Affichage des articles dont le libellé est Blur. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Blur. Afficher tous les articles

samedi 2 avril 2011

Blur - Think Tank (2003)






Beaucoup de choses se sont passées entre la sortie de "13" en 1999 et ce nouvel album en 2003. La première qui nous vient à l'esprit est bien sûr le départ de Graham. Blur, après quelques séances d'enregistrements au Maroc, en 2002, devient un trio. L'équilibre du groupe, modifié, donne à ce "Think Tank" une place à part dans sa discographie. Damon Albarn hérite d'une place encore plus importante dans la composition et on peut facilement tisser des liens entre cet album et ses projets parallèles. Gorillaz bien sûr, mais aussi son Mali Music, même si les sonorités nous viennent ici davantage du nord de l'Afrique.

Dès les premières notes de "Ambulance", le rythme, le sax, tout nous emmène ailleurs. Les guitares sont moins présentes, la basse d'Alex s'impose telle une nouvelle ligne directrice. Le nombre de pistes est élevé. L'épisode "13" a appris au groupe à travailler autant avec un séquenceur qu'avec leurs instruments.

A côté de ça, on conserve bien sûr la base acoustique avec des morceaux comme "Out Of Time" ou "Good Song", surement nés d'un guitare-voix. Sur ces morceaux, c'est la qualité des arrangements qui fait le travail. Sur le premier single, un groupe marocain nous entraine dans un merveilleux voyage et enrichit une chanson au squelette simple. "Good Song" bénéficie d'arrangements moindres, mais le riff principal est tout simplement exceptionnel! C'est à se demander si, parmi les nouvelles influences de Damon, on ne trouve pas... Graham Coxon!
On croisera également dans cet album des titres plus rythmés, parfois sombres ("On The Way To The Club"), parfois plus enjoués ("Brothers and Sisters"). Des titres très riches, avec des idées géniales. La mélodie au clavier, accompagnée d'une programmation de batterie incroyable dans l'un, les choeurs donnant un côté ethnique de l'autre, et toujours cette richesse de composition, ces sonorités pas forcément évidentes, comme ce clavier buzz dans le 2ème couplet de "Brothers and Sisters" qui utilise dangereusement mais avec brio les demi-tons.
Arrive ensuite "Caravan", l'un des plus jolis morceaux de l'album. Comme avec "Sweet Song", le groupe nous démontre qu'il n'a rien perdu de son talent pour écrire de magnifiques pop songs. A fleur de peau, les titres montrent une sincérité rare dans les paroles. Damon n'a plus peur de se cacher derrière des images ou des mystères et nous ouvre simplement son coeur. Le contraste est saisissant par rapport à "13". Il faut parfois se recroqueviller sur soi-même pour réussir à nouveau à s'ouvrir au monde. Des chansons superbes en tout cas, aux arrangements toujours censés.
Comme à chaque album, Blur sait nous envoyer un petit missile bien puissant dans la figure. "Bank Holiday", "Globe Alone", "Song 2" bien sûr, "Bugman"... Ici, c'est le fulgurant "We've Got A File On You" qui nous décrasse les tympans. Une punkerie d'une minute, qui pourrait faire tâche sans des arrangements exceptionnels et cohérents. Contrairement à "Crazy Beat" qui, bien qu'efficace, parait presque pauvre, presque facile en comparaison avec le reste du disque.
Le voyage continue avec "Moroccan Peoples Revolutionnary Bowl Club" avant de laisser place à l'expérimentation pure avec l'excellent "Jets". Ce morceau est à la limite de l'improvisation au niveau de sa construction, avec son riff de départ, et les idées qui viennent s'y superposer. L'impression se renforce avec le solo de sax de la fin. Pas de structure classique, mais peu importe. Blur n'a plus de limites dans sa composition. 
"Gene By Gene" touche aussi à l'expérimentation, mais plus au niveau de la production. Un morceau étrange avec ses grincements utilisés comme une rythmique. Une chanson pop malgré tout, légère, enrichie par une programmation haut de gamme!
L'album se termine avec "Battery In Your Leg", seul titre où Graham sera crédité. Tout un symbole, comme une ouverture sur un avenir à nouveau à 4! Il faudra attendre 6 ans pour cela!
En attendant, Blur nous prouve avec ce "Think Tank" qu'il peut être un groupe fabuleux à 3. Intimiste, inclassable, voire très osé, il est à la fois une douce confession et une invitation à voyager. Cependant, l'album sera toujours à part par rapport aux autres, du fait de l'absence de Graham. Beaucoup prièrent pour une reformation. Nous sommes en 2011, et le miracle est arrivé. Ceux qui comme moi ont eu la chance de voir le quatuor en concert en 2009 savent que Blur est un groupe spécial, peut-être le meilleur du monde. Mais sa discographie parlait pour lui depuis quelques années déjà.


16/20


Blur - 13 (1999)






En tant que musicien, je n'ai d'admiration que pour les groupes qui composent des chansons, des albums que je ne pourrai composer que dans mes rêves. Le 6ème disque de Blur en fait partie. Même si je lui préfère "Modern Life Is Rubbish", il y a des choses dans cet album qui font des 4 anglais un groupe exceptionnel. "13" est d'une qualité rare. Il est de ces classiques que l'on entend parfois, ces exceptions musicales qui deviennent des incontournables. 

Blur a voulu aller plus loin. On le sent dès "Tender", avec ses choeurs sur les refrains. Ajoutés aux voix de Damon et de Graham, on se retrouve avec une ambiance gospel qui nous scotche d'entrée!
Le rock est aussi présent rapidement avec "Bugman" et son intro ultra saturée. Là, c'est la production qui frappe. William Orbit, roi de l'électro, vient remplacer Stephen Street et ça s'entend. Les guitares sont très noisy, limite indus et le mix est juste monstrueux! La fin du morceau en atteste avec ses découpages et ces effets qui nous envoient ailleurs. "Space Is The Place" nous dit Damon...
Retour à la pop avec "Coffee & TV" et Graham à la plume et au chant. Pop, mais pas de retour en arrière pour autant. Pas de son à la "Parklife", on est bien dans le prolongement de l'album éponyme.
Après le moyen "Swamp Song", bluesy-bizarre, et le très bon "1992", sorte de "Sing" moderne et bruitiste, le groupe nous secoue à nouveau un petit peu avec "B.L.U.R.E.M.I." qui, à la manière de "Bugman" sonne davantage comme de l'électro-rock que comme du punk. Le morceau fait du bien au milieu de cet album sombre et introspectif.
Commence alors cette succession de trésors, ces 5 chansons fabuleuses, complexes mais incomparables que sont "Battle", "Mellow Song", "Trailerpark", "Caramel" et "Trimm Trabb". Tour à tour ambiant, noise, furieusement rock, électronique, ces morceaux sont d'une grandeur, d'une richesse incroyable. Comme tous les trésors, ils ne sont pas faciles d'accès. Et "13" fera d'ailleurs un sacré ménage dans la fanbase du groupe. Mais une fois assimilés, ils feront de ce disque un disque à part. Le niveau de composition est exceptionnel, la production impressionnante et le tout d'une cohérence totale. Personnellement, j'attribuerai une mention spéciale à "Caramel", qui tient plus du divin que de la musique...
L'album se termine avec l'excellent et épuré single "No Distance Left To Run", où Graham démontre tout son talent, et sa faculté à pondre des riffs entendus nulle part ailleurs. "Optigan 1" clôt cette démonstration de musique moderne, un instrumental qui renvoie aux nombreux interludes séparant certains morceaux, principalement à l'orgue, donnant une ambiance presque religieuse à l'ensemble.

Un petit mot enfin sur les visuels. Blur y a toujours été très attaché. Ses pochettes, d'album ou de singles, ont toujours été extrêmement soignées, et ses clips très réfléchis. "13" ne fait pas exception à la règle. La pochette n'est autre qu'une partie d'une peinture de Graham. Il signera également celle des 3 singles, des tableaux sombres et torturés collant parfaitement à l'album. Notons aussi que le clip de "Coffee & TV", qui suit les aventures d'une brique de lait, est plus que réussi et a connu de nombreuses récompenses. Enfin, le chiffre 13, et ses nombreuses significations, qui représente le B de Blur.

Le groupe nous livre donc un album sombre, imprégné de la rupture de Damon Albarn, et qui, musicalement, accentue le côté expérimental esquissé dans le disque précédent. Associé à la production extraordinaire de William Orbit, "13" est d'une classe incroyable, d'une profondeur et d'une inventivité qui le hissent au rang de classique de la musique moderne. Un parfait mélange de rock, de pop et d'électro, dans le sens le plus noble des termes. Je me souviens que je trouvais ridicule la promo télé de l'époque, qui lançait avec une voix grave digne d'une bande-annonce d'un blockbuster hollywoodien: "13, le meilleur album de Blur!". Ridicule dans la forme. Certainement pas dans le fond.

19/20




Blur - Blur (1997)






Soyons honnêtes, bien souvent en musique, les musiciens utilisent l'éponymie quand ils ne sont pas foutus de trouver un titre correct! Ce n'est pas du tout le cas ici. Les 4 anglais le savent, c'est l'album le plus personnel dont ils aient accouchés depuis le début de leur carrière. L'éponymie prend donc tout son sens. Blur est enfin Blur!
Passionné de rock indé US, le groupe se tourne vers des arrangements et une production très lo-fi, sans pour autant abandonner la base pop de leur musique. Nouvelle couleur, plus aigre-douce, nouveau son, plus brut, limite bruitiste, et même dérangeant pour certains! Pas étonnant que le grand public ait trouvé ce disque inégal. Certains morceaux sont difficiles à assimiler, comme le très sombre "Essex Dogs" ou le brouillon "I'm Just A Killer For Your Love". Blur expérimente, se confronte aux joies de la programmation, des boites à rythmes et aux effets en tout genre. Leur musique est parfois limite instrumentale, presque cinématographique ("Theme From Retro", "Death Of A Party"). Elle sait aussi se faire faussement minimaliste (le fabuleux "Strange News From Another Star", ou "You're So Great", composée et interprétée par Graham) ou plus punk que jamais ("Song 2", "Chinese Bombs"). On a affaire à un disque varié et, comme à chaque fois, d'une grande cohérence.
Le quatuor a eu tellement de succès avec ses 2 albums précédents qu'il peut se permettre de faire enfin ce qu'il veut. Paradoxalement, c'est de cette façon qu'il obtiendra le plus gros succès de sa carrière, grâce à son single "Song 2", qui marchera même aux Etats-Unis. Lo-Fi, expérimental, "Blur" (l'album) est un disque de grande qualité, qui fait s'acoquiner parfaitement le son US et le rock et la pop britanniques. Blur (le groupe) a enfin gagné son indépendance et sa liberté artistique. Il ne restera plus qu'à toucher la perfection... et "mourir"... ou pas.

16/20




jeudi 31 mars 2011

Blur - The Great Escape (1995)





Il y un avant et un après "The Great Escape". Pour certains, la cassure a été trop forte et l'expérimentation trop difficile à comprendre. Pour d'autres au contraire, les choses intéressantes commenceront à peine. Personnellement, je ne considèrerai pas ce disque comme cela. Blur a toujours énormément évolué entre chaque album. Sauf que l'évolution est moindre entre "Parklife" et "The Great Escape". Du coup, elle parait accentuée entre les 4ème et 5ème album. Comme si le relatif retard artistique pris ici devait être rattrapé à tout prix.
Après un 3ème opus réussi, Food Records a fait le forcing pour avoir un "Parklife" 2. Ou du moins, des singles de la même trempe que les précédents. D'où une impression bizarre de disque à 2 vitesses, avec d'un côté des titres qui ne surprendront personne, comme "Stereotypes", "Country House" ou "Entertain Me", véritable ressucée de "Girls & Boys", des titres d'une qualité tout de même indéniable, et de l'autre, "He Thought of Cars", "Dan Abnormal", ou "Mr Robinson's Quango", des chansons plus complexes, limites brouillonnes, ou du moins en contradiction avec la production très pop de Stephen Street. Cette dualité montre le mal-être du groupe, la difficulté à affronter la rançon de la gloire et leur devoir envers leur maison de disques. Les textes de Damon tourne beaucoup autour de la solitude et du mal-être. Parfois autour de l'évasion (le titre de l'album bien sûr, "Yoku and Hiro" chanté en partie en japonais ou encore la reprise francisée de "To The End" avec Françoise Hardy). Tout un symbole.
"The Great Escape" n'est pas un mauvais album, bien au contraire. A la limite de la schizophrénie artistique, Blur essaiera tant bien que mal de gérer toutes les contraddictions qui le torturent. Il trouvera la solution en envoyant tout bouler avec leur album éponyme. 

En attendant, ne boudons pas cet album bourré de perles, certaines évidentes, d'autres un peu plus cachées. Un groupe talentueux reste talentueux, malgré les tempêtes du music system.

15/20 




mercredi 30 mars 2011

Blur - Parklife (1994)






Comment ne pas aimer "Parklife"? "Parklife" est fun, "Parklife" a la pêche, "Parklife" est beau, "Parklife" a du charme, du charisme, de la personnalité. "Parklife" est parfait!
Nous sommes en 1994. Pour Blur, ce 3ème album est synonyme de reconnaissance. Auprès du public bien sûr, grâce à une tripotée de singles, dont le plus connu, "Girls & Boys", mais aussi auprès des critiques, car comme je le disai plus haut, il est difficile de reprocher quoi que ce soit à cet opus.
Ce qui frappe dans ces chansons, c'est l'incroyable qualité des arrangements. Outre les instruments rock classiques, on retrouve dans "Parklife" des claviers, des boucles, des cuivres, et même un jouet à consonnance jeu vidéo dans "Jubilee"! Et le tout est parfaitement maitrisé, très naturel! L'exemple parfait est "The Debt Collector", morceau instrumental quelquepart entre une fanfare, de la musique de fête forraine et de la musique classique, sans que l'on se demande une seconde ce qu'il vienne faire ici!

Un petit mot sur les paroles aussi. Sous des apparences encore légères se cache une petite critique bien piquante de la société anglaise. Damon se moque de tout, y compris de lui-même et de ses 3 compères sans que ce soit très évident. Beaucoup n'ont pas compris l'ironie de "Girls & Boys" et de son clip par exemple.
C'est d'ailleurs le contrecoup de cette "perfection". Avec le succès commercial vient forcément le problème de l'intérêt porté par le grand public. Il sera très facile à l'époque d'avoir une fausse ou une mauvaise image du groupe, et de le limiter à "Girls & Boys". Pour certains, Blur est un boys band. No comment... Le plus gros problème viendra cependant des yeux brillants de la maison de disques, qui s'empresseront de demander un "Parklife" 2 en guise de 4ème album.
On attendra "The Great Escape" pour se confronter aux problèmes. D'ici là, contentons-nous de savourer ce moment de bonheur et d'espièglerie qu'est "Parklife"!

17/20 



mardi 29 mars 2011

Blur - Modern Life Is Rubbish (1993)





En 1993, 2 ans après "Leisure", sort "Modern Life Is Rubbish". Par rapport au 1er album, le changement est assez radical! Beaucoup mieux produit, tellement plus ambitieux, Blur s'est trouvé, pour notre plus grand plaisir! Et meme si l'album commence avec "For Tomorrow", morceau digne de l'époque "Parklife", ce 2ème effort n'est pas encore à ranger dans la brit-pop. Mais dans quoi alors? Bah on ne sait pas! Et c'est pour ça que l'on a peut-être à faire au meilleur album de Blur.

Lassés par les critiques de leur maison de disques et des médias, Blur décide de considérer autrement leur musique. Le groupe est ambitieux, digère ses influences et nous livre une galette variée, très riche et plutôt inclassable! Des relents de "Leisure" en mieux avec "Pressure On Julian" ou "Resigned", du rock teigneux et entraînant ("Advert", "Coping"), limite métal même avec le fabuleux "Oily Water", des morceaux plus doux ("Blue Jeans", "Miss America"), ou encore des petits instrumentaux rigolos comme "Intermission" ou "Commercial Break" qui deviendront presque une marque de fabrique vu que nous en retrouverons dans la suite de leur discographie. Aucun morceau ne se ressemble, aucun morceau n'est mauvais. Et c'est ce qui devrait frapper dans la carrière de Blur aujourd'hui. Les arrangements sont d'une telle qualité que la redite n'est jamais de mise. "Miss America" par exemple, n'a beau être qu'une chanson douce, les percussions et les effets tremblants sur la guitare en font un morceau unique!
Autre nouveauté, l'apparition de claviers et de divers instruments, notamment les cuivres qui auront une place prépondérante sur les 2 albums suivants.


Mais pourquoi une telle révolution dans le son de Blur me direz-vous? On pourrait expliquer ça par les problèmes entre le groupe et Food Records, ou les critiques acerbes de la presse de l'époque. La fierté des 4 piquée à vif! Il y a sûrement de ça. Peu importe. L'essentiel est que cet album montre l'éclosion de 2 génies. Graham Coxon (guitare) et Damon Albarn (chant, claviers, guitare). 2 génies complémentaires, aussi doués dans leur jeu que dans la composition. Le jeu de Graham a atteint son meilleur niveau et ne le quittera plus! Ses riffs sont géniaux ("Colin Zeal", "Starshaped") et son style unique ("Villa Rosie"). Damon, lui, prend les choses en main et s'impose davantage dans le groupe. Il prend les riffs et le jeu indie de Graham et transforme tout ça en pop songs imparables, sans dénaturer l'esprit ni de l'un ni de l'autre. La complémentarité des 2 est énorme! En atteste par exemple le travail à 2 voix sur l'ensemble de l'album ("Blue Jeans" notamment). Et contrairement à ce beaucoup disent, Damon n'est pas le seul maître à bord de Blur. C'est l'association des 2 qui fonctionne. Et pourtant, il est très très difficile (impossible?) d'avoir 2 compositeurs dans un groupe. Eux l'ont fait. Pendant un temps.
Je ne parle pas trop d'Alex et de Dave, mais ne vous méprenez pas. Il ne s'agit pas de musiciens fantômes, loin de là! Leur rythmique est travaillée, discrète mais riche et consolide le talent des 2 plumes du groupe.

En conclusion, je dirai que "Modern Life Is Rubbish" est la révolution qu'il fallait au groupe. Musicalement, mais aussi au niveau des paroles (Damon parle davantage de la société anglaise que de ses problèmes avec les demoiselles), les 4 affichent une ambition qui ne laissera indifférent que la fierté des critiques de l'époque, qui avaient pris l'habitude de les descendre. Cette révolution est importante aussi parce qu'elle deviendra une habitude! A l'exception du passage de "Parklife" à "The Great Escape", ils feront en sorte de se réinventer à chaque album, malgré le public, malgré leur maison de disques, et deviendront ainsi un groupe majeur de la musique moderne actuelle. 
Je ne sais pas si "Modern Life Is Rubbish" est leur meilleur album, justement parce que chaque opus est différent du précédent (pourquoi le comparer à "13"??). C'est en tout cas un album majeur, d'une richesse incroyable, et la promesse d'un avenir radieux pour le rock anglais. Merci à tous les 4!


18/20 

dimanche 27 mars 2011

Blur - Leisure (1991)







Sorti en 1991, le 1er album de Blur est très loin de la brit-pop, style auquel le groupe est trop facilement associé. On a à faire ici à des titres rock classiques, à rapprocher des influences du groupe. 
Rares sont les 1ers albums où le groupe exprime pleinement sa personnalité. Il faut du temps pour cela. Et Blur n'en a pas eu énormément. Signé très tôt, "Leisure" est donc un peu imprégné des références des 4 anglais. The Jam, The Who, The Stone Roses... Les guitares sont reines, distordues, parfois très lourdes ("Slow Down", "Fool"). Une musique très brute donc, efficace (le single "There's No Other Way" ou le mélancolique et génial "Birthday"), n'ayant rien d'exceptionnel en soi, à part "Sing", présent sur la BO de "Trainspotting", qui semble intemporelle.

Toutefois, les oreilles avisées remarqueront que le style Blur est déjà là, caché sous ses lourdes influences. Le jeu de guitare de Graham, ainsi que ses 2èmes voix qui apporteront tellement par la suite, le son sale d'Alex à la basse, et le jeu faussement en retrait mais plus qu'efficace de Dave à la batterie. Reste à Damon à s'affirmer davantage, lui qui, pourtant excellent musicien de formation classique n'est pas forcément un expert en musique pop et rock.

Notons que les paroles sont très simples en apparence. Mais c'est tout l'art de la pop anglaise que d'écrire des choses naïves, insouciantes tout en gardant un fond, une part de mystère. Comme des poèmes d'adolescent qui cachent une montagne de sentiments...
Conclusion, cet album, vieux de 20 ans, s'écoute toujours avec beaucoup de plaisir. La production est pourtant bien datée, sans paraître trop vieillotte. A écouter, ne serait-ce que pour se rendre compte d'où vient Blur. Du rock, de la pop anglaise, du punk parfois. Blur n'est pas que pop, et ne sera jamais que ça.

14/20