jeudi 26 juillet 2012
Live Report: Hot Chip, Breton, Cité de la Musique, Paris, 07-07-2012
C'est dans le cadre du festival Days Off que je verrai Hot Chip pour la première fois. Ce festival, tous les ans très attendu, prend place à la Cité de la Musique ou à la salle Pleyel. La programmation 2012 était aussi éclectique que les éditions précédentes, avec Yann Tiersen, Steve Reich ou encore Damien Rice. Et donc Hot Chip, que j'attendais de voir depuis bien longtemps. La déception ne semblait pas avoir sa place si l'on considère la réputation du quintet sur scène, et au vu surtout de la qualité de leur cinquième opus, sorti quelques jours plus tôt.
C'est le phénomène Breton qui ouvrait. Phénomène annoncé, mais non vérifié par mes soins. Comme d'habitude, je suis arrivé assez tard à cause du travail, et je n'ai entendu que deux titres du combo. Le peu que j'ai entendu ne m'a pas semblé mémorable, avec un mélange de sonorités electro et d'énergie rock, des breaks originaux pour les non initiés mais pas vraiment marquants pour quelqu'un qui connaît le rock un peu complexe. Accompagné d'un environnement vidéo bien chiadé, voici une première partie qui semblait tout de même de bonne facture à défaut d'être le phénomène attendu. Mais je tirerai ma conclusion le jour où je les verrai ou les écouterai pleinement.
Et puis, enfin, le quintet londonien est entré sur scène, avec l'excellent "Motion Sickness" en préambule. Le moins que l'on puisse dire, c'est que le son est excellent! Pas trop fort, pas besoin de bouchons, on entend bien tous les instruments. Les cinq sont accompagnés de 2 comparses, dont la batteuse, qui donne une patate incroyable à l'ensemble. Les tubes s'enchaînent avec les titres du dernier album... qui sont déjà des tubes, ce qui règle le problème: chaque morceau est un moment de bonheur. "Boy From School", "One Life Stand", "Over and Over", "I Feel Better" pour les classiques, "Don't Deny Your Heart", Night and Day" ou "Flutes pour les morceaux récents. Et on se rend compte que tous les chansons d'Hot Chip sont incroyablement bien écrites, mais aussi très bien adaptées à la scène. On danse sur ces rythmes contagieux, on chante ces mélodies imparables, et on passe un moment mémorable avec un des groupes les plus intéressants de ces dernières années.
Le concert ne fût pas extrêmement long, une heure et quart environ, mais sans un moment de faiblesse, comme en atteste cet impérial "Hold On" de fin. Un moment musical comme on en connaît peu, et j'ai hâte de revoir Hot Chip en novembre, dans le cadre du festival des Inrocks. Si vous avez l'occasion de les voir sur scène un jour, n'hésitez pas, leur réputation n'est en aucun cas usurpée. Et si vous ne voulez pas payer une place pour prendre ce risque, la Cité de la Musique prend l'initiative de partager tous ses concerts, gratuitement sur son site. En gros, cliquez sur le lien juste en dessous et regarder en intégralité le concert dont je viens de vous parler. C'est pas beau ça??
http://www.citedelamusiquelive.tv/Concert/0989811/1.html
mercredi 18 juillet 2012
Quicktest Ciné!
- Fast and Furious 5 (2011) de Justin Lin, avec Vin Diesel et Paul Walker:
Le film d'action a pris une autre dimension depuis les aventures de Jason Bourne, le réalisme et l'intensité des cascades nous en mettent désormais plein la tête. FF5 continue le virage amorcé dans l'épisode précédent. On laisse tomber les filles en petites tenues et les voitures servent à faire des casses. Moins bien que le 4 mais tout de même efficace, le nouveau visage de la franchise tient la route et on s'attache même aux personnages.
13/20
- Dérapage (2006) de Mikael Hafstrom, avec Clive Owen et Jennifer Aniston:
Un jeu de dupes qui fonctionne très bien, bien aidé par des personnages auxquels on s'attache, parfaitement interprétés par des acteurs au niveau, notamment Clive Owen, excellent. Rien d'extraordinaire, mais de quoi passer un bon moment.
13/20
- Voyage au Bout de l'Enfer (1978) de Michael Cimino, avec Robert DeNiro et Christopher Walken:
Parmi tous les films sur le Vietnam, "Voyage au Bout de l'Enfer" a la réputation d'être le plus réaliste. Pourtant, les scènes sur place sont peu nombreuses, Cimino se base sur la psychologie des personnages avant qu'ils partent, et à leur retour. Le film possède une force assez incroyable qui en fait un incontournable, dans le genre, mais pas que. A voir!
16/20
- Projet X (2012) de Nima Nourizadeh, avec Alexis Knapp et Thomas Mann:
L'idée aurait pu être sympathique mais la surenchère des évènements dessert plus qu'elle ne sert. Calibré pour les 14-18 ans, décrit comme l'"American Pie" d'aujourd'hui, ce film, pas entièrement mauvais, ne saura toutefois toucher un autre public.
09/20
dimanche 1 juillet 2012
Le Crépuscule des Pharaons - Musée Jacquemart-André (Paris)
7 ans déjà après le carton de la superbe exposition "Pharaons" à l'Institut du Monde Arabe, l'Egypte retrouve la une de l'actualité avec 2 évènements qui lui sont consacrée. Le Paris-Expo parie sur le gigantisme avec la reconstitution du tombeau de Toutankhâmon, là où Jacquemart-André s'intéresse à la fin des dynasties égyptiennes. Pour être franc, ayant vu et adoré l'expo de 2005, je ne pensais voir ni l'un ni l'autre. Pourtant, une invitation des familles n'a eu aucun mal à me convaincre d'aller jeter un oeil du côté du boulevard Haussmann.
Le musée Jacquemart-André est un ancien hôtel particulier, une sorte de bulle sur le long boulevard parisien, tant cette impressionnante propriété nous donne l'impression de sortir de la capitale. Une fois dans sa cour, il n'est plus très difficile de s'évader. On visite d'abord la collection permanente, dispatchée dans les différentes pièces du bâtiment, avant de profiter du premier étage qui abrite l'expo.Quelques grands noms de la peinture, comme Rembrandt, Boticelli ou Van Dyck, sont présents, et on prend plaisir à visiter la maison, malgré un certain classicisme général des oeuvres de cette permanence.
On accède donc au premier étage, et à cette exposition temporaire retraçant les derniers siècles des dynasties égyptiennes. Dans un cadre soigné, les oeuvres sont très bien mises en valeur avec des salles aux différentes thématiques. Les visages, les pharaons, le royaume des morts, l'univers des Dieux et leur représentation animale. Tout est bien organisé, et même si, personnellement, je suis toujours adepte des parcours chronologiques, on n'a rien à reprocher à ce niveau là à l'exposition.
Rien à redire non plus sur la qualité des objets proposés. Des statues ou statuettes magnifiques, des dorures éclatantes, un sens du détail et un savoir-faire d'une époque qui impressionne. 120 pièces au total. Malheureusement, sur ces 120 items, la grande majorité sont des sculptures. Pas un problème en soi si vous aimez ça. Mais une certaine redondance pour les non-amateurs. Du coup, on appréciera d'autant plus les imposants cercueils ou les fascinantes représentations animales, qui se démarqueront du reste de l'expo. Je me trompe peut-être mais il me semble que le "Pharaons" de 2005 proposait quelque chose de beaucoup plus varié.
Je suis donc ressorti de ce "Crépuscule des Pharaons" avec un avis mitigé. Le plaisir de se replonger dans cette passionnante mythologie est là, ainsi que le plaisir de découvrir le cadre de Jacquemart. Mais il ne m'a fallu plus de 45 minutes pour faire le tour des 120 statues, ce qui m'aurait un peu frustré si j'avais dû payer. Le thème un peu trop restreint et la redondance générale si vous n'êtes pas un passionné de sculpture archéologique ne fera malheureusement pas de cette exposition un must des expositions à voir en ce moment. A réserver aux passionnés.
jeudi 21 juin 2012
Monumenta 2012: Daniel Buren, Nef du Grand Palais (Paris)
Depuis 2007, le Nef du Grand Palais accueille chaque année cet évènement exceptionnel qu'est le Monumenta. Le principe est le suivant, un artiste contemporain investit ses 13500 m2 et se l'approprie, créant ainsi un environnement artistique original. Après Anish Kapoor l'an dernier, c'est Daniel Buren qui a pris les rennes de cette édition 2012. Je ne suis pas un grand connaisseur de son oeuvre, à part ses célèbres colonnes, mais je m'en voulais d'avoir manqué l'édition 2011. Je me suis donc précipité hier pour en être, un jour avant la fin. Oui, ça se termine aujourd'hui!
Quand on rentre sous cette immense verrière, on est forcément ébahi. La taille du bâtiment est impressionnante, et la sensation que procure sa clarté est plus qu'agréable, surtout par beau temps. Y entrer en sachant qu'une oeuvre nous y attend fait forcément son petit effet. Dans la façon dont Buren s'est approprié l'endroit, la chose qui marque le plus, ce sont les couleurs, sublimées par cette fameuse lumière entrante. Des cercles oranges, jaunes, verts et bleus, se reproduisant à l'infini, supportés par des poteaux noir et blanc rappelant ses colonnes. Ces teintes douces nous caressent le visage et nous apaisent, loin du tumulte parisien. On avance doucement, et on regarde le ciel à travers ses anneaux colorés. Et le sol aussi.
On se rend quand même compte à un moment donné que 95% de l'exposition repose sur ces cercles, et la frustration vient nous titiller. L'art de Buren repose en grande partie sur des formes simples et un choc de teintes, on le sait, et ce Monumenta est tout à fait cohérent à ce niveau. On ne peut tout de même s'empêcher de penser à l'édition précédente et à l'impressionnante façon dont Anish Kapoor s'était approprié l'endroit, ou au sens plus profond des tas de vêtements de Boltanski en 2010. Mais peut-être que l'artiste français a juste voulu réaliser une sorte d'ode au bien-être, et dans ce cas, c'est plutôt réussi.
Deux trois choses viennent tout de même agrémenter tout ça, notamment la décoration du haut de la Nef. Une série de miroirs au sol donnent aussi un point de vue différent sur l'environnement. Même chose pour les escaliers à droite, qui permettent une vue globale et de haut, plutôt magnifique.
A défaut d'être totalement conquis par le travail de Daniel Buren, ce Monumenta nous emmène donc dans un univers reposant, coloré et dépaysant, dans lequel on prendra plaisir à se balader et se vider la tête. Il ne vous reste plus que quelques heures pour en profiter et vous faire du bien!
dimanche 17 juin 2012
Quicktest Ciné!!
- Mission: Impossible 4 - Protocole Fantôme (2011) de Brad Bird, avec Tom Cruise et Jeremy Renner:
Je ne suis à la base pas un fan de la franchise mais ce volet avait bonne réputation. A juste titre! Parfaitement dirigé par le réalisateur des "Indestructibles", on est magnétisé par cette team parfaite. Renner a la classe, Paula Patton est une belle découverte, Simon Pegg réussit à nous faire rire et à rester crédible, et Tom Cruise est parfait. Un excellent film d'action!
15/20
- Une Vie Meilleure (2012) de Cédric Kahn, avec Guillaume Canet et Leïla Bekhti:
Une histoire fait-divers à laquelle on ne croit que par instants. A force de vouloir lui donner un ton réaliste, Kahn n'insuffle pas vraiment de rythme à son film et ne développe pas vraiment d'empathie pour les personnages. Ainsi, même si le récit le justifie, on s'étonne de voir disparaître Leïla Bekhti d'une grande partie du métrage. Dommage.
09/20
- Nouveau Départ (2012) de Cameron Crowe, avec Matt Damon et Scarlett Johansson:
Vous cherchez un moment guimauve? Ne cherchez plus. Je ne sais pas du tout si ce film a du fond, ou si on est juste en face d'une petite histoire (vraie) mignonnette. Peu importe, ça fonctionne. Les personnages sont plus qu'attachants, et tout le reste tient la route. Et les animaux finissent de nous achever. Un très joli moment donc, même si tout le monde n'aime peut-être pas la guimauve...
14/20
- John Carter (2012) d'Andrew Stanton, avec Bryan Cranston et Mark Strong:
Oui c'est spectaculaire. Mais franchement, ça ne vole pas très haut. Il y a quelques bonnes idées par ci par là, mais on sent trop le film de studio sans âme qui aligne les formules pour gagner des entrées. Rien de mauvais, mais rien d'indélébile. On oubliera tout ça bien vite.
09/20
samedi 9 juin 2012
Quicktest Musique!
- Gustav Holst - The Planets (1914-1917) + A Somerset Rhapsody (1907) + Colin Matthews - Pluto (2000):
Une oeuvre phare de la musique classique du 20e siècle, qui aura plus qu'influencé le cinéma américain. N'est-ce pas John Williams (Star Wars, Indiana Jones, ...)? Impressionnant de puissance et de beauté, ces Planètes sont à mes yeux l'un des monuments du genre. A écouter si vous aimez le classique (ou pas) et les musiques de films.
16/20
- 36 CrazyFists - Collisions & Castaways (2010):
Je suis du genre à trouver le post-hardcore à tendance metal plutôt répétitif, c'est un peu toujours les mêmes formules, les mêmes riffs. Ce dernier album de 36CF est toutefois assez varié et qualitatif pour me convaincre. Et le dernier morceau, énorme, finit de me convaincre que le jour où j'aurai envie d'écouter de la mèche barbue tatouée, c'est sûrement cet album que je mettrai dans mon lecteur.
14/20
lundi 28 mai 2012
Quicktest Cinéma!
- Hollywoo (2011) de Frédéric Berthe et Pascal Sérieis, avec Florence Foresti et Jamel Debbouze:
Quel est l'intérêt premier du film? Si le but était de faire une comédie avec Jamel et Florence Foresti, on est en présence d'une grosse catastrophe! Sinon, on dira juste que ce n'est pas terrible, et ce grâce à des personnages annexes plutôt sympas. Les deux stars se contentent de leur registre, et devraient penser à renouveler leur palette.
06/20
- Sherlock Holmes 2: Jeu d'Ombres (2011) de Guy Ritchie, avec Robert Downey Jr et Jude Law:
Une suite sans grand intérêt, plus prétentieuse qu'efficace dans sa réalisation. J'avais entendu dire que ce second volet était très proche du premier, pourtant on ne retrouve plus l'ambiance "Vieux Londres" entraperçue dans le premier épisode. J'ai gardé quelques bons souvenirs du 1, le 2 sortira de ma mémoire assez vite.
10/20
- Vendredi 13 (2009) de Marcus Nispel, avec Jared Padalecki et Derek Mears:
Sans aucun doute le pire épisode de la série. Et pourtant, il y en a eu des suites, plus de 10! Je ne suis pas un fan de cette franchise, et j'ai ressenti ce "remake" comme une insulte. Je n'ose même pas imaginer ce qu'en ont pensé les fans. Jason doit se retourner dans sa tombe. En espérant qu'il sera un peu plus respecté la prochaine fois qu'on le fera en sortir.
03/20
- Sexe Entre Amis (2011) de Will Gluck, avec Mila Kunis et Justin Timberlake:
L'un des deux films sur le même thème sortis presque au même moment, et celui-ci est censé être moins bien. Pourtant, la complicité est parfaite entre Timberlake et Mila Kunis. Malgré quelques passages un peu trop plein de sucre, on rigole énormément grâce à des dialogues au poil et des seconds rôles formidables (la mère, Woody Harrelson en gay). Une bonne comédie!
13/20
samedi 26 mai 2012
Live Report: Stuck In The Sound, Birdy Hunt, EMB, Sannois, 16-05-2012
Ah le rock en France... Ce n'est pas gagné, ce n'est tellement pas dans notre culture. Mais quelques espoirs sont tout de même permis, certains individus (à commencer par votre humble serviteur) essaient de proposer quelque chose de différent, d'ambitieux, et de montrer que tout est possible. Même faire du rock en France. C'est par exemple le cas des Stuck In The Sound, quatuor parisien qui en est déjà à son troisième album. Ils assurent sur disque, et ont la réputation d'envoyer de la saucisse sur scène. L'occasion était trop belle, l'Espace Michel Berger à Sannois étant à 30 minutes de chez moi. Cela m'évitera d'attendre la fin de l'année pour un Olympia à plus du double de prix.
En première partie, Birdy Hunt emballe la jeune assistance avec son surf rock avec des références clairement affichées, de Bloc Party aux Vaccines. Rien d'exceptionnel, mais de quoi passer le temps avec quelques morceaux intéressants et d'autres clairement déjà entendus. Une première partie mitigée, mais comme d'habitude, on a vu tellement pire que l'on ne classera pas du tout ces jeunes gens dans la catégorie "mauvais souvenir".
Louis et moi étions justement en train de dire que les salles de banlieues étaient toujours à l'heure, qu'un problème technique retarda l'entrée en scène des Stuck. Rien de grave, et on a pas du tout regretté cette attente. D'entrée de jeu, le quatuor aidé d'un comparse envoient sévère, enchaînant la subtilité de certaines compositions récentes et la fougue de titres plus anciens. Cà joue bien, José chante juste et harangue la foule avec une aisance en apparence naturelle. Le leader est vraiment impressionnant notamment vocalement, où son timbre de voix haut perché ne déraille jamais. Les chansons s'enchaînent, les impeccables singles du dernier album, "Brother" et le génial "Pursuit" nous en mettent plein les oreilles, le deuxième album nous rappelle à l'ordre et se pose comme l'un des meilleurs albums rock français de ces dernières années, et l'énergie limite punk de "Toy Boy" et autres représentant de "Nevermind The Living Dead" termine le travail. Les Stuck sont une machine de guerre bien rodée maintenant, tout est bien composé, bien interprété et nous convainc que l'on a devant nous un groupe spécial.
Si vous ne l'avez pas compris, je vous le redis. Stuck In The Sound est un des rares groupes français à vraiment valoir la peine sur la scène rock française, que ce soit sur disque ou sur scène. Donc n'hésitez pas si vous avez la possibilité de les découvrir d'une façon ou d'une autre. Et comme d'hab, les salles de banlieues assurent avec un concert à 15€ d'une indéniable qualité. Un très bon moment!
samedi 12 mai 2012
Hot Chip - Made In The Dark (2008)
Le 3ème album est un tournant important dans la carrière. Il faudra à la fois confirmer et faire des choix. Les deux premiers disques de Hot Chip étant finalement assez différents, presque soul pour "Coming on Strong", plus electro pour "The Warning", on se demande ce que le quintet londonien nous a réservé pour cette troisième réalisation.
Sans grande surprise, le groupe a obté pour ... la surprise justement. Ce qu'on aime chez ces Grands Bretons, c'est cette volonté de ne jamais faire la même chose. Dès le premier morceau, on retrouve des sons inédits, une rythmique pas tout à fait conventionnelle. Le rythme sera d'ailleurs le mot clé de la moitié de l'album, comme dans "Shake A Fist" ou "Hold On", où l'on retrouve énormément de percussions. Même l'aspect purement electro semble avoir été pensé autrement, comme l'atteste le single "Ready For The Floor", plus classique que le reste de l'album tout de même. Niveau single, notons que "One Pure Thought" se pose peut-être comme l'une des meilleures chansons écrites par le combo. Et toujours avec ce rythme différent, plus exotique. Rassurez-vous, Hot Chip n'a pas perdu son légendaire sens de l'humour, on l'entend dans "Wrestlers" ou à l'intérieur de "Shake A Fist" avec ses "Sounds Of The Studio". Même si dans l'ensemble, ce troisième album paraît plus sérieux.
Le deuxième aspect important de l'album est le retour des chansons calmes, façon lover, un peu abandonnées dans le disque précédent. Dès "We're Looking For A Lot Of Love", on retrouve le côté soul de "Coming On Strong". La différence, et ce n'est que mon avis, c'est que la beauté qui ressort de ces titres est toute autre, il y a une mélancolie plus forte, plus assumée. Et même si le second degré n'est jamais très loin chez Hot Chip, on sent quand même une sincérité, une fragilité qui se cachait avant ça derrière l'humour. Le groupe va jusqu'à terminer l'album sur deux douceurs, "Whistle For Will" et "In The Privacy Of Our Love". Drôle de choix, qui nous laisse sur une drôle d'impression, plus touchante qu'à l'accoutumée.
Je ne me lancerai pas dans le cliché de l'album de la maturité car Hot Chip ne sera jamais vraiment mâture, du moins je l'espère. Mais on a le sentiment que le groupe assume plus que jamais ce qu'il a été, et ce qu'il est, grâce à certaines prises de risque, notamment au niveau de la rythmique. Peut-être aussi que les autres membres du groupe se sont davantage imposés par rapport au duo principal, Joe Goddard - Alexis Taylor. Depuis la sortie de l'album de New Build, le projet d'Al Doyle et de Felix Martin, on reconnait plus facilement la patte de Al dans certains riffs, sur "Hold On" par exemple.
Hot Chip est désormais un groupe avec un nombre de cordes à son arc assez impressionnant. Ce "Made In The Dark" est d'une qualité indéniable, et même si je lui ai personnellement préféré "The Warning", son prédécesseur, il a le mérite d'imposer Hot Hip comme le groupe le plus attendu par ceux qui attendent autre chose de la musique électronique.
16/20
dimanche 6 mai 2012
Quicktest Cinéma!
- Les Yeux de Julia (2010) de Guillem Morales, avec Belen Rueda et Luis Homar:
Un bon et beau film, très esthétique. Mais si vous souhaitez un moment frisson, il vous faudra changer de sélection. Il s'agit bel et bien d'un film d'horreur, mais qui joue davantage sur le suspense que sur la terreur. Un bon film qui ne fait pas peur.
13/20
- Un Mari de Trop (2008) de Griffin Dunne, avec Uma Thurman et Colin Firth:
Une comédie romantique quelconque, réhaussée par la présence d'Uma Thurman, qui a quand même tendance à parfois surjouer, mais c'est peut-être ce genre de films qui veut ça car on peut toujours voir autant de subtilité dans son jeu. Sinon, pas à grand chose à retenir de ce long-métrage, même si l'on a vu pire.
10/20
- Green Lantern (2011) de Martin Campbell, avec Ryan Reynolds et Blake Lively:
Une très bonne réalisation de Martin Campbell qui fait passer la pilule de pas mal de choses. Je ne suis pas du tout fan de Ryan Reynolds d'habitude, mais il s'en sort bien ici. L'univers de Green Lantern est assez kitsch, mais il est ici tout à fait assumé, et parfaitement réalisé comme je le disais, ce qui en fait une bonne adaptation.
13/20
- Time Out (2011) d'Andrew Niccol, avec Justin Timberlake et Amanda Seyfried:
L'argent, c'est du temps. Le proverbe inversé devient l'excellent postulat de départ d'un film dont l'idée principale est très bien exploitée. Mais à côté de ça, que de défauts! Le rythme est mauvais (ce qui est étonnant de la part d'Andrew Niccol), certains personnages ne sont pas du tout crédibles, et il est vraiment dommage de voir une si bonne idée gâchée inexplicablement.
11/20
samedi 5 mai 2012
Live Report: Of Montreal, Yip Deceiver, NZCA/Lines, Trianon, Paris, 27-04-2012
Of Montreal en live. Voici un concert qui s'annonce excitant! Quand on voit l'univers barré et bariolé du groupe sur disque, on ne peut que s'attendre à un show déjanté. Avec 2 premières parties, le tout pour 21€, c'était une soirée à ne pas louper pour tout amateur de concert de ce genre.
D'ailleurs, c'est quoi un amateur de musique de ce genre? C'est une question que je me suis posé plusieurs fois. Qui va voir Of Montreal en concert? Je dirai même: qui écoute Of Montreal? A la fois rock, pop, très 70's mais totalement moderne, bien psyché, un poil electro, follement disco, pas vraiment accessible en tout cas... Il y a à boire et à manger dans la musique de Kevin Barnes. Et c'est sans surprise que je me suis retrouvé dans un Trianon à peine à moitié plein. Certains diront que c'est dommage, qu'un groupe aussi exceptionnel devrait au moins remplir une salle de 1200 places, mais ma question me paraît pertinente. Tout le monde ne peut pas écouter Of Montreal. Est-ce élitiste de dire cela? Non, car la musique des américains ne l'est pas. Kevin Barnes est juste un artiste particulier, avec son univers trop psychédélique pour le commun des mélomanes, et qui ne saura convaincre tout le monde. La preuve, c'est que même parmi les fans du groupe, j'ai entendu certains dire qu'ils n'aimaient pas le dernier album. L'essentiel, c'est qu'il y ait suffisamment de monde pour que les musiciens se sentent bien et que tout le monde passe un bon moment. Et ce fût le cas.
Quelques mots sur les deux premières parties, NZCA/Lines a ouvert le bal, avec sa pop electro de qualité correcte. On a parfois penser assez fort à Metronomy sur certains titres, mais leur prestation était plutôt convaincante et se laisser écouter, à défaut de nous embarquer. Il manque quelque chose aux londoniens pour se démarquer des nombreux groupes du même genre musical.
Cela dit, leur prestation n'était pas mal du tout si on la compare à celle de Yip Deceiver. Projet musical de deux musiciens de Of Montreal, on a là aussi affaire à de l'electro pop, mais pas dans le même genre. On a plutôt l'impression d'entendre des rejetons de Mika. Beaucoup trop pop, trop mainstream, les mélodies sont efficaces mais l'ensemble est beaucoup trop sucré pour me convaincre.
Quand la tête d'affiche débarque, c'est forcément autre chose. Of Montreal sur scène, ce sont 7 musiciens en plus de Kevin Barnes, des écrans à foison, des couleurs vives, pour coller avec l'univers psyché du groupe. Dans le genre, il m'a toujours fait penser à Sly & The Family Stone, qui, dans les années 70, mélangeait déjà énormément de styles, et surprenait par leurs tenues, leur excentricité et leur ouverture d'esprit. Voici peut-être la réponse à ma fameuse question. Pour voir un concert de Of Montreal, il faut ouvrir son esprit. Barnes vous y aide petit à petit, avec un début de show relativement pépère. Assis à son clavier, des chansons posées ouvrent le bal. Puis il commence à grandement taper dans l'album le plus connu, "Hissing Fauna, Are You The Destroyer?" et l'ambiance commence à monter. Personnellement, il m'a manqué quelques titres de "False Priest", mon préféré, mais il est vrai qu'avec 11 albums au compteur, le groupe peut se permettre de faire tourner les set-lists. Le show commence à s'agiter et ne cessera de monter en puissance, avant de terminer avec le très long mais monstrueux "The Past Is A Grotesque Animal". En rappel, on a carrément droit à un medley, reprenant quelques titres de différents albums. Excellent!
Le gros plus du show sera l'animation vidéo tout au long du concert, et les différentes surprises qui le jalonneront. Du lâcher de ballons dès le premier titre, aux projections sur des écrans et des draps mobiles, en passant par des catcheurs mexicains décalés, on est complètement happé par le show. La preuve avec la vidéo ci-dessous, qui n'est malheureusement ni de Paris ni de Nantes, où le groupe était le lendemain, mais qui reste de la même tournée. La qualité n'est pas impériale mais cela vous donnera une petite idée de l'ambiance générale!
En définitive, on pourra toujours regretter qu'un si bon groupe ne remplisse pas davantage. Mais l'essentiel est que nous et le groupe ayons passé un très bon moment, différent, psyché à souhait. On m'y reprendra sûrement!
dimanche 29 avril 2012
Quicktest!
- Les Immortels (2011) de Tarsem Singh, avec Henry Cavill et Mickey Rourke:
Tarsem Singh continue de montrer ses qualités dans le domaine du visuel. Un univers à part, des idées barrées, ou bizarres selon les goûts, de quoi donner dans la forme un impressionnant blockbuster. Quant au fond, difficile à dire tant tout se cache derrière la mythologie. Et le plaisir dans tout ça? Il est présent, aussi coupable soit-il.
12/20
- Bon à Tirer (B.A.T.) (2011) des Frères Farrelly, avec Owen Wilson et Jason Sudeikis:
Passé le très agréable effet de surprise du premier visionnage, qui nous fera bien rigoler, le soufflé retombe dès le deuxième. Décevant, ce n'est qu'un Farrelly de plus finalement, avec, ce qui lui donne un minimum d'intérêt, une bonne réflexion de fond sur un aspect du couple, et sa faiblesse, le côté vulgaire de l'ensemble.
10/20
- Very Bad Trip 2 (2011) de Todd Philips, avec Bradley Cooper et Zach Galifianakis:
Une redite du premier volet, en moins bien. Malgré quelques gags corrects, c'est l'assemblage du puzzle qui prend le dessus sur la comédie. Et ce n'est vraiment pas l'aspect le plus sympa du film, car la surprise s'est envolé à la fin du précédent générique.
09/20
- Limitless (2011) de Neil Burger, avec Bradley Cooper et Robert De Niro:
Un film du mardi soir, plutôt correct, mais sans véritable personnalité. La crédibilité de Bradley Cooper, impeccable, est contre-balancé par le besoin de trop en faire du réalisateur.
10/20
samedi 28 avril 2012
Ai Weiwei, Berenice Abbott - Jeu de Paume (Paris)
Rien de tel, par temps de pluie, qu'une bonne petite exposition. Et en ce mercredi pluvieux, direction le Jeu de paume, pour l'expo photo sur Ai Weiwei et Berenice Abbott. J'aime beaucoup la photographie, mais j'avais une petite appréhension sur le fait de voir une expo entière que sur ce thème. Deux, pour le coup. Mais aucun souci, du moins avec des artistes d'un tel calibre, il n'est pas difficile de s'engouffrer dans le monde qui est le leur. Parfait pour être dépaysé et oublier un temps la grisaille parisienne.
Ai Weiwei est né à Pékin en 1957. Il fait partie en 1978 d'un collectif d'artistes chinois, puis part à New York en 1983. C'est par cette période que commence l'exposition. Ai est un photographe du quotidien, véritable documentaliste, qui prendra des milliers de clichés de son séjour aux USA. Il revint ensuite au pays, au chevet de son père mourant, où il devient le chef de file des mouvements artistiques libertaires. Son style documentaire évoluera naturellement vers une photographie sociale, avec notamment sa série "Provisional Landscapes", ses paysages provisoires, captures des moments où l'Etat détruira pour reconstruire, montrant la transition entre l'ancien temps et la "modernité".
Plus tard en 2008, la Chine accueillait les Jeux Olympiques, Ai Weiwei fût nommé consultant artistique pour le Nid d'Oiseau, le grand stade de Pékin, et prit un tas de clichés de la construction. Il en profita pour photographier celle du nouveau terminal de l'aéroport.
Dans un autre genre, il est réputé pour sa série "Study of Perspective", et ses doigts d'honneur censés nous faire réfléchir sur la liberté d'expression. Puis commencèrent ses problèmes avec le gouvernement chinois, qui ferma son blog, où il publiait ses tonnes de clichés. Il fût emprisonné le 3 avril 2011 et libéré sous caution le 22 juin. Il est toujours interdit de sortie du territoire.
Après de nombreux portraits et une série fascinante sur son "reportage" sur le grand séisme de 2008, on ressort plutôt conquis par l'univers personnel du photographe chinois, et l'impression d'avoir partagé sa vie, ou du moins une partie, ainsi que sa vision du monde. Intéressant!
L'autre exposition portait sur la photographe américaine Berenice Abbott (1898-1991). Formé à Paris, où elle est arrivée en 1921, elle commença sa carrière en tant que portraitiste, avec des photos célèbres de modèles féminins, ou d'artistes de l'époque (son très connu "Jean Cocteau avec un revolver"). Elle revint en 1930 à New York, avec l'idée de faire un portrait de la Grande Pomme. Une série exceptionnelle tant cette ville se prête parfaitement à cet exercice. De jour, de nuit, vu du ciel ou tout en proximité, Abbott nous offre un voyage intemporel dans l'une des plus belles villes du monde. Magnifique!
Par la suite, la photographe, en voyage dans le sud des Etats-Unis, décrira le monde rural grâce à ce qu'elle appellera "La Scène Américaine". Des portraits de paysans ou de mineurs, des tranches de vie quotidiennes, le tout dans un style documentaire. Parti en voyage en voiture, elle traversera le pays, avec des milliers de clichés capturés.
A partir de 1939, Berenice Abbott se lancera dans la photographie scientifique, notamment au M.I.T.. L'exposition nous fait partager de superbes prises de vue de phénomènes physiques, qui nous touchent autant par l'esthétique que par les techniques mises en oeuvre à l'époque pour réaliser de tels clichés. A l'époque du numérique, il est bon de se rappeler ou de découvrir que tout ce qui se fait aujourd'hui se faisait déjà il y a des dizaines d'années, mais avec une ingéniosité technique bien supérieure. Fascinant!
J'avais envie de voir une expo photo et j'ai hésité entre l'exposition Helmut Newton au Grand Palais et cette exposition ci. Je ne regrette pas d'avoir choisi le Jeu de Paume. Esthétiquement, mon coeur penchera forcément vers Abbott, mais c'est un double voyage que j'ai pu réalisé, grâce à deux artistes reliés par une technique très documentaire, et une volonté de partager leur monde avec leurs images. Si vous êtes en région parisienne, dépêchez-vous, le dernier jour, c'est demain!
jeudi 26 avril 2012
Quicktest Ciné!
- La Planète des Singes: Les Origines (2011) de Ruper Wyatt, avec James Franco et Andy Serkis:
C'est ce qu'on appelle un bon blockbuster! Tellement bien huilé qu'on ne voit rien passer, au point de voir la fin tomber presque comme un cheveu sur la soupe! Bien foutu, et assez profond pour poser les bonnes questions sur les rapports entre l'Homme et les autres espèces.
14/20
- Les Marches du Pouvoir (2011) de George Clooney, avec Ryan Gosling et George Clooney:
Plus qu'un film politique, le nouveau Clooney est en fait un jeu de pouvoir digne d'un thriller. Bien écrit, formidablement interprété par les deux têtes d'affiches, mais aussi par Philip Seymour Hoffman et Paul Giamatti. La meilleure réalisation de Mister George depuis "Confessions d'un Homme Dangereux".
15/20
- Les Muppets (2011) de James Bobin, avec Jason Segel et Amy Adams:
On espérait un film à la hauteur du monument que sont les Muppets, c'était bien sûr un doux rêve. Pas mauvais en soi, on se retrouve avec un film un peu trop enfantin, il manque l'irrévérence que l'on trouvait, que l'on aimait dans la série. Dommage. L'ensemble est quand même agréable et se regarde sans problème, en famille par exemple. Une scène culte quand même: la réinterprétation de "Smells Like Teen Spirit" de Nirvana! Mi mi miii mo!
12/20
- Le Complexe du Castor (2011) de Jodie Foster, avec Mel Gibson et Jodie Foster:
Une très belle histoire, sur le thème de la dépression. Une fois la bizarrerie du transfert passée, on ne peut qu'apprécier la volonté de Jodie Foster de ne jamais tomber dans le larmoyant. Mel Gibson est très bon, même si depuis le temps, on connaît toutes ses mimiques par coeur.
13/20
mardi 24 avril 2012
Live Report: And So I Watch You From Afar, Geste, Nouveau Casino, Paris, 21-04-2012
On ne les attendait pas si tôt! Après une date au Point Ephémère il y a quelques mois, les Irlandais d'ASIWYFA sont de retour à Paris. Tant mieux pour nous, vu que nous les avions loupé à l'époque. Groupe prodige sur disque, nous allons enfin voir ce que tout ça donne sur scène, dans un Nouveau Casino pas complet mais tout de même bien rempli, contrairement à leur dernier passage. Preuve que le bouche à oreille fonctionne quand la qualité est là.
Le trio parisien Geste assurait la première partie. J'aurais même dit assurait tout court! Forcément, comme souvent, je suis arrivé à la bourre, travail oblige. Je n'ai vu que 2 titres, d'une qualité plus que probante. Et d'après mes amis présents depuis le début, le reste était du même acabit. Quelque part entre Doppler et Battles, les trois nous présentent un rock électronique bien foutu, mélange de riffs acerbes et de claviers bien travaillés, de beats à la Daft Punk et de batterie acoustique. Une vraie découverte dont je vous reparlerai sûrement. A suivre donc!
Puis vînt ASIWYFA. Le plaisir est immédiat tant la science du riff du quatuor est évidente. On est dedans dès le morceau d'ouverture, "Set Guitars To Kill". Leur technique nous explose au visage, l'ami Rory enchaîne les solos en bougeant tout de même comme un malade. On ne peut qu'être happé par ce rock exigeant, brut et humble à la fois. Complètement instrumental, l'ennui n'a pas sa place et on savoure chaque morceau à sa juste valeur, bien aidé par un son à la hauteur, le Nouveau Casino ayant une bonne réputation à ce niveau là.
L'autre très bon point, c'est l'ambiance. Les irlandais ne s'attendaient pas à autant de monde et semblaient sincèrement surpris. Leurs sourires en disaient très long, et le bonheur était partagé. Le plaisir est toujours immense de voir de si bons groupes avec des attitudes aussi saines. L'impression d'être en famille est permanente, tout au long du set et même après. Car à peine quelques minutes après le concert, les 4 étaient déjà dans la salle à discuter et serrer des paluches. Ou à parler de pédale de pitchshifter pour les plus bassiste-de-Sundry d'entre nous! ;) Des mecs talentueux d'une gentillesse extrême. Et on ressort avec une sensation générale de bien-être et d'espoir! Si je ne vous ai pas donné envie d'aller les voir avec tout ça... :)
Une bien belle soirée donc, avec deux groupes talentueux et adorables. Et une preuve supplémentaire, s'il en fallait, que le Royaume-Uni est la source de ce qui se fait de mieux en matière de rock un peu exigeant. Merci les gars, et à la prochaine!
lundi 9 avril 2012
Quicktest Ciné!
- Polisse (2011) de Maïwenn, avec Karin Viard et JoeyStarr:
Tous les malheurs du monde en 2h de film, et certains semblent de trop du coup. Le traitement un peu trop documentaire font tomber à plat certaines scènes, là où d'autres (humoristiques notamment) semblent carrément déplacées. Le sujet de fond est intéressant, mais on retombe dans les clichés pathos du cinéma français d'il y a 10-15 ans. Beaucoup ne seront pas d'accord avec moi, mais personnellement, grosse déception!
08/20
- Il N'est Jamais Trop Tard (2011) de Tom Hanks, avec Tom Hanks et Julia Roberts:
Sympa, bon enfant, drôle par moments, Tom Hanks met plein de bons sentiments dans son film mais le tout est beaucoup trop gentil pour perdurer. Seul le personnage de Julia Roberts apporte un petit quelque chose. Tout de même anecdotique.
10/20
- Millenium, les Hommes Qui N'aimaient pas les Femmes (2011), de David Fincher, avec Daniel Craig et Rooney Mara:
La trilogie suédoise ne me vendait pas du tout du rêve, Fincher s'en est chargé. Si la version originale est peut-être intéressante, elle est ici sublimée par la vista du réalisateur, qui pourrait donner du volume à n'importe quoi. Le casting est parfait, notamment le duo Craig-Mara. Vivement la suite!
16/20
- Apollo 18 (2011) de Gonzalo Lopez-Gallego, avec Warren Christie et Ryan Robbins:
Bizarrement réalisé, on se demande si tout est mis en scène ou s'il y a une part de vérité. D'autant plus que certaines théories du complot racontent cette histoire. Du coup, si vous y croyez, le film a de l'intérêt. Sinon, on saura se contenter de quelques scènes efficaces.
11/20
samedi 7 avril 2012
Quicktest musique!
- Shabazz Palaces - Black Up (2011):
Sombre, lugubre, Shabazz Palaces vous montre que le hip hop peut avoir un visage à l'opposé de celui qu'on lui connait. Ses instrumentations très électroniques supportent un flow délicat mais décidé. Mais à toujours soigner ses ambiances, le duo oublie d'en être percutant, et n'envoûtera peut-être que ceux qui cherchent quelque chose de différent dans le rap. Bien foutu en tout cas!
12/20
- Pelican - What We All Come To Need (2009):
Le post-rock se doit d'être un minimum varié sous peine de lasser son auditeur. Mission pas vraiment accomplie pour le quatuor de Chicago qui enchaîne les riffs agréables mais pas exceptionnels, sans changer véritablement de formule, ou même de son. Le savoir-faire est là, malgré tout, et l'ensemble se laisse écouter.
11/20
mercredi 28 mars 2012
Quicktest Cinéma!
- Hugo Cabret (2011) de Martin Scorsese, avec Ben Kingsley et Asa Butterfield:
Des décors merveilleux, une réalisation de main de Scorsese, on est totalement happé dans cette ambiance de conte de Noël, et nos yeux s'écarquillent devant ce vieux Paris numérique certes, mais qui ne manque pas de charme. A la fois un très joli film familial et un bel hommage à Méliès et aux inventeurs du cinéma.
14/20
- Les Aventures de Tintin: le Secret de la Licorne (2011) de Steven Spielberg:
Je suis en général sceptique sur l'animation à tendance réaliste mais il faut avouer que ce Tintin est carrément bluffant. Une sacrée performance technique mais c'est un peu tout malheureusement. L'ensemble est un peu lisse et l'histoire ne nous embarque que trop rarement. A voir quand même.
11/20
- This Must Be The Place (2011) de Paolo Sorrentino, avec Sean Penn et Frances McDormand:
Bien filmé, bien interprété, mais un peu calibré. On oscille entre le film à oscar, avec Sean Penn en (très bon) faire-valoir, et le film indépendant à la Sundance. Et vu que la forme est là, on en oublierait presque que l'histoire est bourrée de non-sens, et sans véritable intérêt.
09/20
- Carnage (2011) de Roman Polanski, avec Jodie Foster et Kate Winslet:
L'adaptation cinématographique de la pièce de Yasmina Reza était un risque au départ. Et Polanski n'a pas su relever le défi. Tout tombe complètement à plat, l'ennui et même l'agacement finissent par prendre le dessus, même avec des acteurs de cette trempe.
07/20
dimanche 25 mars 2012
Live Report: Club Folamour: New Build, Mozart Parties, Bon Voyage, Flèche d'Or, Paris, 24-03-2012
Les concerts le samedi soir, c'est ce qu'il y a de plus pratique. Mais pas pour moi. Ma fermeture du samedi m'assure à coup sûr de louper le début des hostilités (voir mon live report sur Friendly Fires par exemple). Heureusement qu'il y a des salles comme la Flèche d'Or qui ne commencent vraiment pas à l'heure! Mais du coup, c'est pour rentrer que cela pose problème. Car New Build annoncé à 23h, c'est quand même assez tard. Bref, assez parlé d'horaires, parlons de la programmation de ce Club Folamour, avec donc la première date française de New Build, side-project de Felix et Al de Hot Chip. N'ayant jamais vu Hot Chip, ce concert semblait un apéritif idéal avant de voir le quintet à la Cité de la Musique début juillet. Je n'ai que peu eu le temps d'écouter l'album mais c'est pas grave. Le live est parfois le meilleur moyen de découvrir.
Deux autres groupes étaient à l'affiche de cette soirée. C'est le trio Bon Voyage qui a ouvert les hostilités. Son disco ne m'a pas vraiment convaincu. Même s'ils ont la bonne idée de tout jouer live, ce qui leur confère une bonne énergie, les trois compères ne sortent pas de leur style et finissent par se répéter. Pas mauvais dans l'absolu, mais l'intérêt s'envole au bout de 2 ou 3 titres.
Les anglais de Mozart Parties enchaînent avec leur pop typiquement british. Assez posée sur disque, au vu du peu que j'ai entendu, leur musique n'a pas décollé durant les 40 ou 45 minutes qui leur étaient imparties. La faute peut-être à des problèmes de son récurrents. Ou pas. J'ai un peu eu l'impression de revenir 15 ans en arrière, quand abondaient des groupes de pop belges ou français de qualité variable. Et là, on ne sentait pas le haut du panier. Un air de déjà vu, un côté fragile qui se transforme en maladresse... Personnellement, je passe.
Oui, bonne idée, passons à New Build. La puissance, le son et la mise en place sont tout autres, mais ce qui frappe d'entrée, c'est la différence entre le disque et le live. Batterie, percus, éléments électroniques bien sûr, et l'ami Al au chant et à la guitare. Notons que Felix n'est pas là ce soir, il est à l'hôpital, et on lui souhaite un bon rétablissement. Cela n'empêchera pas les six musiciens d'envoyer sévère. Leur premier album prend une dimension plus ou moins incroyable selon les morceaux. L'apothéose du concert étant sûrement "Do You Not Feel Loved?". Personnellement, je ne me suis pas encore remis de ce morceau. Juste exceptionnel! Et vu que le reste était de toute bonté, je suis plus que ravi d'avoir pu être là, malgré la fatigue du samedi soir, pour participer à la première date parisienne de New Build. Un très bon concert!
La soirée s'est poursuivi avec le rouquin de Hot Chip aux platines, en DJ Set. J'aurai vraiment aimé rester et bouger un peu mon corps, mais je vous renvoie au début du post, la banlieue, se rentrer, il est minuit et quart, etc... Merci à New Build en tout cas pour cette super soirée, et pour ce morceau d'anthologie! Et rendez vous en juillet pour enfin voir Hot Chip. J'attends ça depuis moultes. Et j'ai encore plus hâte depuis hier soir!
mercredi 21 mars 2012
Tim Burton - Cinémathèque Française (Paris)
Enfin! Quelques mois déjà que certains d'entre nous attendent cette exposition, il est enfin temps d'en profiter. Du 7 mars au 5 août, le cinéaste américain Tim Burton est à la Cinémathèque. Regroupant des dessins, des scultures, et des éléments de décors de ses différents longs-métrages, cette exposition est censée être celle présentée au Moma à New York en 2009 et 2010. Censée, car l'espace de la Cinémathèque n'est pas comparable à celui du musée new-yorkais. Alors que vaut vraiment cet hommage parisien au réalisateur?
Timothy William Burton est né le 25 août 1958 à Burbank, Californie, dans un de ses quartiers que les fans de "Edward aux Mains d'Argent" n'auront aucun mal à visualiser. Il se passionne très vite pour le cinéma et le dessin. Comme beaucoup d'autodidactes, il se crée rapidement un univers propre, fait de monstres, de personnages étranges, dans des décors entre le gothique et la fable. Après quelques courts-métrages et des petites collaborations avec Disney, Burton réalisera une quinzaine de films, connus de tous. Deux de plus verront le jour cette année, "Frankenweenie" et "Dark Shadows". 2012 risque donc d'être l'année du retour en grâce pour un réalisateur qui a pu décevoir un peu avec ses dernières sorties.
L'exposition nous accueille de la plus belle des manières, avec deux salles plutôt étonnantes. Dans un cadre assez sombre, totalement approprié, la première nous propose une série de polaroïds, mis en valeur par un éclairage discret. Plus que de simples photos, ce sont des sortes de montages qui nous renvoient dans l'univers du réalisateur. La seconde nous plonge dans le noir et présente un environnement éclairé aux UV, où l'on pourra notamment voir le manège de Beetlejuice (ci-dessus). Ambiance garantie! La suite donne la part belle au dessinateur. Burton dessine depuis toujours, et des centaines de ses croquis ou peintures sont présents. Classés par thèmes, on retrouve les sujets qui lui sont chers: les femmes, les enfants, les monstres, les couples, et d'autres encore. Tout est magnifique, son coup de crayon fait mouche presque à chaque fois!
L'ensemble est agrémenté de magnifiques sculptures. Des petites mignonnes représentant des personnages, ou des plus grandes, notamment les monstres en fer dans la grande salle.
S'en suit une partie chronologique reprenant la carrière du cinéaste. De ses débuts pour Disney aux dernières sorties prévues, on parcourt sa filmographie à coups de dessins, toujours, mais aussi d'items sortis de ses métrages. Du masque de Batman au somptueux costume d'Edward, en passant par l'épouvantail de "Sleepy Hollow", on découvre ou l'on se remémore, selon ce que l'on connaît du parcours du monsieur. Les pièces sont vraiment belles et l'on se rend compte à quel point notre "jeunesse" a été marquée par son travail. On se plaint parfois des quelques relatifs échecs essuyés avec "Alice au Pays des Merveilles" ou "La Planète des Singes", mais en contrepartie, combien de films cultes? Impressionnant...
Passons aux points noirs maintenant. Car si le contenu est plus qu'à la hauteur, c'est quand même la frustration qui prend le dessus quand on sort de cette exposition. J'avais pris le parti de la visiter dans les premiers jours pour éviter le monde. Loupé ! L'enceinte de la Cinémathèque est à mon avis un peu petite. Comme je le disais au début, des oeuvres manquent par rapport à celles présentées à New York. Les dessins sont trop regroupés et les gens n'avancent pas très vite, histoire de profiter de tout. Les écrans (mal) répartis ici et là provoquent des attroupements qui bloquent considérablement certains espaces. Du coup, il est difficile de tout voir sans survoler certaines choses. Et du coup, on en ressort au bout d'une heure... Un peu court et un peu frustrant pour une expo que l'on attend depuis des mois. Je ne peux donc que vous conseiller d'y aller en semaine et dans les heures creuses pour profiter pleinement de tout, mais ce n'est pas forcément évident.
Bien sûr, la frustration est liée à la qualité du contenu. Que de belles choses, que de jolis souvenirs dans cette exposition, et un bel univers dans lequel on aimerait rester des heures. L'exposition Tim Burton est bel et bien à la hauteur de l'attente que l'on pouvait en avoir. C'est malheureusement le cadre qui déçoit, ce n'est que mon avis, mais l'enceinte de la Cinémathèque n'est pas assez grande pour que l'on puisse profiter pleinement de tout. Ne loupez donc pas ce bel hommage au cinéaste. Mais profitez en si possible en heures creuses!
Un dernier mot sur la permanence de la Cinémathèque. Elle intéressera les férus du cinéma des débuts, des précurseurs et des premiers appareils utilisés et conçus. Intéressant mais très ciblé, et un peu court. Pas indispensable pour les autres.
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