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dimanche 17 février 2013

Live Report: The Joy Formidable, Maroquinerie, Paris, 12-02-2013





Pour ce premier concert en 2013, j'avais tout simplement rendez-vous avec l'un de mes groupes préférés du moment dans ma salle de concert parisienne favorite. En gros, le programme d'une soirée idéale! Malgré quelques difficultés pour arriver (à quand un arrêt de métro "Maroquinerie"?!) et un retard habituel, c'est quasi frigorifié que je pénètre dans la salle. Mon corps et mon âme allaient vite être réchauffés par une bien agréable ambiance indé anglo-saxonne: ça parle anglais un peu partout et Biffy Clyro squatte les platines en attendant nos chers amis gallois. On n'est pas bien là?

Ce coup-ci, je n'ai même pas vu la couleur, même pas entendu la moindre note de la première partie, We Are Animal. A ce niveau, 2013 risque de rester dans la continuité de 2012. En attendant la suite, direction le stand pour acheter le dernier album des gallois, difficile à trouver dans le commerce. 10€ bien dépensés au vu de la qualité de l'opus. Celui-ci arrive à se placer au niveau du précédent, avec une évolution intéressante vers la maturité. Il est difficile pour moi d'être totalement objectif envers ce groupe, tant le rapprochement peut être facilement fait avec le mien. Mais je le suis suffisamment pour affirmer que ce mélange de rock dur et de mélodies féminines et aériennes est assez rare d'abord, et assez intéressant de l'autre, pour aspirer à être davantage reconnu. Pourtant, le succès reste discret pour l'instant, même si, en ce qui nous concerne ce soir, la Maroquinerie n'est pas loin d'être pleine. Comme on dit, le rock gallois ne s'est pas fait en un jour...

Quand le trio monte sur scène, on apprécie la qualité sonore de la Maro. Les 3 ont en effet un son assez difficile à cerner, avec un son tantôt lourd tantôt bruitiste, Ritzy optant pour la config Fender + Fender (ça me rappelle quelqu'un...). Pourtant, l'ensemble basse-guitare envoie bien, le chant est clair, la batterie attaque sévère, tout ce qu'il faut pour donner la meilleure impression des nouveaux titres du combo, et un bon mur du son au passage. Des déjà classiques "This Ladder Is Ours" et "Cholla" à la perle acoustique "Silent Treatment", en passant par "Little Blimp" ou "Maw Maw Song", on découvre ce deuxième opus en live, ainsi que la puissance et les mélodies de Ritzy et Rhydian, et la précision de Matt. Ce que l'on découvre aussi, même si cela ne m'a pas surpris plus que ça, c'est leur gentillesse. Même si Ritzy fout la trouille quand elle ouvre grand les yeux :) , les trois sont adorables avec leur public, parlent, sourient souvent et s'amusent sincèrement. La chanteuse nous rappellera qu'ils marchent ce soir sur les traces de leur passé, puisque c'est dans cette même salle qu'a eu lieu le premier concert du groupe avec Matt, et donc tous les 3. Le tout accompagné d'anecdotes sympathiques et d'interactions avec le public. Les "tubes" du premier disque seront également joués pour notre plus grand plaisir, ainsi qu'un titre encore plus ancien, extrait d'un vieil EP. En tout, on a eu droit à 1h20 de bonne musique et de bonne humeur. Un excellent moment, pour nous et, je l'espère, pour eux aussi!

The Joy Formidable est typiquement le genre de groupe qui mettra je ne sais combien d'années à se faire connaître en France, si tant est qu'il y arrive. Mais à l'instar de Biffy Clyro, à force de persévérance, on se rendra peut-être compte que le rock peut apporter autre chose que ce qu'on lui connait dans ce pays, c'est à dire pas grand chose. Le trio gallois est un groupe plus qu'intéressant, différent et tout à fait recommandable pour peu qu'on ait le courage de lui laisser sa chance sur plus d'une seule et unique écoute. Un bon concert en tout cas, en espérant les revoir bientôt!





dimanche 20 novembre 2011

The Joy Formidable - The Big Roar (2011)





Quand on pense au rock, le Pays de Galles n'est pas le premier pays que l'on va citer. Pourtant, de Stereophonics à Lostprophets, en passant par Manic Street Preachers, ce petit coin à gauche de l'Angleterre nous rappelle à l'ordre de temps en temps. The Joy Formidable est donc gallois, vous l'aurez compris. Deux garçons à la rythmique et une petite blondinette à la guitare et au chant. Le tout dans un esprit sans retenue, doux et agressif à la fois. De quoi me séduire a priori. J'ai donc été plus que ravi de pouvoir emprunter ce cd.


Chaque fois que je vois débarquer un groupe de gros rock avec chanteuse, je me mets à espérer. Je me dis que je vais enfin trouver quelque chose qui pourrait ressembler à ce que je fais. Mais la déception est souvent au rendez-vous. Autant vous le dire d'entrée, The Joy Formidable est sundryesque. Chant féminin donc, grosse rythmique, nappes de guitares, passages instrumentaux... Et puis commencer un album par un morceau de 8 minutes, personnellement, ça me parle. Contraste, ambiances travaillées, ici, on ne choisit pas entre la puissance et la mélodie, on combine les deux pour en faire un cocktail finalement bien trop rare, d'autant plus dans la musique "féminine".


La forme, c'est une chose. Mais les gallois nous offrent un fond tout à fait à la hauteur. L'un des points forts de "The Big Roar", c'est la variété de ses morceaux. Du tube court tout en puissance qu'est "Cradle" à l'aérien "Buoy", en passant par le stellaire et merveilleux "The Greatest Light Is The Greatest Shade", la cohérence de l'ensemble force le respect et on ne peut s'ennuyer une seconde. A condition de se retrouver dans l'univers du trio bien entendu. Car le problème avec ce genre d'album, vraiment abouti artistiquement, c'est qu'il faut parfois savoir rentrer dans ce monde qui nous est proposé. Comme dirait Bertrand, c'est de la musique qui s'écoute. Cela va plus loin que d'écouter un disque dans sa voiture ou d'assister à un concert. C'est un véritable univers, loin de toute considération commerciale ou autre. En atteste ce "Whirring", hit en puissance pendant 3 minutes et qui monte en puissance durant 4 minutes supplémentaires, pour devenir un morceau d'une rare intensité.


Le premier album du trio me parle donc complètement. Cette chronique pourra peut-être ne pas être entièrement objective, mais vous pouvez quand même me faire confiance quant à sa qualité intrinsèque. Ce qui est sûr, c'est qu'après la douche écossaise Biffy Clyro, la bombe irlandaise And So I Watch You From Afar et les habituelles facultés anglaises, une petite claque galloise nous rappelle que le rock a élu domicile au Royaume-Uni depuis bien des années. The Joy Is Formidable.


17/20