vie, et semblent se sentir bien dans cet espace safari. La visite commence pour le mieux.
On pense à se garer et à continuer à pied, mais l'on passe avant cela par le territoire des ours. Tout le monde aime les ours non? Les voir de si près donne envie de sortir de la voiture et d'aller leur faire un gros câlin. Vous vous doutez que c'est une chronique que j'écris, et non mes mémoires, et en concluez que je suis évidemment resté dans ma voiture. Mais ils sont si proches que les premières grosses étincelles s'éclairent dans nos yeux. Il doit même rester quelques poils de baribal sur ma calandre. Et que dire lorsqu'on aperçoit à quelques mètres un bison, originaire d'Amérique comme ces ours. C'est énorme, c'est beau. Il passe à un mètre seulement de la voiture, on en reste bouche bée, à peine capable de dégainer l'appareil photo. Pas grave, notre esprit fera le travail de mémoire.
La suite se fait à pied dans le merveilleux parc du château. Accueilli par des statues végétales façon "Edward aux Mains d'Argent", on rentre dans ce grand espace vert le sourire aux lèvres. Le temps n'est pas au beau fixe, mais les oiseaux chantent quand même. Les prés environnants sont parfaitement entretenus, gardant juste ce qu'il faut d'aspect sauvage. Les fleurs du printemps
offrent aux abeilles et aux bourdons de quoi travailler dur, pendant que nous profitons de notre dimanche. Toujours les mêmes qui bossent. On enchaîne les enclos, tous de taille suffisante, voire importante. Le paradoxe d'un zoo, c'est que quand la surface de leur habitat est trop grand, il y a un risque de ne pas apercevoir les bêtes. Comme ce panda roux, perché tout en haut, dont on apercevra qu'une touffe de poil. Les amateurs d'animaux, tout comme les enfants d'ailleurs, sauront comprendre. Quant aux autres... Dans l'ensemble, Thoiry semble avoir trouver le bon compromis. Il y a même quelques espèces que l'on voit mieux que jamais, comme les lions et les tigres, grâce à des systèmes de tunnel vitrés. Et je peux vous dire qu'une lionne qui passe juste au dessus de nous, avec ses pattounes démesurées, ou un tigre qui feule à quelques mètres, comme pour nous dire de venir le voir de plus près, laissent son lot de souvenirs indélébiles.
N'oublions la nouveauté du parc, qui doit dater de moins de deux ans, il s'agit de l'Arche des Petites Bêtes. Un navire en bois construit au milieu d'un petit étang, qui sert aussi de laboratoire d'étude sur l'environnement alentours. Comme son nom l'indique, on y retrouve... des petites bêtes! Petites grenouilles, caméléons, araignées, et un de mes nouveaux chouchous, le rat trompe. La découverte des espèces se transforme vite en jeu, comme un "Où est Charlie?" version animal. On s'amuse à retrouver ces minis copains, bien cachés dans leur mini habitat. Un très bon moment!
Le parc de Thoiry est donc une véritable réussite. Plus qu'un zoo, c'est un territoire entièrement dédié à l'environnement. Eco-responsable, le domaine fait attention à son bilan carbone et grouille de messages préventifs, sur les bêtes elles-mêmes, mais aussi sur l'environnement en général, la pollution, la fragilité de certains écosystèmes et les espèces en voie de disparition. On se sent concerné, et on profite au mieux de cet espace où la Nature et l'Homme semblent cohabiter en harmonie. A la fin de notre visite, on est autant ébloui par un champ de fleurs sauvages que par l'éléphant de cinq mètres de haut croisé quelques heures plus tôt. Bravo aux équipes de Thoiry qui nous font ressentir cela. On apprécie, et apparemment, les animaux aussi. Car je ne sais pas si c'est grâce au printemps, mais j'ai rarement vu autant d'animaux faire les fous, gambader et s'amuser comme s'ils étaient chez eux (antilopes, singes, servals, ...). La preuve ultime de la qualité d'un zoo, c'est le bien-être de ses habitants. La mission semble magnifiquement accomplie à Thoiry.
mardi 17 juin 2014
Quicktest Ciné!
- Fantasia 2000 (2000) de Walt Disney (différents réalisateurs):
Beaucoup plus court que le premier, ce deuxième "Fantasia" est aussi, malheureusement, beaucoup plus inégal. Là où le film de 1940 tenait deux heures sans trop s'essouffler, on peine à s'émerveiller tout du long de ces 80 minutes. Ce nouvel épisode vaut en fait davantage pour sa musique que pour son association animation-son. Il possède tout de même quelques jolis moments de bravoure, comme ce merveilleux "Oiseau de Feu".
14/20
- Zero Dark Thirty (2013) de Kathryn Bigelow, avec Jessica Chastain et Jason Clarke:
"Zero Dark Thirty" nous parle officieusement de l'arrestation de Ben Laden. Filmé de manière réaliste, Bigelow sait manifestement s'y prendre pour faire monter la tension en puissance. Dommage que le film soit légèrement trop long, et que cette montée progressive empêche certains changements de rythme qui auraient été salutaires. Mais cela fonctionne quand même, une fois dedans, on ne lâche plus vraiment. Niveau casting, Jessica Chastain est au top.
14/20
- Souviens-Toi, L'Eté Dernier... (1998) de Jim Gillespie, avec Jennifer Love Hewitt et Sarah Michelle Gellar:
15 ans après, le renouveau des slashers de la fin des 90's a forcément perdu de sa superbe. Il est fortement ancrée dans une époque, belle et bien révolue. Mais malgré un peu de naïveté dans les textes, souvent propre au travail de Kevin Williamson, et des acteurs pas tout le temps subtils, la fluidité du récit force le respect. Tension, ambiance, clins d'oeil et efficacité... "Souviens-Toi, L'Eté Dernier..." reste malgré tout un très bon film d'horreur. Ou peut-être est-ce juste ma nostalgie qui s'exprime. Mais j'assume!
15/20
- Jappeloup (2013) de Christian Duguay, avec Guillaume Canet et Marina Hands:
Malgré une réalisation beaucoup trop convenue, Christian Duguay a le mérite de ne pas choisir entre l'humain et l'animal, de ne pas prendre parti entre certaines réflexions humaines et la pureté, l'instinct du cheval. En résulte une histoire touchante sur une double carrière exceptionnelle. Un joli film.
14/20
lundi 16 juin 2014
Live Report: Damon Albarn, Alhambra, Paris, 05-05-2014
Chroniquer un concert qui date de plus d'un mois peut indiquer plusieurs choses. Que j'ai été très occupé, que ce concert était tellement bien qu'il méritait que j'en parle, même quelques semaines après, ou qu'il m'arrive, par moments, d'être psycho-rigide, au point de ne pas pouvoir zapper une chronique. Dans tous les cas, trois semaines avant sa nouvelle venue à Paris dans le cadre du festival Days Off, Damon Albarn était bel et bien à l'Alhambra le 5 mai dernier. Après un passage dans ma Fnac pour une séance de dédicaces, le chanteur de Blur nous attendait de pied ferme pour un concert spécial, semi-privé vu le nombre d'invités et de gens connus dans la salle. Une journée importante pour ses admirateurs et un premier concert dans la capitale pour présenter son premier album solo, "Everyday Robots".
Avant le concert, on se demandait quand même ce que l'affaire pouvait donner. Un seul album, vraiment calme, de très bonne facture certes, mais pas forcément taillé pour le live. On connait le monsieur par coeur, on connait sa générosité, son talent, et nous n'étions pas forcément trop inquiets. Mais quelques questions se posaient tout de même. Dès les premières notes, où plutôt les premières frappes du batteur, la moitié des interrogations disparaissent. Ca cogne, ça groove, le rythme est là, le son est bon. Et dès le troisième morceau, on sait qu'on va passer une soirée d'exception. Puisque le troisième morceau est un morceau de Gorillaz! Damon Albarn en solo, ce n'est qu'un unique album, mais dans l'absolu, Damon Albarn, c'est une discographie plus que conséquente. Du Gorillaz donc, du The Good, The Bad & The Queen et du Blur pour couronner le tout. L'intégralité de l'album solo est joué et les répertoires ancien et nouveau s'enchaînent parfaitement. Et avec l'intensité scénique qui va avec. Il n'est évidemment pas aussi à fond qu'à un concert de Blur, mais Damon est tout de même un sacré showman, avec une présence incroyable, digne des plus grands. Et comme les plus grands, il n'est pas entouré par n'importe qui. Ses musiciens sont d'un niveau ahurissant et envoient du saucisson. Et quelques invités de renom viennent rajouter le piment nécessaire aux concerts d'exception. Une chorale de 5-6 chanteurs, Oxmo Puccino sur "Clint Eastwood", et Mr Tony Allen sur 2 morceaux. La classe à tous les étages. Pour tout de même 90 minutes de bonheur.
Ce "Damon's day" était donc une journée particulière. Elle aurait pu l'être davantage si j'avais pu serrer la pince de ce grand monsieur, lors de son passage dans mon magasin. Mais une petite dédicace tout de même et un très bon concert, le tout avec un état d'esprit exemplaire, confortent la vision que j'ai de ce bonhomme exceptionnel. Cette soirée ne viendra pas taquiner le "Blur aux Nuits de Fourvière" dans le top de mes concerts de tous les temps, mais restera un très bon souvenir. Thank you Sir!
mercredi 11 juin 2014
Quicktest Ciné!
- Possédée (2012) de Ole Bornedal, avec Jeffrey Dean Morgan et Kyra Sedgwick:
Oui oui, c'est un film d'horreur. Bien sûr que toutes les formules pour faire peur sont utilisées. Evidemment que c'est tiré d'un fait réel, ça va de soi! On commence à avoir l'habitude de ce genre d'affiches. Si l'on considère donc que certaines choses sont acquises et que la différence se fera ailleurs, "Possédée" fera figure de bonne surprise. Les personnages nous parlent, les croyances sont un peu différentes, et la réalisation, au millimètre, fait le reste. Rien d'original, mais tout de même du bon boulot.
13/20
- Stay (2006) de Marc Foster, avec Ewan McGregor et Naomi Watts:
Un peu fouillis, on hésite entre le "Tout ça pour ça" et l'envie de se laisser porter par cette sorte de rêve, à la fois romantique et dérangeant. Si c'est la deuxième solution qui nous choisit, c'est en partie grâce aux acteurs, McGregor, Watts, mais aussi Ryan Gosling, déjà au top bien avant sa médiatisation. Sinon, on oubliera certains aspects un peu too much, notamment au niveau formel, vu que l'ensemble fonctionne.
13/20
- Le Sixième Sens (1987) de Michael Mann, avec William Petersen et Joan Allen:
Hannibal Lekter a existé au cinéma bien avant la trilogie du "Silence des Agneaux". Michael Mann dirigeait de main de (futur) maître cette adaptation de "Dragon Rouge", repris plus tard dans le troisième volet. A vrai dire, ce film vaut tellement le déplacement que la susdite trilogie s'en retrouve un peu désacralisée. Ce "Sixième Sens" n'a strictement rien à envier à aucun des épisodes suivants.
14/20
- La Jetée (1962) de Chris Marker, avec Jean Négroni et Hélène Chatelain:
Ce court-métrage de 28 minutes est culte pour de nombreux cinéphiles. Il a notamment servi d'inspiration, de base même, pour "L'Armée des 12 Singes". Film culte donc, sauf que ce n'est pas vraiment un film, mais un roman photo, une succession d'images en noir et blanc, mis en histoire grâce à une voix off. Peu importe, c'est une expérience fascinante, une façon différente et réussie de raconter une histoire. A voir.
14/20
samedi 7 juin 2014
Exposition Nuit - Grande Galerie de l'Evolution, Paris
Une exposition sur le thème de la nuit? Quelle belle idée! A condition de bien l'exploiter bien sûr. Le visuel est très beau, direction donc la Grande Galerie de l'Evolution, pour voir comment un thème aussi vaste a pu être abordé. C'est un endroit tout public, et le fait de devoir plaire aux petits comme aux grands ne doit pas être une excuse pour limiter le qualitatif. On active en tout cas la vision nocturne et on file s'en rendre compte par nous-mêmes.
Sans surprise, les visiteurs sont surtout des familles avec enfants, cette sortie semble vraiment adaptée pour eux. Pas trop petits tout de même, on est plongé dans le noir, cela pourrait en effrayer quelques-uns. Et puis le contenu est scientifique, du moins naturaliste, on est à la Grande Galerie, il faudra savoir les intéresser. Après une première salle sur l'Espace, appelée "Une Nuit à la Belle Etoile", intéressante mais à la scénographie perfectible, on passe aux spécimens d'animaux nocturnes que la Galerie a rassemblé. L'immersion est totale, tout est intéressant, mais il manque quelque chose pour me passionner. Mais peut-être est-ce parce que cette représentation animale ne m'a jamais vraiment parlé, je n'ai jamais été un grand fan des Galeries de l'Evolution et autres Museum d'Histoire Naturelle. Bref, cela reste un goût personnel qui n'enlève en rien à la quantité (250 espèces) et à l'intérêt de cette grande pièce. Mais il me faudra tout de même attendre les troisièmes et quatrièmes salles pour être véritablement épaté par cette expo.
Et c'est la scénographie qui fera la différence. "Une Nuit de Sommeil", troisième partie de la visite, a beau toujours nous présenter les espèces animales, l'éclairage ultra-violet met en évidence un superbe décor mural qui relève considérablement l'ambiance. Les animaux sont présentés en position pour dormir, et on les imagine vraiment en pleine nature. Et cet effort scénographique n'enlèvera en rien le côté familial et accessible. C'est superbe. Et la suite continue sur le même niveau de qualité, moins grâce à la mise en scène qu'aux idées proposées. L'espace sur le sommeil humain nous propose un décor de chambre d'enfant, où l'on retrouvera tour à tour un vieux téléviseur, qui retransmet des épisodes de "Bonne Nuit les Petits", ou une projection de (gentils) monstres, habitant généralement dans nos placards ou sous nos lits.
Il est clair en tout cas que la qualité de l'exposition est montée d'un cran et la quatrième partie enfoncera le clou. Je ne vous dévoilerai pas tout, mais mention spéciale à l'installation loup-garou, avec détection de mouvement et projection vidéo, qui vaut son pesant de cacahuètes! L'immersion est réussie, et l'on aurait tendance à en redemander. Heureusement, le billet inclut évidemment la visite de la Grande Galerie et vu l'éclairage de l'endroit, nos yeux ne seront pas agressés par la trop vive lumière.
L'exposition "Nuit" vous accueille en tout cas jusqu'au 3 novembre et, malgré un début que je juge personnellement un peu timide dans la scénographie, elle saura vous convaincre sur l'ensemble. Entre grands, avec des petits, pas trop petits tout de même (même si ça dépend toujours des enfants), il y a de quoi passer un très bon moment, à prolonger à l'extérieur, avec le Jardin des Plantes, les grandes serres, et la ménagerie, si le budget vous le permet. De quoi passer une bonne journée en famille!
mercredi 30 avril 2014
Quicktest Musique!
- Grimes - Visions (2012):
Cette jeune productrice canadienne a un univers très personnel, allant des années 80 pour le son à la culture manga pour l'image, comme en atteste le clip de "Genesis" ci-dessous. On tiquera sur sa voix fluette, addictive ou agaçante selon l'instant. Reste, objectivement, une qualité de composition supérieure à la moyenne, qui fait que ce "Visions" mérite définitivement d'y jeter une ou deux oreilles.
14/20
- School of Seven Bells - Disconnect From Desire (2010):
J'avais fortement pris une claque à la découverte de leur premier album et c'est sans aucun problème que leur deuxième disque enfonce le clou. Les éléments sont les mêmes, mais portés à maturation. C'est incroyablement doux et beau, tout en restant rythmé et accrocheur. C'est sûrement très personnel, mais cette musique me parle à tel point que School of Seven Bells rentre définitivement dans la liste de mes groupes préférés. Magnifique!
18/20
jeudi 17 avril 2014
Quicktest Cinéma!
- Insaisissables (2013) de Louis Leterrier, avec Jesse Eisenberg et Mark Ruffalo:
Avec son casting impressionnant, "Insaisissables" est au film de magie ce qu'"Ocean's 11" était au film de casse. En moins bien, le scénario étant quand même moins fluide. La maîtrise est tout de même là, le plaisir aussi, et on peut au final comparer le résultat au thème du film, la magie. Si on cherche la petite bête, on la trouvera peut-être, mais on diminuera le plaisir. Si on se laisse porter, sans trop rationaliser, le divertissement sera assuré.
14/20
- Le Hobbit: Un Voyage Inattendu (2012) de Peter Jackson, avec Martin Freeman et Ian McKellen:
Quand on n'est pas un fan absolu du "Seigneur des Anneaux", on ne peut s'empêcher de penser que ce premier volet du "Hobbit" est un peu une paraphrase. Même ambiance, même musique, même générique, même mise en scène. Heureusement, Peter Jackson a la maîtrise nécessaire pour paraphraser l'efficacité et le plaisir lié à la première trilogie. Le dépaysement, toujours aussi fort, est salutaire et les 3 heures passent comme une lettre à la Poste.
14/20
- Looper (2012) de Rian Johnson, avec Bruce Willis et Joseph Gordon-Levitt:
Toutes les histoires de voyage dans le temps sont toujours un casse-tête, on ne peut s'empêcher de réfléchir à tout, savoir si tout est bien en place. Sans atteindre la perfection scénaristique de "L'Armée des 12 Singes", "Looper" est un bon puzzle SF, qui lorgne vers l'esprit de Philip K. Dick. A noter la transformation maquillage de JGL pour ressembler à Bruce Willis. C'est par moments tout à fait bluffant!
14/20
- Sugar Man (2012) de Malik Bendjelloul, avec Sixto Diaz Rodriguez:
Ou l'histoire incroyable du musicien Sixto Rodriguez, qui a vendu des millions de disques en Afrique du Sud et à travers le monde sans que personne ne sache de qui il s'agisse. On reste sidéré devant ce conte moderne et on est touché par les récits des protagonistes. Mention toute particulière au réalisateur, qui nous présente des images superbes, alors qu'il aurait pu se contenter du minimum, vu qu'il s'agit d'un film musical.
14/20
samedi 12 avril 2014
"La Contre-Basse", Théâtre de Paris - Salle Réjane
Je me lance. C'est une première, je m'essaie à la chronique théâtrale. Comme d'habitude, ce sera sans prétention, je ne suis pas critique professionnel. Et même si je vends des places de théâtre depuis 10 ans, et que c'est loin d'être ma première pièce, je ne peux qu'avouer que je ne m'y connais moins qu'en musique ou qu'en cinéma. Pas grave, j'espère vous en parler au mieux, et vous donner envie d'aller voir cette "Contre-Basse", portée, soutenue même, par Clovis Cornillac.
Cela faisait longtemps que je n'étais pas allé au théâtre, mon emploi du temps chargé ayant souvent eu raison de mon envie de rentrer tard de Paris à chez moi. Mais cette fois-ci, je n'ai pas voulu laisser passer cette occasion. Je voulais vraiment voir cette nouvelle adaptation du texte de Patrick Süskind, longtemps interprété par Jacques Villeret. Direction donc la salle Réjane, petite salle rattachée au Théâtre de Paris, où, sur scène, trône déjà l'imposant instrument. L'autre moitié du binôme arrive et commence la partie magistrale du texte. Le personnage présente le monde de la musique classique, le rôle du contrebassiste en tant que musicien, son positionnement dans l'orchestre, qui mènera vers ses premières plaintes. Le côté ingrat de cet instrument volumineux et peu gracieux tisse des liens avec le mal-être du personnage. Sa solitude en est le point central, cette solitude qui tend vers la folie par moments, qui fait parler tout seul, ou pire, à d'autres quand on est seul. L'écriture est parfaite, à la fois subtile et fluide, le nombre de thèmes ou d'anecdotes divertit, là où le ton, du rire aux larmes, montre la richesse de la plume de Süskind. Et ce que l'on pense du personnage le prouve mieux que tout. Il nous fait marrer, il nous émeut, parfois au même moment, et, surtout, il tire de nous autant d'empathie que de détachement. Au point que l'on en vient même par moments à se demander si l'on n'a pas, après tout, l'instrument que l'on mérite.
Pour jouer tout ça, il fallait un comédien à la hauteur. Je n'avais pas d'a priori sur Clovis Cornillac en tant qu'acteur de théâtre, et j'étais curieux de voir sa performance. Je n'ai pas été déçu du tout. Tout n'est pas parfait, il est parfois un peu trop "français" dans son interprétation, mais sa maîtrise du texte (une heure et demi seul en scène, je vous le rappelle) et du panel étendu de sentiments force le respect. Contrairement à l'humour, omniprésent, l'émotion dépend à mon sens beaucoup plus de l'interprétation. Et même si le fait de se reconnaître dans le fond doit aider, j'ai été touché par le personnage et Cornillac y est pour beaucoup. Il donne même l'impression d'évoluer physiquement au cours de la représentation, il quitte la scène les cheveux en pétard et le regard fou, alors qu'il y était entré calme, posé et le brushing impeccable. J'aurai aimé voir ce que Villeret faisait du rôle à l'époque, mais je peux vous assurer que Clovis Cornillac est à la hauteur d'un texte d'une richesse imposante, que tout le monde n'aurait pu porter.
dimanche 23 mars 2014
Quicktest Cinéma!
- La Vengeance Dans La Peau (2007) de Paul Greengrass, avec Matt Damon et Julia Stiles:
C'est le troisième épisode de la saga, et les ressemblances se multiplient. Le scénario est de qualité mais la franchise commence à tourner un peu en rond par moments. Toujours efficace, les fans d'action à la "Jason Bourne" y trouveront leur compte, les autres ne trouveront plus ce petit truc en plus qui faisait le fort du premier épisode notamment. Dans l'ensemble, ne boudons pas notre plaisir, la boucle est bouclée et la trilogie est réussie.
13/20
- Skyfall (2012) de Sam Mendes, avec Daniel Craig et Javier Bardem:
James Bond fait le lien entre l'ancien et le nouveau. Et même si, comme il le dit lui-même dans le film, les vieilles méthodes sont toujours les meilleures, c'est bien le mélange des deux qui fait mouche. On oublie le "Quantum of Solace" et on se remet au niveau de "Casino Royale". Si ce n'est au dessus. La grande classe.
15/20
- Le Monde de Charlie (2013) de Stephen Chbosky, avec Logan Lerman et Emma Watson:
Un film indé sur les petites et les grandes blessures du jeune âge. Sans tomber dans le pathos et avec d'excellentes références ("Rocky Horror"), ce film d'adolescents est très touchant de justesse, bien aidé par un trio d'acteurs vraiment excellent.
14/20
- Samsara (2013) de Ron Fricke:
Des images impressionnantes, ordonnées avec sens et réflexion. Comme à son habitude, Ron Fricke ("Baraka") nous montre la vie, et tout ce qu'elle a de beau et de désolant. Le film est attaché à l'Homme, avec ce qu'il a fait de mieux et de pire. On est scotché à son fauteuil, hypnotisé par la puissance des images. L'ensemble restant tout de même positif et plutôt optimiste. Superbe!
15/20
jeudi 20 mars 2014
Live Report: Chvrches, SOAK, Trianon, Paris, 17-03-2014
Un concert qui commence tôt, permet de rentrer chez soi plus tôt. Je ne sais même pas pourquoi j'ai indiqué dans l'entête que SOAK faisait la première partie, je n'en ai évidemment pas vu la couleur. Plus grave, j'ai failli loupé le début de Chvrches, tête d'affiche de la soirée, dont le concert était prévu à 20h30. Arrivé au Trianon à 20h28, j'ai eu comme l'impression que le trio écossais m'attendait pour commencer, et ça, c'était vraiment agréable. Du coup, je vais essayer de ne pas être trop méchant avec ce groupe, au premier album pourtant plus que recommandable.
Je ne vais pas vous dire que ça m'a surpris, je m'y attendais fortement. Chvrches en live ressemble beaucoup à Chvrches sur disque. Des extraits vidéos sur Youtube ou dans des émissions télé m'avaient déjà mis la puce à l'oreille, mais je me devais quand même de me rendre à ce concert. Un groupe qui tourne énormément apprend vite et j'avais tout de même espoir. Mais il n'en fût rien. Pas d'arrangements spéciaux, on mélange l'ordre des chansons et ça passera. Les versions gagnent en puissance, c'est certain, mais perdent en définition vocale. L'abus de reverb est dangereux pour la santé et la chanson "Recover" en a fait les frais.
Ceci étant dit, un groupe qui tourne beaucoup n'a pas non plus forcément le temps de rebosser son set si facilement. Si l'un des membres prend la basse ou la guitare sur certains titres, c'est peut-être que le trio est conscient du problème. A lui de le résoudre pour les prochaines tournées.
Autre problème, un seul titre inédit. Ok, le groupe n'a qu'un seul album à son actif, mais quand on fait une tête d'affiche, on étoffe son set. Des anciens morceaux présents sur des EP, des reprises, etc. Le concert a duré une heure, c'est pas si mal, et on ne pouvait pas dire non plus qu'on ne s'y attendait pas.
L'interprétation était au niveau par contre. Tout le monde chante juste, la petite Lauren en tête, elle rattrape son manque de mouvement par une belle présence vocale. Les morceaux sont carrés, ça tourne vraiment bien, on sent que les ordinateurs ont bossé leur set... Le point positif du concert, ce n'est du coup pas le concert en lui-même. Vous vous en doutez, ce sont les chansons. On a beau grogner un peu, on se retrouve tout de même à bouger sur les rythmes ou à fredonner les mélodies. La qualité d'écriture est indéniablement là, et les écossais ont une base des plus solides sur laquelle s'appuyer et travailler. S'ils arrivent à créer un live à la hauteur de leur composition, Chvrches transformera l'essai à coup sûr.
On en est malheureusement pas là. Je ne peux pas appeler ça une déception, vu qu'encore une fois, je l'avais vu venir, mais une constatation. La constatation que la confirmation passera aussi par le live. Pleine de promesses, la musique de Lauren et de ses deux acolytes devra prendre de l'assurance en concert. La qualité de votre premier disque vous laisse une chance, les amis, et on vous retrouve peut-être à la prochaine tournée!
jeudi 13 mars 2014
Quicktest Ciné!
- La Mort Dans la Peau (2004) de Paul Greengrass, avec Matt Damon et Franka Potente:
Le thème de la vengeance donne une direction un peu différente par rapport à "La Mémoire Dans la Peau". Le chassé devient chasseur et Langley rigole un peu moins. Nous, par contre, apprécions fortement ce retournement, qui permet de rester dans la lignée de l'épisode précédent sans tomber dans la redite. Une bonne suite, la surprise en moins.
14/20
- The Place Beyond The Pines (2013) de Derek Cianfrance, avec Ryan Gosling et Bradley Cooper:
Trois histoires en une, mais pas de film chorale, ici, les histoires s'enchaînent. Parfaitement bien pour les deux premières, la troisième fait par contre un peu retomber le soufflé. L'ensemble est tout de même de qualité même si Derek Cianfrance ne transforme pas entièrement l'essai. Un bon film malgré tout.
14/20
- Chasing Mavericks (2012) de Michael Apted et Curtis Hanson, avec Gerard Butler et Johnny Weston:
L'histoire du surfer Jay Moriarity, qui s'était mis en tête de chasser la plus grande vague du monde. Ce destin, à la fois beau et tragique, innocent et spirituel, colle parfaitement au travail de Curtis Hanson. Le film ne pourrait s'apprécier que grâce à la beauté des images, et au côté "cool" rattaché au surf. Mais on s'attache en plus aux personnages, et l'émotion, renforcée par le fait que ce soit une histoire vraie, nous fait oublier les eaux bien trop calmes de la réalisation.
13/20
- Fantasia (1940) de Walt Disney (différents réalisateurs):
Il y a plus de 70 ans, "Fantasia" était presque une expérimentation dans le domaine du dessin, qui s'appuyait sur des grandes oeuvres musicales. La grande variété visuelle peut déstabiliser, tout comme la qualité de certains courts (1940, je vous le rappelle), mais l'intemporalité musicale fait le travail, faisant alterner le sympathique et le merveilleux, et élevant "Fantasia" au rang de classique de l'animation.
15/20
mardi 4 mars 2014
Quicktest Musique!
- Jagwar Ma - Howlin' (2013):
Une des révélations de cette année 2013, il est presque étonnant qu'on n'ait pas davantage entendu leur son dans les pubs ou les génériques d'émission tv un peu tendance. Jagwar Ma a de quoi en tout cas avancer confortablement avec un tel premier album, mélange parfait de belle pop à tendance hippie 70's et de musique électronique. Et on passe parfois de l'un à l'autre sans même s'en rendre compte! Pour dire à quel point le mélange n'est pas opportuniste. Ou s'il l'est, il est parfaitement maîtrisé. Très bon disque!
16/20
- Discodeine - Swimmer (2013):
Le duo parisien m'avait bien bluffé avec son premier album, et j'avais hâte d'entendre la suite. Le chant présent sur les 4 premiers titres laissent penser que le duo s'est orienté vers quelque chose de moins instrumental, mais ce n'est qu'une impression et on retrouve dans le reste du disque les éléments qui avaient fait la force du premier. Seul bémol, de taille quand même, 10 titres, même pas 30 minutes. C'est un poil court quand même non?
15/20
vendredi 28 février 2014
Quicktest Cinéma!
- American Nightmare (2013) de James DeMonaco, avec Ethan Hawke et Lena Headey:
Ou comment y croire et déchanter en 10 minutes. L'idée est prometteuse, mais se tranforme rapidement en projet sans personnalité, avec effets déjà vus et ressorts maintes fois éculés. Que ça ne fasse pas peur, passe encore, le pitch est après tout à mi-chemin entre l'horreur et le thriller. Mais James DeMonaco, pourtant réalisateur et auteur, dénature la promesse d'origine pour en faire un film sans intérêt. Bien joué...
07/20
- La Mémoire Dans la Peau (2002) de Doug Liman, avec Matt Damon et Franka Potente:
On se rend compte a posteriori à quel point Jason Bourne et sa franchise ont eu un impact sur les films d'action. Le côté réaliste est aujourd'hui un point de vue prisé par les réalisateurs de ce style. "La Mémoire Dans la Peau" se paye en plus le luxe d'une histoire plus que correcte et de personnages soignés. Rajoutez une scène culte (la course poursuite en Mini dans Paris, avec Oakenfold en fond sonore) et vous obtenez une référence du genre.
15/20
- Une Nouvelle Chance (2012 ) de Robert Lorenz, avec Clint Eastwood et Amy Adams:
Deux films sur le base-ball en si peu de temps, les amateurs apprécieront. Contrairement au "Stratège", et même s'il est très présent dans l'histoire, le sport ne sert que de trame de fond à une intrigue relationnelle père-fille. Le casting est parfait, et il est marrant de constater que, bien que réalisé par un autre, le film pourrait tout à fait être signé par Clint Eastwood, tant la ressemblance est frappante. Nous sommes donc en terrain connu, et malgré un rebondissement de trop à mon goût, "Une Nouvelle Chance" se laissera regarder avec grand plaisir.
14/20
- Populaire (2012) de Régis Roinsard, avec Déborah François et Romain Duris:
Un film de compétition de dactylographie, il fallait oser! Le pari est pourtant réussi grâce à une superbe reconstitution et un parti-pris d'un autre temps dans la réalisation, complètement assumé. Une belle légèreté. Déborah François est parfaite dans le rôle.
13/20
dimanche 23 février 2014
Quicktest Musique!
- Two Door Cinema Club - Beacon (2012):
Il a suffit d'un tube au groupe irlandais sur son premier album pour se retrouver propulsé au sommet. Ce deuxième album a tous les arguments qu'il faut pour confirmer. Leur pop rock est certes assez léger, mais leurs mélodies font mouche, tout comme leurs rythmes, efficaces et dansants. Rien d'exceptionnel dans le fond, mais de bonnes chansons pop.
14/20
- Chvrches - The Bones Of What We Believe (2013):
Chvrches est clairement la révélation de l'année musicale 2013. Son electro pop aux couleurs 80's s'appuie sur les chansons et le talent de sa chanteuse, Lauren Mayberry et soyons clairs, ce premier album est proche du sans-faute. Dans sa composition, dans ses arrangements, les ambiances sont soignées et l'album cohérent. Je verrai au mois de mars si le trio passe brillamment l'épreuve du live et nous verrons dans les années à venir si la confirmation se fait ou pas. L'album se suffit pour l'instant à lui-même, apprécions le à sa juste valeur.
16/20
jeudi 20 février 2014
Top 5 Cinéma ... 2012...
Oui, vous avez bien lu, on est début 2014 et je fais un bilan des films de 2012! La version officielle, c'est que si vous voulez faire un vrai point sur quelque chose, il faut avoir bosser dessus. Cela nécessite du temps, mais aussi du recul. Et avec ce recul, mon bilan n'en sera que meilleur.
La version officieuse, c'est que je viens à peine de finir de voir tous les films que je voulais voir en 2012... Mais je trouve la version officielle plus sérieuse, donc on restera sur celle là ok?
Avant de vous dévoiler les 5 meilleurs, je vais vous parler du pire. Le pire film de 2012, pour moi, est "Abraham Lincoln: Chasseur de Vampires". Le pitch vaut déjà son pesant de moquerie, et le contenu est au niveau. Vous vous doutez que ni la partie historique, ni la partie vampirique ne sont respectées, et c'est réalisé à la truelle. Reste donc le côté nanar, délire entre potes. Perso, ça ne m'a pas parlé mais j'en connais que ça a fait rire, donc pourquoi pas, après tout.
Dans la catégorie films français, 2012 était l'année de "The Artist", mais j'ai préféré récompenser une bonne comédie. Parce que, depuis des lustres, les mots bonne, comédie et française ne vont pas souvent ensemble. Regardez "Radiostars" et rigolez un bon coup. Il y en a pour tous les goûts: du gras, du subtil, de la vanne entre potes... C'est bien écrit, les acteurs sont sympas, et on passe franchement un très bon moment!
En ce qui concerne nos petites têtes blondes, mais pas que, le meilleur film d'animation est sans aucune contestation possible "Rebelle" . D'abord, ce n'est pas une suite, c'est toujours une bonne nouvelle de voir un peu de créativité dans les studios! Ensuite, le personnage est des plus attachants, et enfin, l'univers écossais dans lequel cette adorable rouquine évolue est juste merveilleux. Un très bon Disney Pixar! Pour les grands et les petits!
En passant au peigne fin les sorties de 2012, je me suis rendu compte que ce n'était pas une super année de cinéma. De bonnes choses, un peu moins de suites que d'habitude, mais pas énormément de films qui nous marquent. Pas de quoi se plaindre tout de même, notamment grâce à un cinéma indépendant qui semble reprendre une position un peu plus flatteuse dans les programmations hebdomadaires. Voici mon Top 5:
- 5: The Dark Knight Rises, de Christopher Nolan, 3ème impressionnant volet de cette excellente trilogie Batman. Forcément en dessous du 2ème épisode, mais sans problème dans le Top 5!
- 4: Martha Marcy May Marlene, de Sean Durkin, un voyage aussi beau que dérangeant dans l'univers des sectes. Troublant, à différents niveaux.
- 3: The Impossible, de Juan Antonio Bayona, où comment l'histoire vraie de cette famille victime du tsunami va vous retourner et vous émouvoir au plus haut point.
- 2: Prometheus, de Ridley Scott, préquelle moyennement annoncée d'Alien, mais avec finalement ce qu'il faut de fond pour se suffire à elle-même et n'être qu'un gros clin d'oeil au chef d'oeuvre de Sir Ridley.
And number one!
- 1: Argo, de Ben Affleck, encore une histoire vraie, aussi incroyable soit elle, parfaitement portée à l'écran par Ben Affleck, qui est un très grand réalisateur! Un suspense et une maîtrise qui mérite le titre de film de l'année!
samedi 8 février 2014
Live Report: Lite, Physics House Band, Espace B, Paris, 05-02-2014
Après Depeche Mode à Bercy cinq jours avant, me revoici à un concert qui rentre plus dans mes habitudes. Un petit concert dans une petite salle avec des groupes que (presque) personne ne connait. Dit comme ça, ça sonne un peu élitiste, ça l'est peut-être pour certains. Je ne le suis personnellement pas et suis ravi de vous pondre ce petit review que peu de gens liront finalement. Mais je me dois de le faire pour vous parler de Lite, ce fabuleux groupe de rock instrumental japonais, qui mérite beaucoup plus que de jouer devant un Espace B, certes bien rempli. En attendant, on s'est tous contenté, avec bonheur de cette affiche de rock instru de qualité.
Les anglais de Physics House Band se chargeaient de l'ouverture. Pour reprendre la blague de Fannette, un groupe de math-rock qui s'appelle Physics House Band, tout un programme, que je n'avais évidemment pas révisé. Eux ont bossé en tout cas, car le jeu est des plus carrés. D'une précision technique chirurgicale, le trio impressionne et en profite pour rapidement envoyer sévère. Il alterne les phases atmosphériques à base de claviers et le rock (très) dur. Musicalement, les trois anglais ont des idées, c'est évident, et vont jusqu'au bout de celles ci. Et j'aurai presque tendance à dire que c'est peut-être leur défaut. Les passages techniques manquent de fluidité, les zones de bourrinage sont un peu fatigantes, et les parties atmosphériques font trop retomber l'ambiance. De nombreuses qualités, quelques défauts, à vouloir peut-être trop calculer, les Physics House Band nous laissent un bon goût dans la bouche, alors qu'il aurait pu être excellent avec un peu plus de naturel et de feeling. Ils ont quand même bien mérité leur vidéo, un peu plus "The Mars Volta" que le reste de leur show:
Je me suis demandé combien de fois Lite était venu en France. Après les avoir vu au Glaz'Art il y a quelques années, je suis en tout cas ravi de les retrouver en connaissant cette fois beaucoup plus leur musique. Après un passage au stand pour leur acheter quelques disques, indisponibles sur notre territoire, les japonais rentrent en scène avec quelques problèmes techniques. Tout rentre dans l'ordre après un ou deux titres, et on peut s'engouffrer la tête la première dans leurs instrumentations chaloupées mais toujours extrêmement parlantes. C'est pour moi la grande différence entre Lite et le reste des groupes instrumentaux. Il y a un feeling, ils ne sont pas forcément dans la puissance. On tutoie la pop ("Echolocation"), le jazz ("Hunger"), l'electro et bien sûr le rock, plus ou moins puissant selon l'envie du bassiste, et son son qui peut montrer les dents. Les riffs nous parlent, les rythmes nous font bouger et on finit forcément par danser à un concert de Lite. Leur maîtrise technique n'a en tout cas d'équivalent que leur gentillesse apparente. Tout sourire, ils sont les premiers surpris de constater que l'Espace B a fait le plein et que le public n'est pas là par hasard. "Ef", "Image Game" ou le dernier "Bond" nous sont connus et font monter l'intensité pas à pas. Au point de presque nous frustrer après une heure seulement de concert, rappel inclus. Pas grave, il vaut mieux comme on dit une heure de qualité maximale qu'une heure et demi qui se traîne un peu. La frustration viendra surtout du fait qu'on ne sache pas trop quand on pourra revoir ce groupe génial, venu d'un autre continent, à la fois si proche et si lointain à notre époque.
J'étais déjà fortement preneur de la musique du quatuor japonais avant cette soirée, mais celle-ci m'a définitivement fait basculé du côté des fans absolus. Totalement convaincu par leur musique, par leur talent, par leur cohérence, malgré la variété de leur style, et maintenant par leur gentillesse et leur simplicité, Lite est un groupe à part, à supporter autant que possible. La grande classe! Again!
jeudi 6 février 2014
Quicktest Ciné!
- Gravity (2013) d'Alfonso Cuaron, avec Sandra Bullock et George Clooney:
Sans conteste l'événement SF de 2013, "Gravity" mérite largement son succès et sa réputation tant l'immersion spatiale est totale. Bien sûr, il sera conspué pour son manque de fond si on le compare à "2001, L'Odyssée de l'Espace". Argument irrévérent à mes yeux, vu que "Gravity" n'a aucune prétention métaphysique. C'est un film fait pour le cinéma, pour la 3D, pour le plaisir d'en prendre plein les yeux. Et s'il n'est pas aussi intellectuel que le Kubrick, cela ne veut pas dire pour autant que Cuaron n'y a pas caché quelques éléments de réflexion. A voir et à revoir, maintenant que la ferveur est retombée.
16/20
- La Cage Dorée (2013) de Ruben Alves, avec Rita Blanco et Joaquim de Almeida:
Il n'a pas de cliché sans feu. Si cette expression n'existe pas, je l'invente de ce pas. Ce film sur la communauté portugaise en est le meilleur argument tant les stéréotypes s'enchaînent. Pourtant, je mets au défi quiconque ayant des origines lusitaniennes de ne pas reconnaître plein de choses dans ce film. Le cliché bascule du coup dans la nostalgie et le plaisir qui vient avec est loin d'être anodin.
12/20
- Les Mondes de Ralph (2012) de Rich Moore:
Prometteur sur le papier, ce Disney s'avère être un grosse déception pour les amateurs de jeu vidéos. Malgré les nombreux et succulents featurings, le film manque cruellement de personnalité, à l'image du personnage principal, sympathique au demeurant. Il remplit quand même le cahier des charges des non gamers, grâce à quelques jolis moments graphiques, mais ne restera pas pour autant dans nos mémoires vives.
11/20
- Des Hommes Sans Loi (2012) de John Hillcoat, avec Shia LaBeouf et Tom Hardy:
La Prohibition est une période de l'histoire américaine qui peut se révéler très cinématographique lorsqu'elle est bien mise en valeur. C'est le cas ici, où John Hillcoat nous distille une ambiance enivrante, notamment grâce à des excellents acteurs, avec leurs mines patibulaires et leurs accents à couper au couteau. Un bon film.
14/20
mercredi 5 février 2014
Live Report: Depeche Mode, Feathers, Bercy, Paris, 31-01-2014
Presque 10 mois que je n'étais pas allé à un concert! Ca manquait un peu quand même. Et quoi de mieux du coup que d'assister à quelque chose d'un peu différent par rapport à d'habitude, c'est-à-dire, un gros concert dans une grande salle. Direction Bercy, pour le voir une dernière fois avant sa rénovation cette année, pour applaudir le mythique groupe anglais. Je les aime beaucoup, mais contrairement aux personnes que j'accompagnais et 99% de l'assistance, je ne suis pas non plus un fan absolu. Il était intéressant pour moi de voir ce concert avec un oeil un poil plus neutre que tout le monde. Alors, Depeche Mode? Simple grosse machine ou groupe culte?
En première partie, les demoiselles de Feathers n'ont rien inventé et ne surprennent personne dans ce rôle d'ouverture. Avec des sons typiquement new wave, elles nous séduisent par quelques jolies mélodies mais manquent un peu de maturité musicale pour convaincre totalement. A suivre, tout de même.
Quinze ou vingt minutes après commencent à résonner les premières notes d'une longue intro techno minimale, qui fera le lien vers 21h avec le show de Depeche Mode. 21h? C'est tôt. En même temps, c'est un concert de papy, vous attendiez quoi? Il est pourtant frappant de voir que même si l'assistance est en grande partie composée de quadras, voire de quinquas, les trentenaires sont là aussi. Mais aussi des jeunes de 25 ans. Et les enfants des quinquas qui accompagnent leurs parents. DM a traversé les années, les décennies même, mais continue d'être créatif et de toucher les différentes générations. Et on ne fait pas ça avec un minimum de classe.
A propos de classe, que dire de la veste à paillettes de Dave Gahan lors de son entrée sur scène? Heureusement qu'il a la bonne inspiration de l'enlever très rapidement. Plus sérieusement, comment parler de Depeche Mode sans parler de son illustre frontman, capable donner chaud à 90% du public en un seul coup de rein. Vocalement, il est d'une influence notable sur cette aura naturelle qui ressortent de leurs hymnes. N'en oublions pas Mister Martin L. Gore, qui, si l'on considère que c'est dans la durée que l'on voit la vraie valeur des choses, s'installe comme un véritable génie de la musique de ces 30 dernières années. Et puis, il y a Fletch... Impassible, mais toujours là, plus mystérieux que jamais. Notons aussi l'apport, d'importance, des vidéos sur les écrans géants, sûrement toutes concoctées par le grand Anton Corbijn, qui renforce la personnalité du groupe sur scène, comme il le fait déjà en dehors.
La playlist enchaîne les nouveautés du dernier album "Delta Machine", les tubes absolus comme "Walking In My Shoes", ou des morceaux oubliés et dépoussiérés, que les fans seront ravis de réécouter. Bien sûr, tout est parfaitement rodé depuis belle lurette, même un bleu comme moi sait placer les "Yeah That's Right" au bon endroit sur le mythique "Enjoy The Silence". Et quand le concert ne se termine pas sur "Never Let Me Down Again", on attend patiemment le rappel. Du travail bien fait, mais ne pensez pas une seule seconde que DM n'est qu'une grosse machine. La passion est encore là, il est impressionnant et contagieux de voir l'enthousiasme de ces cinquantenaires sur un "Just Can't Get Enough", qu'ils ont dû joué un million de fois. Ils s'amusent comme des fous, les haches de guerre inhérentes à ces longues carrières semblent enterrées, et on prend un joli pied à les voir prendre le leur. Tout ça couplé évidemment à la qualité des morceaux interprétés. Vraiment la grande classe.
Alors, Depeche Mode? Simple grosse machine ou groupe culte? J'ai envie de dire: les deux! 30 ans après avoir contribué à l'invention de la new wave, et donc d'à peu près tout ce qui est électronique dans nos musiques actuelles, le trio montre un talent de composition hors pair, et ce quelque soit l'époque de composition, puisque les derniers albums sont plus que qualitatifs. A 50 ans passés, Depeche Mode est à jamais un groupe culte, qui a inventé, traversé et sublimé beaucoup de choses musicalement, et on ne peut que leur montrer le plus grand des respects. Vivement la prochaine tournée. Bravo Messieurs!
dimanche 5 janvier 2014
Quicktest Ciné!
- Les Grands Fonds (1977) de Peter Yates, avec Nick Nolte et Jacqueline Bisset:
Plongée, chasse au trésor, une pointe de voodoo... Les éléments de base sont excellents pour ce vieux mais bon film d'aventure. La tension est parfaitement maîtrisée, bien aidée par la claustrophobie relative aux fonds marins. Une bonne surprise, vu que je n'avais jamais entendu parlé de ce film!
13/20
- The Impossible (2012) de Juan Antonio Bayona, avec Naomi Watts et Ewan McGregor:
Ce film bringuebale nos émotions comme le tsunami bringuebale les personnages. Il me semble difficile, voire impossible, de ne pas être ému par le sujet (une histoire vraie), parfaitement exploité par une très bonne mise en scène qui ne nous laisse que peu de répit. Pas assez peut-être, vu que la fin nous touchera moins que le reste du film. Normal, votre système lacrymal aura eu le temps de se vider trois fois d'ici là.
14/20
- Seven Psychopaths (2012) de Martin McDonagh, avec Colin Farrell et Woody Harrelson:
"Comme les 7 Mercenaires, mais avec des Psychopathes". Avec une accroche aussi géniale, on ne pouvait que craindre la déception. Entre du Charlie Kaufman et du Tarantino, ce film bancal arrive à nous surprendre et nous suspendre grâce à quelques séquences fabuleuses et un casting à tomber par terre de classe. Le reste manquera tout de même de personnalité. Plutôt agréable quand même.
13/20
- Melancholia (2011) de Lars Von Trier, avec Kirsten Dunst et Charlotte Gainsbourg:
La première partie du film est vraiment dure à encaisser. Complètement dans le Dogme, ce sera un moment vraiment pénible à supporter pour tout ceux qui ne s'y reconnaissent pas. Heureusement, la deuxième partie est plus prenante et fait surtout montre de l'évolution artistique du réalisateur. Mais le retard pris au départ ne sera, en ce qui me concerne, pas rattrapé.
09/20
samedi 4 janvier 2014
Quicktest Musique!
- Fiona Apple - The Idler Wheel is Wiser than the Driver of the Screw and Whipping Cords Will Serve You More than Ropes Will Ever Do (2012) :
Fiona est pour moi l'artiste de ma post-adolescence et de toutes les noirceurs qui pouvaient y être rattachées. On grandit, ces noirceurs s'estompent et on a moins envie d'écouter Fiona. Sauf que Fiona a grandit aussi, et même si cet album n'est toujours pas un hymne à la joie de vivre, on sent une assurance et une maturité fort appréciables. Musicalement, on n'a jamais eu à douter de son talent mais certains arrangements réussissent encore à nous mettre à genoux ("Hot Knife"). Quel bel album! Merci miss Pomme!
16/20
- Liars - WIXIW (2012):
Ce mystérieux titre, "WIXIW", ne nous donne pas trop d'information sur le contenu du 6ème album des New-Yorkais. Pas plus que son visuel. Cet album marque un virage prononcé vers une musique plus électronique, mais ce n'est pas en l'écoutant que le mystère se dissipera. Electro? New wave? A coup sûr expérimental en tout cas, et à coup sûr suffisamment hypnotique et qualitatif pour permettre à l'auditeur de se moquer des étiquettes. Du très bon!
15/20
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